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Le cybersexisme touche aussi les garçons

Selon une étude publiée mardi 27 septembre, 13% des garçons déclarent avoir déjà été victimes de sexisme sur la toile.

Un adolescent surfe sur internet (illustration)
Un adolescent surfe sur internet (illustration)
Crédit : ALAIN JOCARD / AFP
Philippe Peyre
Philippe Peyre
Journaliste

C'est la première étude réalisée en France sur le cybersexisme. À l'initiative du Centre Hubertine-Auclert pour l'égalité femmes-hommes, cette enquête révèle que 13% des garçons âgés entre 12 et 15 ans ont déjà été confrontés à des violences sur la toile, notamment "des insultes sur leur poids, leur taille ou une autre particularité physique", atteste l'étude.  

"Il n'y a pas plus normatif qu'un ado", a expliqué au Parisien Justine Atlan, de l'association e-Enfance, spécialisée dans la protection des mineurs sur Internet. "Dès qu'un garçon est un tant soit peu féminin par rapport à la norme ou s'écarte des codes vestimentaires du groupe, le grand jeu consiste à venir l'embêter sur son identité sexuelle", poursuit la spécialiste, qui précise que "les garçons sont généralement les plus virulents entre eux sur ce terrain-là". 


Ce phénomène de cybersexisme, le Centre Hubertine-Auclert le définit par le fait "d’insulter, harceler, humilier, répandre des rumeurs" sur Internet. Une réputation colle alors à la peau de l'intéressé et le poursuit jusqu'au sein de son établissement, propagée à vitesse grand V par l'intermédiaire des réseaux sociaux, comme l'explique l'étude : "Les insultes ou autre diffusions de rumeurs ou de photos prennent rapidement des proportions importantes, produisant un effet d’emballement : envoi initial, puis renvoi par une personne, repartages, captures d’écrans et diffusion sur d’autres réseaux sociaux, commentaires, etc.". 

"Fais pas ta meuf"

"Fais pas ta meuf". C'est une des insultes les plus fréquentes dont sont victimes les garçons, rapporte Clémence Pajot, directrice du centre Hubertine-Auclert, au Parisien. Une insulte qui aurait une incidence réelle sur le comportement des adolescents victimes. Et pour cause : 7% des garçons interrogés reconnaissent avoir adapter leurs tenues vestimentaires pour "garder une bonne réputation".

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L'étude fait également apparaître que les garçons subissent une forte pression relative aux "normes de la masculinité", notamment dans les photos qu'ils prennent d'eux : "Accumulant ces photos, les garçons gagnent en popularité. Il s'agit pour eux de se conformer aux normes à travers notamment toutes les démonstrations d'hétérosexualité (...), et de faire preuve de leurs relations sexuelles avec des filles qu'ils dominent ou contrôlent".

Des effets dévastateurs

Au moindre faux pas, le garçon peut se retrouver au cœur d'une machine infernale, sans pitié, avec des effets terribles sur sa santé psychique mais aussi sur son parcours scolaire : "Perte d’estime de soi, sentiment d’insécurité, désespoir, idées suicidaires (...), mise à l’écart à l’école, perte de capacité de concentration en classe, peur de venir à l’école", sont autant d'effets redoutés lorsqu'un adolescent est victime de cyberviolences. 

Un phénomène dont les parents doivent être conscients pour pouvoir déceler d'éventuels signes chez leur ado. Car le problème réside aussi dans le fait du silence dont font preuve les victimes. Selon l'étude, seulement 1 élève sur 4 victime de violences en ligne ou hors ligne n'en a parlé à personne et les garçons ont encore moins tendance à en parler que les filles.

Pour sensibiliser à ce phénomène de cyberharcèlement, le Centre Hubertine-Auclert lance ce mardi 27 septembre une campagne de prévention sous la forme d'un spot TV, et également sur les réseaux sociaux via le mot-clé #STOPCYBERSEXISME.

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