3 min de lecture

"Il me demandait tout le temps des photos intimes" : la "descente aux enfers" de Julie, forcée à produire du contenu Onlyfans par un "proxénète des écrans"

Le Sénat examine, ce mardi 10 février, une proposition de loi pour "lutter contre le proxénétisme en ligne", notamment sur les plateformes Onlyfans et Mym. Les sénateurs souhaitent créer une nouvelle infraction pour punir toute personne qui en pousse d'autres à publier des photos ou vidéos intimes sur ces services.

la plateforme OnlyFans (image d'illustration)

Crédit : Jean-Marc Barrère / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

"Un proxénète des écrans" : la "descente aux enfers" de Julie forcée à faire des vidéos sur Onlyfans et menacée

00:01:41

"Un système parfaitement rodé" : Marie Mercier, sénatrice LR, propose un texte pour "lutter contre le proxénétisme en ligne"

00:00:41

Vincent Serrano

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Certaines pratiques sur des plateformes de contenus à la demande pour adultes relèveront-elles bientôt du proxénétisme ? Afin de faire face aux "dérives" observées sur des services comme Onlyfans et Mym, le Sénat examine, ce mardi 10 février, une proposition de loi visant à "lutter contre le proxénétisme en ligne"

Au-delà des plateformes, ce sont les "managers" qui gravitent autour des créateurs et créatrices de contenus qui sont principalement dans le viseur des sénateurs. Ces derniers entendent créer une nouvelle infraction pour punir toute personne qui en pousse d'autres à publier des photos ou vidéos intimes sur ces applications.

Il existe aujourd'hui des hommes qui incitent des femmes à gérer leurs contenus contre un pourcentage de leurs revenus. Une pratique qui s'apparente à du proxénétisme en ligne, selon les sénateurs. "Il y a tout un système parfaitement rodé, quasiment entrepreneurial", explique, sur RTL, Marie Mercier, sénatrice LR à l'origine du texte pour "lutter contre le proxénétisme en ligne". 

Sur TikTok, Julie a reçu en 2023 un message privé d'un jeune homme d'une vingtaine d'années qui se présente comme l'un de ces "managers OnlyFans". Il y en a des dizaines, tous ont le même discours : "C'est un très bon moyen de faire beaucoup d'argent, plus de 20.000 euros par mois". Tout ce qu'elle a à faire, c'est produire du contenu intime. Lui, s'occupe du reste, le publie contre un pourcentage.

"C'était comme une sangsue"

En manque d'argent, jeune, elle accepte. "On se parlait tous les jours. C'était comme une sangsue. Il me demandait tout le temps des photos. Il me demandait d'en faire avec 30 tenues différentes pour demain. Je faisais des photos, des vidéos intimes, du sexe solo, des danses nue", raconte-t-elle à RTL.

"C'est vite devenu du harcèlement moral, clairement. Le deuxième mois, c'était du rabaissement, des insultes, 'tu vaux rien'. Ça a donné une descente aux enfers. Je me mettais à pleurer tous les jours. J'ai totalement perdu le contrôle de ce qui se passe, en fait. Je ne voulais même plus d'argent. Du coup, je lui ai dit : 'Je vais arrêter'. Il m'a dit non et a commencé à se virer tout l'argent, explique-t-elle.


Cet homme lui a alors coupé les vivres. "Il m'a menacée. J'ai eu une vidéo d'un mec en bas de chez moi qui me dit : 'Descends sale pute'. Sachant que je vivais seule, je ne savais pas si on allait me braquer ou me tuer", se souvient-elle. Julie a fini par fuir le comportement de ce qu'elle appelle "un proxénète des écrans" en partant vivre en Thaïlande. 

"Tout un système parfaitement rodé"

La proposition de loi examinée en première lecture au Sénat à partir de mardi est cosignée par une centaine d'élus de droite et du centre. Elle s'attaque à cette galaxie en plein essor mais encore peu régulée, celle du "caming". Cette pratique, particulièrement popularisée durant la crise sanitaire via diverses plateformes, consiste en la vente de contenus sexuels ou pornographiques, parfois personnalisés, par abonnement.

Mais derrière ces photos, vidéos ou "shows" érotiques qui offrent parfois un complément de salaire apprécié des créateurs de contenu, se cache aussi tout un écosystème commercial.

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info