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François Hollande : la presse se lâche sur le "Président punching ball"

REPLAY - Dans les kiosques ce vendredi matin, les éditorialistes sont globalement très sévères avec l'intervention du Président de la république jeudi soir sur France 2.

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François Hollande : la presse se lâche sur le "Président punching ball" Crédit Image : Maxime Villalonga | Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
et La rédaction numérique de RTL

"Voilà, vous avez élu votre président Hollande, voilà sa campagne, remerciez-le..." Ces mots ne sont pas ceux d'un éditorialiste politique ce vendredi matin, non ces mots on les trouve dans un tout autre récit, terrifiant, à lire dans Le Parisien-Aujourd'hui en France : l'effroyable bande son du Bataclan. Le journal a eu accès à la reconstitution audio de la tuerie du 13 novembre, qui superpose les messages que les policiers ont reçu sur leur radio et un enregistrement trouvé dans la salle de concert. 
Cet enregistrement inédit, c'est celui d'un dictaphone dont on ignorait jusqu'à présent l'existence et que la police a retrouvé au premier étage du Bataclan. Il s'agit d'un document sonore de 2h38 minutes et 44 secondes. La première voix saisie par l'enregistreur est celle d'un spectateur qui crie : "Planquez-vous". Juste après, un autre dit : "Je rêve ou quoi ?". Puis le bruit des balles commence à fuser, en même temps que les cris des victimes. Sept minutes plus tard, on entend la voix des terroristes qui s'adressent aux victimes avec des ordres contradictoires : "Lève-toi", "Couche-toi", "Bouge pas".

Puis des revendications : "Vous avez élu votre président Hollande, remerciez-le. Nous, on est des hommes, on vous bombarde sur terre". Au bout de 13 minutes d'enregistrement, la voix d'un autre kamikaze s'adresse au premier policier qui vient d'entrer : "Casse toi enfoiré". Le fonctionnaire tire, la ceinture d'explosif se déclenche. C'est cet enregistrement qui a permis aux enquêteurs de reconstituer au plus près le déroulement de la tuerie. "Un document, écrit Le Parisien, qui "est aussi exceptionnel que terrifiant et qui vient d'être transmis à la justice".

Le Parisien donne aussi la parole à des familles des victimes du Bataclan qui ont regardé François Hollande à la télé jeudi soir. La mère d'une victime exprime son dépit, elle espérait au moins un mot de compassion pour rappeler le deuil qui a frappé la France : "il a zappé les 130 morts et les 400 blessés".

La presse ironise sur l'intervention télévisée du Président

Le scepticisme et l'ironie règnent ce vendredi matin dans les journaux, exception faite peut être d'Ouest-France, avec Michel Urvoy  qui a trouvé François Hollande "maître de ses dossiers et objectivement convaincant". Les autres journaux n'ont pas du voir la même émission... "Face aux Français, François Hollande ronronne", titre Le Parisien-Aujourd'hui en France, "François Hollande président punching ball", titre Le Figaro, qui raconte cette étrange soirée, dans un décor évanescent aux couleurs pastel bleu et rose layette au milieu duquel le président a du se débattre face a des contradicteurs pugnaces. "C'est une forme d'impuissance présidentielle criante qui est apparue, écrit Guillaume Tabard, entre le choc des questions précises et des souffrances sincères d'un coté et un argumentaire trop court de l'autre". 

La charge est violente dans Le Point sous la plume de Philippe Tesson qui a vu jeudi soir un "président fantôme". "Rêve-t-il ou ment-il? Il parle à la jeunesse : elle lui a échappé. Il parle aux vieux : il leur fait peur pour ce qu'il leur reste d'avenir. Il parle aux actifs : il les a découragés. Il parle aux chômeurs : il les a trompés. Il parle au peuple : il l'a appauvri. Il parle à la gauche : il l'a trahie. Il parle à la droite : il l'a insultée. C'est trop tard quoi qu'il dise, on ne l'écoute même plus. Il était triste, c'était triste."

