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EHPAD : "Les résidents sont des numéros de chambre", s'alarme une infirmière

INVITÉE RTL - Mathilde Basset, qui a travaillé plusieurs mois dans un EHPAD dans un centre hospitalier en Ardèche, a décidé de quitter sa blouse blanche. Elle dénonce une "usine d'abattage qui broie l'humanité".

Une infirmière dans un EHPAD (illustration)
Une infirmière dans un EHPAD (illustration)
Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
EHPAD : "Les résidents sont des numéros de chambre", s'alarme une infirmière
08:07
Claire Gaveau
Journaliste

C'est un véritable SOS. Une infirmière en EHPAD a annoncé qu'elle quittait ce qu'elle définit comme le "radeau de la méduse". Dans une lettre ouverte adressée à Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, Mathilde Basset alertait sur les conditions de travail dans ce milieu. Un message, publié directement sur Facebook mercredi 27 décembre, qui a connu un écho hors norme.

Si infirmière n'a jamais été une vocation pour elle, cette jeune femme s'est très vite attachée à ce métier et aux valeurs qu'il incarnait. Pourtant, le 4 janvier dernier, Mathilde Basset a décidé de raccrocher sa blouse blanche. Un moyen pour elle de mettre fin à un quotidien qu'elle ne tolérait plus : "On laisse complètement de côté l'aspect relationnel. Les personnes ne sont plus des résidents mais des numéros de chambre alors qu'on est censé être dans un lieu de vie et privilégier l'aspect accompagnement et échange", explique-t-elle sur RTL. 

Cadence infernale, maltraitance... Elle dénonce une "usine d'abattage qui broie l'humanité". "Il y a un sentiment de déshumanisation des soignants et des patients compte tenu du fait qu'on ne laisse plus la place à l'infirmière pour le relationnel", critique-t-elle. 

On ne peut pas être une bonne soignante si on est mal soi-même

Mathilde Basset

Dès lors, elle s'est sentie maltraitante et déshumanisée. "Je me sens maltraitante à partir du moment où j'adresse à peine un bonjour quand je pose les médicaments ou que j'arrive à en vouloir aux résidents de ne pas réussir à avaler correctement leurs cachets", témoigne-t-elle.

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Malgré cette histoire "destructrice", Mathilde Basset ne ferme pas la porte définitivement à ce métier. "J'ai une conviction pour travailler dans le public (...) Je sais que je retournerai un jour ou l'autre dans les services de soins. Mais on ne peut pas être une bonne soignante si on est mal soi-même", conclut-elle.

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