2 min de lecture Société

La Cour des comptes épingle l'Éducation nationale et sa gestion des enseignants

Les sages de la rue Cambon ont publié un rapport peu flatteur mercredi 4 octobre, qui pointe plusieurs dysfonctionnements au sein de l'Éducation nationale.

Une école primaire, le 3 septembre 2013, à Paris
Une école primaire, le 3 septembre 2013, à Paris Crédit : AFP
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Rigide, coûteux et peu efficace. C'est avec ces termes que la Cour des comptes a qualifié le système de gestion des enseignants par l'Éducation nationale.

Des professeurs absents non remplacés, trop de débutants affectés dans les écoles difficiles et un coût du système éducatif qui s'accroît sans amélioration de sa performance.

Quatre ans après un précédent rapport sur la gestion des 875.000 enseignants que compte la France, la Cour renouvelle son diagnostic, très critique, en espérant que "la réitération d'un certain nombre de constats finira par s'ancrer dans les esprits". Car "avec le temps, les contradictions s'aiguisent". 

Problèmes de remplacements et mauvaises affectations

Parmi les nombreux points soulevés par l'institution dans son rapport 2017, publié mercredi, figure la question des remplacements lorsqu'un professeur est absent. La Cour chiffre à 13,6 millions le nombre de journées d'absence des professeurs dans l'enseignement public en 2014-15. Absences dues à la maladie mais aussi à des missions professionnelles (formations, participations à des examens etc...). Ces dernières représentent entre 20 et 40% des absences de moins de deux semaines en collège et lycée.

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Le taux de remplacement de ces absences "courtes" dans le secondaire diffère selon les sources : il est d'un tiers selon le ministère de l'Éducation, mais de seulement 5 à 20% selon l'enquête des sages de la rue Cambon. Les chefs d'établissement "ne parviennent pas à régler ces situations au sein de l'équipe enseignante", constate le rapport.

Autre critique, l'affectation des professeurs à leurs postes : elle se déroule selon un dispositif trop "rigide" et "ne prend pas en compte la difficulté des postes", regrette la Cour des comptes. Les établissements difficiles reçoivent ainsi "beaucoup d'enseignants débutants et subissent une forte instabilité des équipes". 

Des augmentations sans contrepartie

Elle note aussi que la période 2012-2017 "a été marquée par une revalorisation salariale significative" et une nette réduction de l'écart avec les rémunérations des enseignants dans les pays comparables à la France. Mais ces embauches et hausses des salaires "n'ont pas été assorties de contreparties dans les conditions d'exercice du métier, dans l'organisation ou dans le temps de travail".

Ces améliorations doivent être corrélées à une révision des "obligations de service", allant vers une annualisation du temps d'enseignement (il est actuellement fixé sur une base hebdomadaire) et une plus grande obligation pour les profs d'assurer des remplacements de collègues absents.

Car "la déconnexion actuelle" entre ces "leviers majeurs de la gestion des enseignants" aboutit à "une situation doublement désavantageuse" pour l'intérêt public : le coût du système éducatif s'accroît sans que sa performance ne s'améliore.

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