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Fermeture des voies sur berge à Paris : la pollution de l'air a-t-elle augmenté ?

ÉCLAIRAGE - À la suite de la publication d'un troisième rapport d'étape sur la fermeture des voies sur berge à Paris, Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, assure que l'impact est négatif concernant la pollution de l'air.

Des bouchons générés par la fermeture des voies sur berge à Paris
Des bouchons générés par la fermeture des voies sur berge à Paris
Crédit : SIPA
Philippe Peyre

C'est devenu le principal sujet sur lequel s'écharpent la maire de Paris et la présidente de la région Île-de-France : la fermeture des voies sur berge, au cœur de Paris, décidée au mois de juillet 2016 par la socialiste Anne Hidalgo. Cette lutte, devenue le symbole de leurs divergences sur les moyens de lutter contre la pollution, donne régulièrement lieu à une bataille de chiffres entre la maire de Paris et la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse.

Le dernier affrontement en date résulte de la publication du troisième rapport d'étape du comité d'évaluation régional de la fermeture de la voie Georges-Pompidou. Un comité composé des acteurs principaux du dossier - AirParifBruitParif, le Stif (Syndicat des transports d’Île-de-France), l’IAU (Institut d’aménagement et d’urbanisme d'Île-de-France), l’ORS (Observatoire régional de santé d'Île-de-France) et FNE Île-de-France (France Nature Environnement Île-de-France) - est chargé de surveiller l'évolution de la situation concernant la piétonnisation de ces voies.

Valérie Pécresse charge Anne Hidalgo

Selon ce rapport publié le 19 janvier, la fermeture de la voie express aurait un impact négatif, notamment sur la qualité de l'air. Pierre Carli, médecin-chef du Samu de Paris et président du comité, a toutefois indiqué que les données d'AirParif, l'agence de mesures de la pollution de l'air, montrent une "détérioration de la qualité de l'air, sans qu'il soit possible de dire précisément pourquoi". Mais à la suite de la publication du rapport, Valérie Pécresse est immédiatement montée au créneau, pointant du doigt la décision de la maire de Paris. "Nous n’assistons pas à l’effet d’évaporation attendu : les effets de report sont très importants, allant jusqu’à l’A86 ; les nuisances sonores augmentent et la pollution de l’air s’aggrave", a-t-elle affirmé. Seulement, si hausse de la pollution de l'air il y a, il demeure difficile, pour le moment, d'affirmer qu'elle résulte de la seule fermeture de la voie express.

Pour le moment, on ne peut pas conclure à une hausse de la pollution

Charlotte Songeur, ingénieure communication à AirParif

Le rapport du comité a alerté sur le fait que depuis la fermeture des voies, le ralentissement des voitures a provoqué, sur les quais hauts, une hausse de 53% de la pollution au dioxyde d'azote et de 49% de la pollution aux particules fines. Un constat similaire établi sur le Boulevard Saint-Germain où la concentration en dioxyde d'azote aurait bondi de 18% et de 15% pour les particules.

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Contacté par RTL.fr à ce sujet, AirParif a nuancé ces informations, précisant que "ces chiffres se basent sur des calculs théoriques". L'organisme chargé de surveiller la qualité de l'air est formel : "Les niveaux mensuels ne montre aucune tendance claire imputable à la seule fermeture des voies sur berge, a précisé à RTL.fr Charlotte Songeur, ingénieure communication à AirParif. Pour le moment, on ne peut pas conclure à une hausse de la pollution", a-t-elle ajouté. 

Plus de paramètres à prendre en compte

Les niveaux de pollution observés aux mois de septembre, octobre et novembre 2016 sont, selon Charlotte Songeur, "comparables" à ceux des années antérieures. "Au mois de décembre, on a observé une forte hausse de la pollution mais imputable notamment au fort épisode de pollution qu'a connu la capitale", a-t-elle précisé. Dès lors, de nombreux autres paramètres sont à prendre en compte pour statuer sur un éventuel impact négatif de la fermeture de ces voies sur berge. "Nous avons besoin de plus d'éléments", a confirmé à RTL.fr Charlotte Songeur. Des éléments relatifs notamment aux conditions météorologiques et au changement des comportements.

Une deuxième campagne de mesures va démarrer au printemps et devrait apporter davantage d'informations qui permettront d'attester ou non de l'efficacité de la fermeture de ces voies sur berge. 

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