2 min de lecture Incendie à Notre-Dame

Incendie à Notre-Dame : un taux de plomb 400 à 700 fois supérieurs au seuil autorisé ?

Selon des documents confidentiels que s'est procuré "Mediapart", les relevés sur les sols de la cathédrale et aux alentours montrent que le seuil autorisé de plomb est largement dépassé.

La cathédrale Notre-Dame de Paris après l'incendie
La cathédrale Notre-Dame de Paris après l'incendie Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Après le désastre architectural, le scandale sanitaire ? Le 15 avril dernier, une partie de la cathédrale Notre-Dame de Paris a brûlé, causant la destruction de la flèche et de nombreux dégâts. Mais selon Mediapart, les conséquences de cet incendie ne seraient pas seulement matériel. 

"Des taux de concentration au plomb 400 à 700 fois supérieurs au seuil autorisé ont été relevés sur les sols à l’intérieur et aux alentours de la cathédrale Notre-Dame", indique le site d'investigation qui s'est procuré des documents confidentiels consultés par Mediapart

À titre de comparaison, Annie Thébaud-Mony, chercheuse à l'Inserm indique au site que "sur des chantiers pollués comme une usine de recyclage de batteries, par exemple, les taux sont douze fois supérieurs. Là, avec des taux 400 fois supérieurs, les conséquences pour la santé peuvent être dramatiques". Elle recommande ainsi "un suivi médical, y compris pour les pompiers qui sont intervenus". Et de mettre en garde : "Ce suivi est d'autant plus important que les effets sur la santé peuvent être différés dans le temps"

Des procédures "respectées"

Selon Mediapart, "Les autorités concernées, le ministère de la culture, l’agence régionale de santé (ARS), la préfecture de police, passent cette pollution sous silence et, ce faisant, n’appliquent pas les mesures prévues par la loi pour protéger les salariés et les riverains". 

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De son côté, le ministère de la Culture assure que de nombreuses procédures sont mises en place sur le chantier avec deux sas de décontamination, afin d'assurer la sécurité des personnes présentes sur le chantier. Ces dernières effectuent aussi régulièrement des tests sanguins, pour contrôler toutes présences de plomb dans l'organisme

L'ARS se veut rassurante

Dans un communiqué publié jeudi dans la soirée, l'ARS Île-de-France s'est voulue rassurante. Si elle reconnaît que les dizaines de prélèvements de poussières dans l'espace public parisien effectués par la préfecture de police de Paris "montrent ponctuellement des valeurs élevées", sans confirmer ni infirmer les niveaux évoqués par Mediapart, elle estime que "ces résultats n'appellent pas à ce stade de mesure de protection particulière". Elle affirme qu'il faut continuer à effectuer des mesures à l'intérieur des bâtiments, pour s'assurer que les seuils réglementaires ne sont pas dépassés.

L'ARS ajoute qu'il n'existe aucune "norme sanitaire" en matière de "poussières extérieures", que ces mesures dans l'espace public peuvent être "très hétérogènes", et qu'il n'est pas sûr que les niveaux relevés soient liés à l'incendie de la cathédrale.

Les premières mesures de nettoyage n'ont pas eu l'efficacité souhaitée

L'ARS Île-de-France dans un communiqué publié le 4 juillet
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En revanche, l'ARS précise que pour le parvis de Notre-Dame, elle "a pris connaissance en fin de semaine dernière des résultats de prélèvements effectués qui montrent que les premières mesures de nettoyage n'ont pas eu l'efficacité souhaitée", et dit avoir demandé un deuxième nettoyage, suivi de nouveaux prélèvements.

Et l'ARS ajoute que l'interdiction d'accès au public (mise en place dès l'incendie) "sera maintenue tant que l'efficacité de ces mesures de dépollution n'aura pas été constatée ou que le risque d'exposition des publics n'aura pas été réduit".

Quant au fait que des analyses seraient cachées au public, l'ARS dit avoir "assuré une communication transparente sur la situation et les mesures prises depuis le 15 avril", avec des prélèvements environnementaux qui ont "débuté dès le lendemain de l'incendie, se poursuivent et continueront afin de documenter aussi précisément que possible la dispersion du plomb (...) et d'adapter si nécessaire les mesures prises". 

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