3 min de lecture

"C'est une honte" : Donald Trump va contourner la décision de la Cour suprême en imposant un nouveau droit de douane "mondial" de 10% dès vendredi

Quelques heures après le revers infligé par la Cour suprême, qui a jugé "illégale" une grande partie des droits de douane instaurés depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a vivement réagi vendredi 20 février lors d’une conférence de presse. Le président américain a dénoncé une décision "profondément décevante" et assuré qu’il utiliserait "d’excellentes alternatives" pour poursuivre sa politique tarifaire.

Donald Trump le 20 février 2026

Crédit : AFP

AFP

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Donald Trump a annoncé qu'il allait imposer vendredi un nouveau droit de douane mondial de 10%, en réponse à la décision de la Cour suprême qui a jugé illégale une bonne partie des surtaxes douanières qu'il avait décidées depuis son retour à la Maison Blanche.

S'il s’est dit "profondément déçu" et a parlé d’une "terrible décision", exprimant sa "honte absolue". Il a accusé les juges ayant voté contre lui d’avoir cédé à des "influences étrangères". Il a assuré disposer "d’alternatives". 

"Aujourd'hui [vendredi 20 février], je vais signer un décret pour imposer un droit de douane mondial de 10% (...), qui va s'ajouter à nos droits de douane normaux déjà en vigueur", a affirmé le président américain. Avant de préciser que la plupart des accords commerciaux récemment négociés par les Etats-Unis restaient valides. "Tous les accords" restent valides, "nous allons juste le faire différemment", a-t-il ajouté, après avoir assuré qu'il allait imposer vendredi le nouveau droit de douane mondial. 

Donald Trump a également estimé que la décision défavorable de la Cour suprême le rendait en fait "plus puissant" en termes de réglementation du commerce et de droits de douane.

Vers des remboursements massifs et un possible "chaos"

Ces droits à l’importation constituaient l’une des pierres angulaires de son programme économique. Ils visaient les pays avec lesquels les États-Unis affichent un déficit commercial et devaient également financer des baisses d’impôts.

À lire aussi

La décision ouvre alors la voie à des remboursements potentiellement colossaux, même si lors de la conférence de presse le président américain a déclaré que le remboursement des doits de douane occuperait les tribunaux pendant des années. "Nous allons passer les cinq prochaines années devant les tribunaux" a-t-il lancé. 

Plusieurs entreprises, comme la chaîne de supermarchés Costco ou la filiale américaine du constructeur japonais Toyota, ont déjà saisi le Tribunal du commerce international pour réclamer le remboursement des surtaxes versées.

Mi-janvier, Donald Trump lui-même évoquait le risque de devoir restituer "des centaines de milliards de dollars" aux entreprises américaines. "Nous sommes fichus", avait-il alors lancé.

Dans son opinion dissidente, le juge Brett Kavanaugh a mis en garde : la décision "ne dit rien sur la manière dont le gouvernement devrait procéder pour rembourser les milliards collectés". Selon lui, cela pourrait provoquer le "chaos".

Pour le ministre de l'Economie français, Roland Lescure, a indiqué sur RTL vendredi que le déficit commercial américain est resté très important l'année dernière montrant que les droits de douane ne sont "peut-être pas la recette magique qu'on espérait". La décision de la Cour suprême des Etats-Unis montre que  les droits de douane "étaient pour le moins sujets à débat", a-t-il commenté au micro de RTL. 

Réactions politiques et marchés rassurés

Côté démocrate, le chef de file au Sénat, Chuck Schumer, s’est félicité d’"une victoire pour les consommateurs américains". À la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries a appelé le président à "s’abstenir de toute nouvelle action unilatérale".

Le président républicain de la Chambre, Mike Johnson, a pour sa part indiqué que "le Congrès et le gouvernement allaient déterminer dans les prochaines semaines la meilleure marche à suivre".

Les marchés financiers ont, eux, salué la décision, avec un rebond des indices en Europe comme aux États-Unis, signe d’un soulagement face à l’incertitude juridique.

Des accords commerciaux fragilisés

Annoncées en avril, ces surtaxes avaient également servi d’outil de négociation pour conclure des accords commerciaux avec plusieurs partenaires majeurs, notamment l’Union européenne, le Japon ou le Royaume-Uni. Ces accords prévoient désormais des droits de douane plafonnés entre 10% et 15% selon les cas.

En partie revenu en arrière en multipliant les exemptions pour des produits non fabriqués aux États-Unis, Donald Trump voit aujourd’hui sa stratégie fragilisée. Sa nouvelle taxe mondiale de 10% pourrait raviver les tensions commerciales et ouvrir une nouvelle séquence d’incertitudes économiques et diplomatiques.

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info