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Ehpad, retraités : les raisons de la grève et de la mobilisation ce jeudi

ÉCLAIRAGE - Les retraités et le personnel des maisons de retraite battent le pavé jeudi 15 mars. Les premiers veulent défendre leur pouvoir d'achat face à la hausse de la CSG, les seconds demandent davantage de personnel et de moyens.

Le personnel des Ehpad manifeste à Quimper le 30 janvier 2018
Le personnel des Ehpad manifeste à Quimper le 30 janvier 2018 Crédit : AFP
Éleonore de Marnhac
Éléonore De Marnhac
et AFP

La grogne ne faiblit pas. Après des premières manifestations le 30 janvier dernier, le personnel des Ehpad (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) descend à nouveau dans la rue et fait grève jeudi 15 mars. Ils sont accompagnés par leurs confrères des EHPA (établissements d'hébergement pour personnes âgées), USLD (unités de soin de longue durée), hôpitaux gériatriques et services d'aide à domicile mais également par les retraités venus, eux, défendre leur pouvoir d'achat impacté par la hausse de la CSG.

Face aux premières manifestations, Agnès Buzyn avait annoncé fin janvier 50 millions d'euros supplémentaires pour les établissements en difficulté. Lors des assises des Ehpad le 13 mars à Paris, la ministre des Solidarités et de la Santé a également accepté de rencontrer l'intersyndicale en signe de bonne volonté, ce qu'elle avait refusé de faire le 30 janvier. 

Mme. Buzyn est également revenue sur une autre pierre d'achoppement: la réforme du financement des Ehpad entraînant, selon elle, une baisse des recettes pour "20 à 25% des établissements". Elle a ainsi annoncé la mise en place d’un mécanisme permettant de neutraliser pendant un ou deux ans ces pertes de recettes. Si Pascal Champvert, président de l'AD-PA, salue le "premier pas" de la ministre, les syndicats jugent ces gestes insuffisants et demandent que "M. Macron se saisisse du dossier". 

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La hausse de la CSG

Les seniors comptent bien faire entendre leurs voix face à la hausse de 1,7 points de la CSG qui touche une majorité de retraités depuis janvier. Leur taux de CSG est en effet passé de 6,6 % à 8,3 % soit une augmentation de 25,8 %. Selon la CGT, ce changement coûterait 306 euros par an pour une pension brute de 1.500 euros par mois. 

Si le gouvernement affirme que les retraités vivant avec moins de 1.200 euros par mois ne seront pas concernés, la réalité serait plus "subtile" pour Didier Hotte (UCR-FO) puisque tous les revenus du foyer, comme la location d'"une chambre à un étudiant" sont pris en compte. 

Cette hausse de la CSG vient s'ajouter à plusieurs mesures fiscales prises durant les précédents quinquennats. En 2008, le gouvernement Fillon avait supprimé la "demi-part des veuves", augmentant les impôts de bon nombre de retraités. En 2014, la Contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (Casa) est créée, entraînant un prélèvement de 0.3% des pensions. 

Revalorisées de 0,8% en octobre, les retraites ne le seront plus avant janvier 2019 au profit d'une augmentation du minimum vieillesse. "Nous avons l'impression d'être la cinquième roue de la charrette", déplore ainsi Michel Salingue (FGR-FP).

Aucune contrepartie pour les retraités

Autre raison de mécontentement: l'absence de compensation. Au nom de la "solidarité intergénérationnelle", les retraités ne bénéficient d'aucune contrepartie alors que les actifs voient leurs cotisations baisser et les fonctionnaires bénéficient de mesures permettant de maintenir leur pouvoir d'achat au moins au même niveau. 

Emmanuel Macron "assume" de demander "un effort aux plus âgés" qui profiteront, pour certains, de la suppression progressive de la taxe d'habitation. Mais les effets de l'effacement progressif de la taxe d'habitation ne devraient pas se fait sentir avant automne 2018 alors que la hausse de la CSG est effective depuis janvier. 

Les maisons de retraite au bord de la crise de nerf

Les retraités seront rejoints par ceux qui les soignent dans les maisons de retraite ou à domicileCes derniers dénoncent le manque de personnel et de fait la mauvaise prise en charge des patients et les difficiles conditions de travail. Le 30 janvier, ils étaient plusieurs milliers à manifester contre les toilettes et les repas expédiés, la perte de sens de personnels "épuisés" et trop débordés pour s'occuper dignement des aînés, selon Mireille Stivala (CGT). 

Le personnel des maisons de retraite demande notamment "un financement pérenne et solidaire d’aide à la perte de l’autonomie", l'arrêt des suppressions de postes, des revalorisations de salaires, l'amélioration des perspectives de carrière et un ratio d'un soignant pour un résident (0,6 actuellement). Sur ce dernier point, la ministre s'est montrée intransigeante, déclarant que la "France n'(avait) pas les moyens budgétaires", ni les "ressources humaines" pour garantir ce taux sans fondement "scientifique". 

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