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États-Unis : le Pentagone utilise encore des disquettes

REPLAY - Selon un rapport du gouvernement américain publié le 25 mai, le Pentagone utilise un ordinateur IBM vieux de 53 ans dans lequel il insère encore des disquettes.

Amandine Begot La Revue de Presse La rédaction de RTL
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États-Unis : le Pentagone utilise encore des disquettes Crédit Image : AFP | Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

Une révélation du Time Magazine fait le tour des médias américains, vendredi 27 mai. "Le Pentagone, la quintessence de la technologie et l'inventeur d'internet, continue d'utiliser des disquettes, fossiles des années 1970, pour contrôler la force nucléaire américaine", déclare le média américain. Si demain il fallait déclencher une attaque nucléaire, Barack Obama n'appuierait pas sur le gros bouton rouge, il insérerait une disquette dans un vieil ordinateur. Le Time définit la disquette ainsi : un truc très vieux, ancêtre de la clé USB, sauf qu’on y rentrait difficilement trois documents Word (NDLR, logiciel de traitement de texte). D'autant qu'il s'agit ici des disquettes 8 pouces, c'est-à-dire les toutes premières, qui faisaient 20 cm de long.


Le Time n'a pas eu besoin d'aller fouiner dans les entrailles du Pentagone pour le savoir, il lui a suffi de consulter un rapport du gouvernement américain publié mercredi 25 mai, qui alerte sur les technologies de plus en plus obsolètes utilisées dans certains ministères. Les disquettes sont utilisées sur un ordinateur IBM vieux de 53 ans qui, précise le rapport, "coordonne les fonctions opérationnelles des forces nucléaires des États-Unis". Autrement dit : les missiles balistiques intercontinentaux, les bombardiers nucléaires et la flotte maritime de soutien aux avions. Interrogé par le Time, le lieutenant-colonel Martin O'Donnell, se veut rassurant : "La force de dissuasion nucléaire stratégique reste sûre et efficace, mais un travail reste à faire pour la moderniser". 

Barack Obama à Hiroshima

Au Japon, c'est la saison des voyages scolaires, raconte l'envoyé spécial des Échos a Hiroshima. Jeudi 26 mai, veille de la visite historique de Barack Obama, des milliers d'élèves se pressaient dans les allées du Musée de la paix pour tenter d'appréhender le drame. Ils ont vu les statues de cire représentant des enfants brûlés vifs dans les trois secondes qui ont suivi l'explosion le 6 août 1945 de la bombe atomique Little boy. Plus loin se trouvent des restes de peau et d'ongles prélevés par une mère sur le cadavre de son fils. Des images atroces, en noir et blanc, de corps irradiés s'offrent au regard des visiteurs.

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Les élèves ont ensuite signé un livre d'or appelant la communauté internationale à renoncer aux armes nucléaires. Mais à aucun moment ils n'auront été exposés aux causes du drame et au vrai rôle du Japon pendant la guerre. Nulle évocation des exactions avant et pendant la guerre, les massacres de civils et des viols de masse commis en Chine. Pas une ligne dans ce musée sur le sort des milliers de femmes transformées en esclaves sexuelles par les soldats nippons, aucune mise en perspective permettant aux visiteurs japonais de tenter un travail de mémoire similaire à celui réussi en Allemagne, les enfants japonais n'ont pas d'équivalent de Dachau à visiter. D'aucuns estiment que la visite de Barack Obama ne va pas être de nature à sortir le Japon de l'amnésie dans lesquelles il est cloîtré depuis des décennies.

L'impasse du gouvernement

"La guerre d'usure", titre La Provence. "La guerre de position", choisit Sud-Ouest en Une. D'autres tentent l'apaisement : "Eh oh on se calme", s'exclame par exemple Le Parisien. La lassitude des éditorialistes est très bien résumée par Sébastien Lacroix, dans l'Union : "À ce point de l'impasse, les méninges des commentateurs politiques pédalent dans la semoule." "C'est par où la sortie ?" se demande Libération en Une. "Comment en sortir ?" s'interroge aussi en manchette Le Télégramme, avec la photo de Manuel Valls se prenant la tête dans les mains.

Justement, que se passe-t-il en ce moment dans la tête du Premier ministre ? Le dessinateur Kak a représenté Manuel Valls dans L'Opinion en héros du film d'animation Vice Versa, celui ou  toutes les émotions d'une petite fille sont représentées par des personnages. Pour le caricaturiste, le chef du gouvernement est la colère, Michel Sapin la tristesse, Myriam El Khomri la peur et Bernard Cazeneuve le dégoût. "Vos gueules", dit la colère à tous les autres. "Il serait temps que les protagonistes du conflit appuient sur 'pause' et activent la fonction 'dialogue social'", écrit l’éditorialiste Frédéric Vézard dans Le Parisien. Un autre scénario pour Vice Versa ?

publier ou périr

On a parlé cette semaine des sept Prix Nobel français qui se sont insurgés contre les coupes budgétaires dans la recherche. Le magazine Marianne a enquêté sur un autre sujet de préoccupation dans les laboratoires : la multiplication des publications scientifiques bidon. Partout et sur tous les thèmes, des plus pointus aux plus loufoques, des plus révolutionnaires aux plus insignifiantes. On compte 25 millions d'études scientifiques publiées ces 20 dernières années ! La raison de cette dérive tient en trois mots, "publish  or pérish" (publier ou périr, en français). Il faut en effet publier toujours plus sous peine de ne plus être financé, de ne plus exister. Si à 50 ans t'as pas publié dans Nature, t'as raté ta vie.

Et pour être publié il faut avoir des résultats et être original, alors on s'arrange en pondant des études discutables, avec des données tordues, voire falsifiées, pour transformer de piteux résultats en beaux articles concernant, comme cette étude sur les blondes qui seraient plus intelligentes que les rousses et les brunes, et celle qui prouve que les nouveaux sèches-mains automatiques propagent davantage de virus que les anciens. "A-t-on vraiment besoin de le savoir", s'interroge le président de l'Académie des sciences? Parce que pendant ce temps, on ne s'intéresse pas à la recherche, la vraie, comme par exemple toutes les recherches sur le fameux CRISPR-cas9, les ciseaux de l'ADN ont mis un temps fou a être publiées, car le sujet n'était pas à la mode.

Cette dérive n'est pas nouvelle puisqu’en son temps, l'écrivain Georges Perec, qui était aussi documentaliste au CNRS, s'était moqué de cette dérive en publiant les résultats de sa propre recherche, "démonstration expérimentale d'une organisation tomatotopique chez la cantatrice". L'écrivain étudiait l'effet du jet de tomate sur les chanteuses sopranos.

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2016-05-27 10:07:00
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