2 min de lecture Gilets jaunes

"Gilets jaunes" : des "patients fictifs" dans le fichier des blessés des hôpitaux de Paris

L'AP-HP et l'ARS ont reconnu le 24 avril avoir établi un "fichage inapproprié" des blessés lors de différentes manifestations de "gilets jaunes". Une enquête interne est en cours.

Les "gilets jaunes" sur les champs-Élysées, samedi 16 mars 2019
Les "gilets jaunes" sur les champs-Élysées, samedi 16 mars 2019 Crédit : Thomas SAMSON / AFP
Thomas Pierre
Thomas Pierre et AFP

Des "patients fictifs". Deux semaines après le début de la polémique sur le"fichage" de blessés "gilets jaunes", les Hôpitaux de Paris et l'agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France ont fait savoir ce lundi 29 avril que le fichier au cœur de la controverse comportait de faux patients créés pour une formation.

Mises en cause depuis deux semaines par le Canard enchaîné sur l'utilisation du système  SI-VIC pour le suivi des victimes, l'AP-HP et l'ARS avaient d'abord rejeté des accusations de "fichage", puis reconnu un usage "inapproprié" de cet outil avant de lancer une mission d'enquête le 25 avril.

À peine démarré, le "travail préalable de recueil d'informations" a permis d'établir que "10 patients fictifs" ont été "intégrés par erreur" au SI-VIC "dans le cadre d'une formation", ont précisé les deux institutions dans un communiqué commun.

Un patient fiché comme 'décédé'

Preuve de la bévue, ces "avatars avec des identités fictives" ont été "affublés de caractéristiques fantaisistes" tels que "chaussettes vertes à petits pois" ou "fausse rousse, grande mince adore les ballades". Par ailleurs, un patient réel a été "mentionné comme 'décédé' alors qu'il était rentré à son domicile, à la suite d'une erreur de saisie qui a été corrigée dès qu'elle a été détectée".

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Des cas qui s'ajoutent aux commentaires "inappropriés" déjà admis par l'AP-HP pour "plus d'une dizaine de patients" dont les fiches mentionnaient le type de blessure ou leur origine ("tir flash-ball", "coup de matraque").

200 personnes "fichés"

Au total, environ 200 personnes ont été enregistrées dans le SI-VIC depuis le début de l'année, à l'occasion d'une douzaine d'événements, dont trois manifestations de "gilets jaunes", mais aussi l'explosion de la rue de Trévise en janvier, le marathon de Paris mi-avril, ainsi que plusieurs incendies, a précisé François Crémieux, directeur général adjoint de l'AP-HP.

Mis en place après les attentats de 2015, le SI-VIC a pour but de faciliter l'identification et la prise en charge des victimes "dans les cas de situation sanitaire exceptionnelle". Le fichier avait auparavant été utilisé à quatre reprises lors de manifestations de "gilets jaunes" en novembre et décembre 2018. La mission d'enquête, chargée de "retracer les usages du SI-VIC ces dernières semaines", doit s'achever début juin, avec "un point d'étape mi-mai", a annoncé François Crémieux.

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