Retour sur la fin du règne de Pascal Nègre sur la planète showbiz

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Si vous voulez rire ce vendredi matin, il faut lire le formidable portrait que M le magazine du Monde consacre à Pascal Nègre, débarqué d'Universal Music le 18 février, après 17 ans de règne sans partage, laissant derrière lui une entreprise de laquelle sortait près de la moitié des disques vendus en France : U2, Lady Gaga, Sting, Stromae, Zazie, Florent Pagny, Calogéro et 190 autres artistes dans son catalogue. Avec son départ, c'est tout un chapitre de l'industrie musicale qui se clôt. Celui des années 80 et 90, époque du showbiz où l'argent coulait à flots. 
L'ex nabab se souvient de tout. Il se souvient d'Elton John qui lui mettait la main aux fesses, de Sting la tête en bas en plein studio parce qu'il faisait du yoga, de Nana Mouskouri, une des plus rocks : "elle me couchait au whisky". Pascal Nègre a commencé chez Barclay en 86, il a un don, "il sait écouter : son kif ultime, il entend une chanson et soudain il y croit, alors dans son bureau près du Panthéon. Il monte le son, très, très fort, et là, dit-il, là je sais je sens." Il sent quand il entend les premières notes d'Osez Joséphine de Bashung, de Déjeuner en paix de Stephan Eicher ou de Didi de Khaled. 

"Le début des années Nègre, c'est ça, écrit Le Monde, des étoiles parfaitement alignées et l'éclat du diamant du compact disc. Le cd tue le vinyl  profite de la baisse de la TVA, les ventes explosent, le budget promo des maisons de disque, c'est l'équivalent de la dette publique. C'est open bar jour et nuit, des fêtes insensées, des fêtes avec des télés dans la piscine, des limousines immaculées pour faire cent mètres avenue Montaigne , des business class pour les journalistes qui vont voir Iggy Pop à Berlin ou AC/DC au Mexique. Quand Nègre aime, il ne compte pas, Mylène Farmer peut claquer 1 million pour le clip de Pourvu qu'elles soient douces, 2 millions pour que Pascal Obispo aille enregistrer à Abbey Road."
"Jusqu'au crash en 2003. On passe d'un milliard de chiffre d'affaires à 500 millions. C'est comme Tchernobyl, on n'a rien vu venir. Le pèlerinage chez le disquaire est exterminé par Napster et le début du téléchargement illégal. Le disque est mort. Le terrain de jeu est devenu une flaque d'eau. Les journalistes voyagent en Eurostar. Pascal Nègre s'est fait virer par Vincent Bolloré." Pour faire quoi après ? On ne sait pas. Il vient d'ouvrir deux pressings à Tours. Et peut-être ira -t-il, tel un fantôme, acheter un vinyl samedi 16 avril lors du "Disquaire Day" organisé dans le monde entier. Quand la musique était bonne, le portrait est à lire dans M le magazine du monde.

Le dictionnaire du nanar

Attention à ne pas confondre : il y a les mauvais films et il y a les nanars. Les premiers sont monnaies courantes, les seconds n'ont pas de prix. Et ils font même l'objet d'un dictionnaire écrit par un journaliste de L'Obs, François Forestier, qui s'appelle 101 nanars, une anthologie du cinéma affligeant mais hilarant. Article à lire dans les pages cultures du Figaro avec Éric Neuhoff qui a adoré le livre. Adepte des Cahiers du cinéma, passez votre chemin. À quoi reconnait-on le nanar ? Au fait que Mickey Rourke joue souvent dedans. La présence de Bruce Willis est également bon signe. Mention spéciale pour Florinda Bolkan dans l'inoubliable Flavia la défroquée. "Le chef-d'œuvre est formidable, mais souvent il est emmerdant, explique François Forestier, tandis que le nanar est toujours distrayant. Et plus il est mauvais, plus il est bon. Le nanar est au cinéma ce que les frites sont au steak. Indispensable."

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