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France-Iran : "Nous pouvons bien travailler ensemble", estime Ali Ahani, ambassadeur d'Iran en France

REPLAY / INVITÉ RTL - Ali Ahani se veut rassurant sur la nouvelle coopération franco-iranienne.

Ali Ahani, l'ambassadeur iranien à Paris
Ali Ahani, l'ambassadeur iranien à Paris
"Nous pouvons bien travailler ensemble", estime Ali Ahani, ambassadeur d'Iran en France
09:05
Yves Calvi_
Yves Calvi

L'arrivée d'Hassan Rohani en France, ce mercredi 27 janvier, scelle un nouveau départ pour la coopération entre la France et l'Iran. "C'est une visite très importante qui donne un feu vert bien clair à toutes les instances, économiques, industrielles, scientifiques et culturelles. Il y a beaucoup de capacités pour la coopération entre les deux pays", estime l'ambassadeur d'Iran en France, Ali Ahani.

"Nous avons une relation ancienne et beaucoup d'intérêts communs. Nous pouvons bien travailler ensemble, ajoute-t-il. L'Iran est un pays indépendant ayant ses bases industrielles, économiques et ses ressources humaines, énergétiques. Il accueille tous les partenariats des différents pays, surtout européens et particulièrement la France, avec qui il a des relations économiques depuis longtemps, mais qui ont été interrompues durant des sanctions injustes contre l'Iran. C'est le moment de revenir", estime Ali Ahani.

Le retour de Peugeot à Téhéran

"Personne ne peut ignorer le grand marché iranien, ses 80 millions d'habitants, son accès aux divers marchés de la région grâce à ses ressources, éclaire l'ambassadeur. Plusieurs accords et contrats signés demain ici qui donnent quelques signes très positifs pour l'avenir de nos relations. Parmi les symboles d'un réchauffement diplomatique, la circulation de Peugeot neuves, à nouveau, en Iran. Cela interviendra "après le changement de la politique de Peugeot-Citroën à l'égard de l'Iran". 

L'un des principaux points de discorde entre la France et l'Iran peut être celui des libertés individuelles et de la liberté d'expression. Les défenseurs des libertés s'indignent du fait que le président iranien Hassan Rohani possède un compte Twitter alors que le réseau social est interdit dans le pays. "L'Iran a choisi un modèle de démocratie religieuse difficile à comprendre dans un pays laïc comme la France mais nous avons un grand bilan qui n'est pas comparable avec les autres pays de notre région. Il ne faut pas regarder du point de vue politique, il faut être réaliste, prendre le temps d'aller de l'avant. Nous travaillons sur la démocratie en Iran, ça avance bien", rassure l'ambassadeur.

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Interrogé à propos de Daesh, Ali Ahani se montre catégorique. "Daesh est une menace pour tous les pays du monde. Il faut une résolution sévère de la part de la communauté internationale. C'est un point d'intérêt commun que l'on peut travailler étroitement ensemble". Ce dernier estime qu'une coopération franco-iranienne permettrait des "échanges d'informations",  des "consultations régulières entre différentes instances politiques, de renseignement et même militaires" afin de lutter plus sévèrement contre la menace que représente Daesh.

Pour un réchauffement diplomatique avec l'Arabie saoudite

Sur la question syrienne, Ali Ahani tient un discours plus timoré. "France et Iran peuvent aider sans vouloir intervenir, c'est le peuple syrien qui doit agir", considère-t-il. L'ambassadeur propose d'"encourager tous les groupes d'opposition pacifistes à venir à table, essayer de discuter entre eux. Il faut d'abord lutter contre le terrorisme qui existe sur place et préparer le terrain, à travers un changement sur la Constitution, la loi électorale… Ce n'est pas à nous de décider, c'est le peuple syrien qui décide".

Pour Ali Ahani, une coopération entre l'Iran et l'Arabie saoudite, malgré des relations diplomatiques délétères entre les deux pays, n'est pas à exclure. "L'Iran et l'Arabie saoudite sont deux acteurs importants dans le monde islamique. La coopération étroite entre deux grands pays permet de mieux lutter contre le terrorisme à condition de choisir une politique bien calculée et de changer le regard méfiant (de l'Arabie saoudite, ndlr) à l'égard de l'Iran. "En ce qui concerne le régime israélien, nous avons notre position, nous ne sommes pas du tout contre les juifs, ils sont bien respectés chez nous", poursuit l'ambassadeur sur un autre dossier diplomatique complexe pour l'Iran. "L'État d'Israël, c'est autre chose", conclut fermement l'ambassadeur.

Jeudi 28 janvier, le président iranien Hassan Rohani rencontrera François Hollande de 15 heures à 17 heures. À l'issue de cette entrevue, une conférence de presse conjointe devrait avoir lieu, selon la présidence de la République.

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