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Faute de médecins, certains services des urgences momentanément fermés

REPLAY - Le service des urgences de l'hôpital de Valognes, dans la Manche, a été contraint de fermer huit jours, tandis que celui de Firminy, près de Saint-Etienne, ferme chaque nuit.

Un service des urgences (Illustration)
Un service des urgences (Illustration)
Crédit : PASCAL PAVANI / AFP
Christophe Prudhomme, médecin urgentiste au SAMU de Seine-Saint-Denis
06:29
Charlie Vandekerkhove & AFP

Depuis jeudi, l'hôpital de Valognes, dans la Manche, n'a plus de service d'urgences. Près de Saint-Étienne, celui de Firminy ferme toute la nuit pendant l'été, et celui de l'Aigle (dans l'Orne) s'est vu interdire la chirurgie ambulatoire. Plusieurs services d'urgences hospitalières sont en difficulté, confrontés à une pénurie de médecins en pleine période estivale. Pendant les vacances, la fréquentation des urgences ne baisse pourtant pas, comme le rappelle Christophe Prudhomme, médecin urgentiste au SAMU de Seine-Saint-Denis et porte-parole de l'AMUF (Association des médecins urgentistes de France), invité de RTL midi.

À Valognes, la fermeture devrait durer au moins huit jours. Une période pendant laquelle les 7.500 habitants de la commune et ceux du canton sont invités à se rendre à l'hôpital de Cherbourg, situé à une vingtaine de kilomètres. "Faute d'effectif médical suffisant, et après avoir recherché toutes les alternatives possibles, la direction du Centre hospitalier public Cotentin de Cherbourg se voit contrainte de fermer le service d'accueil des urgences du site de Valognes à compter du jeudi 6 août (...) et jusqu'à nouvel ordre", a indiqué la direction du centre hospitalier dans un communiqué.

Pas assez d'intérimaires

La directrice adjointe a précisé que l'établissement ne parvenait pas à réunir 7 médecins de jour et 4 de nuit, soit le nombre nécessaire pour faire fonctionner le service, et ce malgré des recherches auprès des agences d'intérim de la région.


"Nos intérimaires ont limité leurs vacances, il a été fait appel au volontariat dans d'autres services, mais eux-mêmes sont en situation tendue et ne peuvent pas toujours nous aider", a-t-elle expliqué. Pendant la période de fermeture des urgences, celles de Cherbourg seront renforcées par les médecins de Valognes.

La pénibilité mise en cause

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Cette situation invraisemblable serait due, d'après Christophe Prudhomme, à la pénibilité de l'emploi, qui fait fuir de nombreux praticiens, et notamment les plus jeunes. "Nous constatons une fuite des médecins", explique-t-il. "C'est pour cela que nous avons mené un mouvement de grève en décembre, rappelle le médecin. Les urgentistes ne demandent pas à être mieux payés, nous demandons à travailler moins". Les urgentistes réclament en effet de ne pas travailler plus de 48 heures par semaine.

"Pour une raison de mauvaise politique, les hôpitaux fonctionnent aujourd’hui à flux tendu", dénonce Christophe Prudhomme, qui s'inquiète de la situation créée à Valognes, et notamment de la distance entre la commune et les urgences les plus proches. "Quand vous faites un infarctus ou un accident vasculaire cérébral, le temps compte", rappelle le praticien, qui conclut avec amertume : "Valognes n'est pas un cas isolé. Le principe d’égalité de traitement sur l’ensemble du territoire n’est plus respecté".

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