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Depuis 3 ans, Audrey est victime de swatting. Sur RTL, elle explique l'enfer qu'elle a vécu
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L'histoire a de quoi vous rendre fou. Depuis l'été 2023, et sans aucune raison, Audrey voit débarquer chez elle les forces de l'ordre. Elle est en réalité victime de "swatters". Ces malfaiteurs du numérique appellent la police en inventant de faux meurtres ou cambriolages commis chez des particuliers. Résultat : une équipe intervient inutilement chez des familles en pensant découvrir un crime ou un délit, alors qu'il ne s'est en réalité rien passé. Dans le cas d'Audrey, pas moins de 16 descentes de police ont eu lieu à son domicile. Invitée de Un jour, une vie sur RTL, elle raconte les impacts sur sa vie de tous les jours...
Derrière le terme américain du 'swatting' se cache une pratique malheureusement bien connue de certains Français, notamment dans le secteur des jeux vidéos, comme l'explique le journaliste spécialisé en informatique Damien Bancal : "Vous jouez au jeu vidéo, et des gens qui ne vous aiment pas appellent la police, expliquent que vous êtes en train de devenir fou ou autre et font en sorte que la police débarque chez vous". Si certaines personnes en sont victimes une fois ou deux à la suite de prises de bec en ligne, ces pièges sont devenus le quotidien d'Audrey depuis deux ans.
Lors de la première intervention, la mère de famille raconte : "Je suis en train de faire mes courses et je reçois un appel de la police qui me dit 'nous sommes chez vous, avec vos enfants', se rappelle Audrey. Les policiers poursuivent et expliquent la raison de leur venue. "Ils me disent qu'ils ont été appelés pour meurtre, que quelqu'un m'aurait tué dans mon appartement". Interloquée, Audrey revient chez elle rapidement et retrouve sa fille de 15 ans traumatisée par l'intervention : "Aujourd'hui encore, elle reste stressée par cette situation", raconte-t-elle.
Mais ce qui ne devait être qu'une simple blague, se poursuit ! Les interventions de police se répètent chez Audrey, avec des alertes toujours plus graves, notamment au bout de la troisième fois : "Ils pensaient trouver cinq personnes mortes dans la maison. Il y avait cinq camions de pompiers, des véhicules de SAMU, les urgences gaz, toute ma rue était bloquée", se remémore-t-elle. Pensant arriver sur les lieux d'un crime de masse, les forces de l'ordre agissent donc en conséquence : "Il y avait du bruit dans l'escalier, des gens qui montent en courant (...) Ils essayent de forcer notre porte. Mon fils a le réflexe d'essayer d'empêcher de rentrer, mais quand ils nous disent que c'est la police, on se recule et on met les mains en l'air. C'est violent, c'est leur travail mais ils arrivent comme des fous dans la maison", développe-t-elle.
J'ai réussi à trouver deux de mes swatters, mais ils sont au moins dix.
Audrey, victime de swatting
En plus des descentes de police, la mère de famille se retrouve parfois privée d'électricité : "Je contacte EDF et ils me disent que quelqu'un a appelé à ma place en affirmant que j'étais en vacances et que j'avais oublié de débrancher quelque chose, donc ils ont tout coupé", se rappelle-t-elle. Après avoir déposé une plainte sans réelles conséquences, Audrey décide de prendre les choses en main pour identifier ses harceleurs : "J'ai commencé à enquêter. J'ai réussi à trouver deux de mes swatters, mais ils sont au moins dix".
Mais en réalité, tout vient d'un erreur de son fils : "Il faisait des parties de jeux-vidéo avec d'autres joueurs, et il a pensé qu'il s'était fait un ami. Cet 'ami' lui envoie un lien sur Discord, sur lequel clique mon fils et de ce lien, le gars en face récupère toutes les données de son ordinateur", détaille Audrey. En obtenant l'accès à cet ordinateur, le swatter dispose de toutes les données nécessaires pour mettre son plan à exécution, en réalisant du "doxing". "Un malveillant récupère toutes les informations sur votre vie. L'idée, c'est de publier ça sur Internet pour faire du 'dox', on diffuse toute votre vie privée pour se venger", explique le journaliste Damien Bancal, également invité de Faustine Bollaert.
La dernière descente de police chez Audrey remonte à l'été 2025, mais la mère de famille reste prudente. Elle n'a toujours pas démasqué tous les swatters : "On ne peut pas se protéger, on fait en sorte qu'il y ait toujours quelqu'un à la maison", dit-elle. Malgré tout, la maman profite du repos dont elle bénéficie depuis quelques mois : "Ça va mieux, on commence à revivre". Damien Bancal conclut en donnant son conseil pour éviter de subir des situations similaires : "Si un inconnu, aussi sympathique soit-il, vous propose de cliquer sur un lien ou un fichier joint, c'est non !"
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