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La Croix-Rouge se sépare de son directeur général

Dans le collimateur en raison d'infractions au code du travail, qui pourraient coûter 11 millions d'euros à l'association, Stéphane Mantion confirme son départ.

Stéphane Mantion (gauche) et Jean-Jacques Eledjam, directeur général et président de la Croix-Rouge française, le 9 septembre 2013 à l'Élysée (archive).
Stéphane Mantion (gauche) et Jean-Jacques Eledjam, directeur général et président de la Croix-Rouge française, le 9 septembre 2013 à l'Élysée (archive). Crédit : JACQUES DEMARTHON / AFP
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et AFP

Le Parisien avait déjà annoncé le limogeage du directeur général de la Croix-Rouge Stéphane Mantion. Une information officialisée ce mardi 9 juin par l'association. 

"Le président de la Croix-Rouge française, le professeur Jean-Jacques Eledjam, et Stéphane Mantion, son directeur général, avaient depuis plusieurs mois des vues divergentes et non réconciliables sur la stratégie de la CRF (Croix-Rouge française, NDLR). Ce qui les a conduits, le mois dernier, à engager une rupture conventionnelle", explique l'association. 

Un rapport au vitriol de l'Inspection du travail

"Cette décision a été prise d'un commun accord", est-il assuré. Si Stéphane Mantion est encore en fonction, il est "absent en ce moment". La directrice déléguée aux opérations et à la coordination Annie Burlot-Bourdil assure l'intérim. 

Fin mars, l'Inspection du travail a rendu un rapport sévère sur le non respect par l'association de la législation sur le temps de travail. elle décrit une organisation du travail "illégale, dangereuse et pathogène". Ces dérives concernent plus de 300 des 480 salariés du siège parisien (sur les 18.000 salariés au total).

Jusqu'à 11 millions d'euros à débourser

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L'Inspection du travail a recensé plus de 3.300 dépassements de la durée quotidienne de travail maximum (10 heures) pour 2014. 

Chacune des infractions constatées est sanctionnée de 750 euros, ce qui représente une amende de plus de 2,8 millions d'euros au total. En incluant la rémunération due aux salariés et leur indemnisation au titre du préjudice subi, la facture pourrait atteindre 11 millions d'euros.

La Croix-Rouge prépare la suite

La Croix-Rouge, experte en matière d'urgence et de secourisme, s'est défendue en expliquant être "malheureusement confrontée depuis de nombreuses années" à "la question des heures supplémentaires", une situation liée à son "identité" et "à sa mission : sauver des vies". Assurant travailler à trouver des solutions, la direction a rendez-vous prochainement avec le ministre du Travail.

L'intersyndicale de la Croix-Rouge doit pour sa part rencontrer la direction des ressources humaines fin juin, afin de discuter des indemnisations du préjudice subi par les salariés. 

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