3 min de lecture Bande dessinée

Festival d'Angoulême : "Tout le monde n'a pas forcément envie de rire" raconte le dessinateur Jul

REPLAY INTÉGRAL - Le 42ème festival de la bande dessinée d'Angoulême ouvre dans un climat particulier, trois semaines après l'attentat contre "Charlie Hebdo".

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Festival d'Angoulême : "Tout le monde n'a pas forcément envie de rire" raconte le dessinateur Jul Crédit Image : JOEL SAGET / AFP | Crédit Média : Yves Calvi | Durée : | Date :
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Yves Calvi et James Abbott

Dessinateur, auteur de bandes dessinées, et même de séries TV avec Silex in the city, le dessinateur Jul a collaboré à Charlie Hebdo pendant près de 15 ans. Trois semaines après l'attentat qui a touché les locaux de l'hebdomadaire satirique le mercredi 7 janvier et fait 12 morts, le 42e festival de la BD d'Angoulême ouvre dans un climat particulier.

Le dessinateur explique que des choses vont changer, mais espère qu'au fond, l'esprit convivial de la grand-messe annuelle sera conservé. "C'est une édition à la fois triste et plus solennelle que d'habitude, concède-t-il. Car il y a un côté 'grande foire à la saucisse' d'habitude. Tout le monde n'a pas forcément envie de rire, c'est particulier."

Le dessin est l'activité pacifique par excellence

Jul
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Comme tout le monde, l'idée d'un attentat ne l'avait pas effleuré et il a été choqué par le degré de violence des attaques. Mais il sait aussi que les dessins peuvent déranger. "Chez les dessinateurs il y a un côté transgressif, un peu singulier, et on peut imaginer que les dessins peuvent déplaire aux contemporains, c'est le cas depuis le début de l'histoire du dessin, rappelle-t-il. C'est d'autant plus effroyable que ce sont des gens très pacifiques en général, c'est l'activité pacifique par excellence."

"Qu'il y ait des gens qui soient complètement opposés à Charlie Hebdo, je le comprends, c'est légitime, affirme-t-il. Riss (nouveau directeur de Charlie Hebdo, ndlr) a expliqué que c'était normal que ça ne fasse pas consensus, et c'est sage de sa part, ça fait partie du débat. Chacun se fixe ses limites, mais ce n'est probablement pas à autrui de les fixer."

Un festival "monstre" que Jul espère aussi festif que d'habitude

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Lauréat d'un prix de jeunesse à l'âge de douze ans, Jul est aujourd'hui un habitué du festival et estime que le public aura aussi son rôle à jouer dans l'hommage à Charlie Hebdo. "Tous les dessinateurs qui seront là-bas auront chacun une expérience singulière. Mais c'est le public qui va donner le "la", pas les cérémonies officielles, les remises de prix, ou le Président de la République qui va probablement venir ce weekend. Ça va être un festival monstre dans le sens des dimensions et des enjeux qu'il représente."

La sécurité a donc été logiquement renforcée pour cette 42e édition, une chose qui détonne par rapport à l'ambiance habituelle. "Quelque chose de très encadré avec des portiques ressemblera pas à ce que l'on a l'habitude de voir, poursuit Jul. Normalement il y a plutôt des auteurs qui errent enivrés à quatre pattes dans les rues d'Angoulême avec les visiteurs." Avant de se raviser : "Finalement je suis sûr que ce sera encore le cas cette année (rires)."

Je ne suis pas allé raconter des choses à la télé ou la radio car je ne le sentais pas

Jul
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Jul espère que la vie va poursuivre son cours et que les dessinateurs vont conserver l'aspect tranchant de leur métier. "L'esprit de la BD et du dessin de presse n'est pas d'être du dessin de pleureuse, explique-t-il. Il y a une vitalité pas seulement du dessin d'humour, l'émotion et l’importance des événement à dépassé largement les caricaturistes, les dessinateurs plus sérieux ont été autant touchés que les amuseurs.

Plusieurs éditeurs et dessinateurs se sont réunis pour réaliser un seul album, une "BD Charlie" qui sortira le 5 février en librairies, mais Jul n'avait pas la force de participer à cela. "Je ne l'ai pas fait car j'avais vraiment la tête ailleurs, confie-t-il. Dans les explosions, il y aurait un grand silence avant d'entendre le bruit de l'impact, et je crois que j'étais encore dans cette grande bulle de silence, donc je ne suis pas allé raconté des choses à la radio ou la télé car je ne le sentais pas."

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