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"Je vous facilite votre travail, vous m'apportez de la joie", écrivait Liliane Bettencourt à François-Marie Banier

REPLAY - "Le Figaro" publie les lettres que ce sont échangées la milliardaire et son ami photographe pendant des années alors que ce dernier est jugé en appel pour abus de faiblesse.

Adeline François
Adeline François
Crédit : Romain Boé
"Je vous facilite votre travail, vous m'apportez de la joie"
05:52
Adeline François

Moi je ne vous aurais pas donné du DOP, vous avez les cheveux fins, vous frottez comme une brute, ce qui met le cuir chevelu dans tous ses états. Moi je prends de l'Elsève, je ne frotte jamais, je masse très légèrement avec le bout des doigts, et si la shampouineuse frotte je hurle. Allez, je vous embrasse. Signée L. 
 
Le travail d'un juge est parfois plein de surprises, comme cette lettre que publie ce matin Le Figaro et qui est datée du 2 septembre 1996, Ce petit secret de beauté capillaire, est signé Liliane Bettencourt, qui écrit à son ami François-Marie Banier. Et c'est aussi ça l'affaire Bettencourt, une correspondance inédite et monumentale entre une femme et un homme. Elle, belle intelligente et immensément riche, lui, écrivain-photographe exubérant. Une partie de leurs échanges épistolaires a été versée au dossier, des centaines de lettres  comme celle du shampoing Dop qui révèle l'intimité de leur amitié mais aussi la complexité humaine de ce dossier judiciaire construit sur une blessure familiale. 

Liliane Bettencourt évoque très souvent, douloureusement, les relations conflictuelles avec sa fille, Françoise Meyers-Bettencourt qui, ironie du sort, a les mêmes initiales que François-Marie Banier. "Cela fait des années que sa froideur me ronge", écrit Liliane en 2006. "Nos rapports sont vrais , François-Marie, c'est pour ça qu'elle ne les supporte pas".  Elle justifie aussi sa dispendieuse générosité : "Je vous facilite votre travail, vous m'apportez de la joie". Banier lui répond : "J'ai le cœur touché par votre extrême féminité et votre intelligence si singulière, je vous embrasse fort, merci." Dix ans après cet échange, François-Marie Banier est jugé en appel aujourd'hui pour abus de faiblesse.

L'affaire Baupin et la fin de la loi du silence

Il n'est plus question de lettre à base de shampoing doux et d'élégance, mais de SMS qui parlent de cuissardes et de la lettre de l'alphabet situé entre le p et le r. Les SMS révélés hier par des élues écologistes harcelées, voire agressées par Denis Baupin. "Baupin dans de beaux draps" titre Paris-Normandie. "La fin de la loi du silence" en Une du Parisien/Aujourd'hui en France. "La parole se libère partout, dans les entreprises, dans les églises, l'Éducation nationale et la politique" se réjouit Florence Couret dans La Croix.

"Levons l'omerta" titre en Une Libération qui publie l'appel déjà signé par plus de  500 personnalités "Pour que ce soit le comportement des hommes qui change et non celui des femmes qui s’adapte, pour que les choses bougent enfin et que l’impunité cesse, pour que la culpabilité change de camp, il faut parler. Cette parole, ces paroles doivent enfin devenir un sujet politique et sortir de l’interpersonnel, car c’est profondément de cela dont il s’agit." C'est déjà Libé, qui, il y a un an, avait publié "Bas les pattes", un appel signé par 40 femmes journalistes qui dénonçaient déjà le sexisme et les mains baladeuses.

À lire aussi

Un an plus tard, qu'est-ce qui a changé ? Pas grand-chose à lire certains témoignages dans le Parisien/Aujourd'hui en France, Camille attachée parlementaire de 23 ans n'a pas du tout été étonnée par les révélations d'hier. Elle parle de la supériorité numérique des hommes à l'Assemblée. "Parfois dans un ascenseur je suis la seule femme au milieu de dix hommes, il y a des regards, des remarques qui mettent très mal à l'aise." Elle raconte aussi l'anecdote de ce député qui a demandé à son attachée parlementaire de lui "acheter un paquet de capotes en insistant sur la taille extra large". "Ici dit-elle, ce qui brouille tout c'est le pouvoir". Sur le site Figarovox, André Bercoff cite Henry Kissinger, "Le pouvoir est l'aphrodisiaque suprême, même pour les moins dotés physiquement".

D'autres éditorialistes voient, par ailleurs, dans la révélation de cette affaire un règlement de comptes politique. Dans L'Union, Hervé Chabaud remarque que "lorsqu'on sait les divisions profondes qui déchirent les Verts on ne peut pas exclure que des règlements de comptes internes aient conduit à ce grand déballage consternant". Ce que suggère Corinne Lepage dans une tribune sur le Huffington post : "Ne s'agirait-il pas par hasard, s'interroge-t-elle, d'une revanche de l'appareil Vert, non seulement contre Denis Baupin qui a quitté EELV mais aussi contre Emmanuelle Cosse, son épouse qui a osé accepter un poste de ministre contre l'avis de la ligne extrême gauche du parti ?"

Dans la presse , d'autres rapports hommes femmes

Dans Libération  la dernière sortie de Donald Trump qui tente de faire revenir à lui l'électorat féminin, alors que 61% des Américaines ont l'intention de voter Hillary Clinton. Pour affaiblir sa future rivale démocrate, Trump  a exhumé les frasques de son mari, "Il n'y a pas eu pire avec les femmes que Bill Clinton". 

Un autre homme en politique. Portrait dans Le Monde de Rodrigo Duterte, élu cette nuit président des Philippines, c'est Trump en pire. Maire de Davao durant 22 ans, celui que le magazine Time a surnommé "The Punisher" s’est fait une sinistre réputation avec les escadrons de la mort qui sévissent dans les rues de sa ville, et qui ont exécuté plus d'un millier de personnes, des truands, dealers, ou de simples gosses des rues. Duterte, 71 ans, a promis d’avoir la main tout aussi lourde à l’échelon national. 

Difficile avec lui de distinguer ce qui relève de la provocation calculée et ce qui pourrait être la phrase de trop. Lorsqu’il évoque le viol et le meurtre d’une missionnaire australienne travaillant dans une prison de Davao, c’est pour dire que le maire, lui en l'occurrence aurait "dû passer en premier". Il se targue aussi d’avoir deux maîtresses, mais il rassure ses électeurs : elles ne pèseront pas sur le budget de l’État, car il les emmène dans des hôtels qui louent des chambres à l’heure.

On termine avec un anniversaire

C'était il y a tout juste 50 ans. Mai 1966, Un homme et une femme, chef d'œuvre de Claude Lelouch recevait la Palme d'or au Festival de Cannes. Anniversaire célébré en Une ce matin par Ouest-France. 50 ans après, le film ressort en salle cette semaine en version remastérisée, et c'est sans doute la seule histoire d'homme et de femme qu'on a envie de se repasser aujourd'hui.

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