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Grossesse : gare aux compléments alimentaires

L'Agence nationale de sécurité sanitaire met en garde contre les risques encourus pour le fœtus.

Une jeune femme enceinte de 5 mois (illustration).
Une jeune femme enceinte de 5 mois (illustration).
Crédit : NICOLAS MESSYASZ/SIPA
François Quivoron & AFP

Multiplier les compléments alimentaires pendant la grossesse, sans avis médical, est déconseillé. C'est la mise en garde de l'Agence nationale de sécurité sanitaire alimentation, environnement, travail (Anses), qui fait état de signalements d'effets indésirables par des compléments alimentaires destinés aux femmes enceintes.  L'Anses recommande d'"éviter de multiplier les sources de vitamines et minéraux en l'absence de besoins établis".

Les signalements concernent cinq cas d'hypercalcémie (excès de calcium sanguin) néonatale et deux cas d'hypothyroïdie (insuffisance de la glande thyroïde) congénitale "susceptibles" d'être liés à la consommation de compléments alimentaires destinés aux femmes enceintes.

L'analyse de ces signalements reçus montre que les doses de vitamine D apportées par les compléments alimentaires "grossesse", à elles seules, ne sont pas susceptibles d'entraîner cet excès de calcium chez une femme enceinte ou un fœtus sain, note l'agence.

L'avis d'un médecin fortement conseillé

Néanmoins, une hypersensibilité génétique à la vitamine D peut entraîner cette hypercalcémie. Cette anomalie génétique peut être recherchée mais l'est rarement dans les faits et n'a pas été effectuée pour les cas signalés à l'agence. L'iode est nécessaire au développement neurologique et comportemental normal du nouveau-né et indispensable à la synthèse des hormones thyroïdiennes. En revanche, un apport excessif d'iode (oral ou transdermique) pendant la grossesse augmente le risque de mauvais fonctionnement de la thyroïde (hypothyroïdie, hyperthyroïdie) ou de goitre chez le nouveau-né.

À écouter aussi

Pour les deux cas d'hypothyroïdie congénitale signalés, le complément alimentaire, qui n'était pas la seule source d'iode, n'a pas pu être formellement incriminé. L'Anses "rappelle aux femmes enceintes de ne pas consommer de compléments alimentaires sans l'avis d'un professionnel de santé et leur recommande de signaler à leur médecin, pharmacien ou sage-femme la prise de tout produit (médicament ou complément alimentaire), qu'il soit délivré sur prescription ou pris en automédication."

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