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Des petits travaux réalisés par des artisans non-qualifiés ?

Une mesure au coeur de la loi "Sapin 2", débattue à l'Assemblée nationale

Isabelle Choquet La Revue de Presse Isabelle Choquet iTunes RSS
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Des petits travaux réalisés par des artisans non-qualifiés ? Crédit Image : Romain Boé | Crédit Média : Rtl.fr | Date :
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Adeline François
Adeline François
et La rédaction numérique de RTL

Oubliée la loi Macron ou la loi El Khomri, ce matin c'est le prochain sujet qui fâche qui fait la une : la loi "Sapin 2" sur la transparence économique. Elle est débattue depuis hier à l'Assemblée nationale, et dans les méandres de cette loi, il y a deux articles qui inquiètent particulièrement.

Et puis il y a l'article 43, qui prévoit d'ouvrir aux non-diplômés la réalisation de petits travaux, de bricolage, d'entretien ou de soins à la personne. Ces activités qui étaient réservées aux artisans seront ouvertes à n'importe quel auto entrepreneur. C'est la une de La Croix ce matin : "Les artisans défendent leur qualification". Le projet de loi s'appuie sur un rapport qui estimait que les qualifications requises étaient parfois disproportionnées et que l'exigence d'un CAP était un frein à l'envie d'entreprendre.

"Pour repeindre deux murs on n'a pas besoin de faire appel à quelqu'un qui a des CAP" avait résumé Emmanuel Macron. Faux, disent les artisans du bâtiment. La qualification, ce n'est pas un frein mais une garantie, en termes de sécurité et de satisfaction. On retrouve les mêmes arguments que ceux des taxis contre les VTC : "l'ubérisation" du bricolage.

"On retrouve ici un vieux débat", écrit Guillaume Goubert dans La Croix : "au nom de l'idéal en termes de qualifications et de qualités, on ferme la porte à des personnes prêtes à travailler et à rendre service à des clients  qui eux n'ont pas forcément besoin de prestation hauts de gamme. Le mieux en l'occurrence peut être l'ennemi du bien, la lutte contre le chômage demande aussi une certaine prise de risque".

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Oui, parce qu'il y a un autre article marquant dans cette loi "Sapin 2", celui sur la transparence fiscale. "Le cri d'alarme des entreprises " titrent Les Echos. La mesure, réclamée par les ONG au nom de la lutte contre l'évasion fiscale conduirait les entreprises de plus de 750  millions de chiffres d'affaire à publier leurs données stratégiques pour chacune de leurs implantations a l'étranger. Bénéfices, impôts acquittés, bénéfices non redistribués...le patronat crie au suicide. C'est une affaire grave dit le Medef.

Un peu plus loin dans Les Echos, on découvre qu'il y a un autre sujet qui suscite la colère des patrons : le programme d'économie en classe de seconde. A la rentrée prochaine, le programme va être allégé pour soulager les enseignants qui, à 90%, n'arrivent pas à étudier l'ensemble des chapitres en une seule année. "Qui trop embrasse mal étreint" dit un prof d'économie, qui explique que le programme est trop lourd et que de toute façon les élèves de seconde n'ont pas le bagage mathématique pour tout comprendre.

Le mieux étant l'ennemi du bien, on a édulcoré le programme en ne gardant que 4 chapitres obligatoires, on a enlevé le 5ème. Le chapitre sur les marchés et la façon dont se forment les prix. Une notion essentielle, confie un patron du CAC 40 pour qui "l'enseignement de l'économie devrait même commencer par là, c'est la faute à la culture déconnectée des enseignants marquée par la pensée marxiste, qui domine dans les cursus de sciences sociales".

La meilleure leçon d'économie nous vient ce matin du...football

Pas avec un énième article sur les retombées économiques de l'Euro, mais avec la leçon du professeur Zlatan. Une interview hallucinante de Zlatan Ibrahimovic dans Le Monde de cet après midi. "Entretien zlatanesque" écrit le journal, où il est d'abord question d'argent et de son salaire de 20 millions d'euros en 2015 : "c'est quoi beaucoup ?" demande Zlatan. "Pour moi on achète des joueurs sur le marché qui ne devraient même pas s'y trouver. Mais c'est le marché qui décide des prix. Si un joueur gagne tant et que moi je suis 10 fois meilleur que lui, combien ça fait ? Dix fois plus."

Vous voyez, c'est simple l'économie de marché avec Ibra. Il parle ensuite de ses impôts et affirme qu'il est taxé à 75% : "quel genre de président est François Hollande ?" demande Zlatan, "j'aide ce pays plus qu'il ne l'aide. Je peux rendre Hollande populaire si je veux". Pourquoi ? Parce que, dit-il, "Ibra est venu et il a pris le pouvoir en France". A la question de savoir s'il est plutôt de gauche ou de droite : "je me considère de partout, car je suis l'homme du peuple".

Sur le dopage : "dans mon monde ça n'existe pas, je n'en ai pas besoin, je suis plus fort que les dopés". Et sa force, il la puise dans son catogan, comme le dieu Samson, dit-il, son pouvoir était dans ses cheveux : plus les miens sont longs, plus je me sens fort". Le Ballon d'Or qu'il na jamais gagné ? "C'est un bibelot dans une pièce, ce sont les personnes qui devraient être en or, pas les objets". Et puis il parle de la Suède, avec laquelle il va disputer l'Euro : "j'aurai deux publics, les Suédois et les Français, je suis la Suède".

La Suède...qui n'est pas exactement favorite de cet Euro

À 3 jours du début de la compétition, leçon de mathématique maintenant : Le Figaro éco nous apprend que banquiers et économistes prédisent...une victoire de la France ! Le cabinet Goldmans Sachs a passé toutes les données des bleus a la moulinette d'un algorithme. Résultat, ils ont 23% de chance de l'emporter devant l'Allemagne (20%) et l'Espagne (14%). Les Bleus sont-ils favoris, demande justement Le Parisien-Aujourd'hui en France ? Et L'Equipe de prévenir qu'organiser n'est pas gagner : être le pays hôte est même un gage de non-réussite quasi assurée. Sur les 18 dernières compétitions internationales de foot , seules deux ont été remportés par le pays hôte, c'était l'Euro 1984 et le Mondial 98.

Voilà pourquoi, comme le titre en une L'Equipe, on a le coeur bleu ! 35 supporters anonymes font la une du journal ce matin, même si finalement, celui que l'on a le plus envie de croire ce matin, c'est Watson. Vous vous souvenez sûrement de Paul le poulpe...et bien voici Watson, l'otarie du zoo d'Amnéville en une du Républicain Lorrain ce matin. Elle avait déjà prédit tout le parcours de la France au mondial en 2014 et elle a tiré au sort la glacière tricolores de sardines en prélude à France-Roumanie vendredi. Elémentaire, mon cher Watson !


 

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