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"Je ne veux pas être porté pour responsable" : un retraité du Tarn obligé de conduire pour revenir de l'ophtalmologue alors qu'il ne voit presque rien

Dans le Tarn, Loïc, atteint d'une dégénérescence de la vue, ne peut pas faire autrement que de conduire pour se rendre chez l'ophtalmologue, la faute à la récente réforme du transport sanitaire. Avec une retraite d'un peu plus de 1.000 euros, il ne peut pas se permettre de prendre un taxi.

Illustration lunettes

Crédit : Nikolas Kokovlis / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Tarn : un retraité obligé de conduire pour aller chez l'ophtalmologue alors qu'il ne voit presque rien

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Patrick Tejero

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Une situation ubuesque. Loïc, 75 ans, est obligé de conduire pour se rendre chez l'ophtalmologue alors qu'il ne voit quasiment rien. La faute à la récente réforme du transport sanitaire qui prive ce retraité habitant dans le Tarn de la prise en charge de ses déplacements médicaux.
Atteint d'une dégénérescence de la vue liée à l'âge, cet ancien chauffeur de bus subit régulièrement des injections dans les yeux. Quand il ressort du cabinet, il voit extrêmement flou. Il est pourtant obligé de rentrer dans son village reculé en voiture, même s'il se considère comme un danger public.

"Il n'y a plus de modes de transport. Je conduis à mes risques et périls, mais pas aux miens, à ceux qui arrivent en face. Mais moi, je ne veux pas être porté pour responsable", explique-t-il au micro de RTL. Il a appelé la préfecture et même le ministère de la Santé, mais tous renvoient à la Sécurité sociale qui lui répond qu'il n'a qu'à prendre un taxi.

Je voyais tout flou. Je me suis arrêté tous les 10 kilomètres. J'ai mis trois heures et demie pour rentrer

Loïc, retraité, au micro de RTL

"Le taxi, c'est 60 km aller, 60 km retour. S'il m'attend pendant une heure, le chauffeur de taxi, il y en a pour plus de 200 euros. Je gagne 1.017 euros par mois de retraite", déplore Loïc.

La semaine dernière, il a ainsi décidé de prendre tous les risques en sortant du cabinet de l'ophtalmologue. "Malgré les deux yeux piqués, je suis resté dans la voiture pendant une heure à me rincer les yeux et tout. Au bout d'une heure, j'ai dit, 'je vais essayer de conduire'. Tout de suite, la brûlure m'a repris. Donc la brûlure provoque des larmes. Puis je voyais tout flou. Donc je me suis arrêté tous les 10 kilomètres. J'ai mis trois heures et demie pour rentrer", raconte-t-il. Bien content de ne pas avoir eu d'accident, Loïc pourrait arrêter son traitement, mais dans ce cas-là, c'est la cécité garantie.

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