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ÉDITO - Inflation : pourquoi la hausse des prix s'emballe en Europe

Un indice publié par Eursotat montre que la hausse des prix atteint 4,9% en un an dans la zone euro. Comment est-ce possible ? Faut-il s'inquiéter ?

Hausse des prix dans la zone euro
Hausse des prix dans la zone euro
Crédit : AFP / DANIEL ROLAND
ÉDITO - La hausse des prix s'emballe en Europe
03:37
François Lenglet - édité par Théo Putavy

Les prix s'emballent en Europe. C'est ce qu'indique Eurostat, l’institut de statistiques européennes, mardi. Sur un an, la hausse des prix atteint 4,9% dans la zone euro. C’était 4,1% le mois dernier, cela veut en effet dire que la hausse des prix accélère, principalement à cause des prix de l’énergie. 

Mais derrière cette moyenne, il y a des différences importantes. En particulier entre l’Allemagne, qui est à 6%, et la France, 3,4% selon Eurostat, un peu moins selon l’INSEE qui mesure les prix un peu différemment. En Allemagne, on n’a pas connu un tel chiffre depuis trente ans, c’était juste après la réunification.

Le spectre de l'inflation est souvent présenté comme une menace. Mais un peu d’inflation n’a rien d’embêtant, surtout dans un monde qui est encombré par les dettes accumulées. Dettes de l’État, à cause de la crise Covid. Dettes des entreprises, qui ont multiplié les rachats. Dettes des ménages, qui ont acheté de l’immobilier à prix d’or. Tous les agents économiques sont chargés de dette. Or, l’inflation, c’est comme l’ardoise magique, ça permet d’effacer les dettes sans les rembourser.

Le prêteur est perdant

Si les prix et les salaires augmentent de, disons 3 à 5% par an, cela veut dire que les crédits que vous avez contractés auparavant, et le poids de vos remboursements, vont diminuer de 3 à 5%. Non pas en apparence, le montant restera le même, mais en réalité, puisque vos revenus augmentent de 3 à 5%, alors que le montant des mensualités lui ne bouge pas.

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C’est donc le poids relatif de la dette qui s’allège. C’est comme cela que les baby-boomers ont acheté leur logement sans difficulté, dans les années 60 ou 70, lorsqu’il y avait une inflation à deux chiffres. L’inflation est donc le médicament idéal pour une économie endettée, parce qu’elle permet d’effacer insensiblement les engagements du passé.

En réalité, le prêteur perd, parce que si le remboursement est plus facile pour vous, c’est qu’il y a pour lui une légère perte, compte tenu de l’érosion monétaire. En principe, cette perte est compensée par le taux d’intérêt. Mais comme les crédits actuels sont à 1 ou 2% par an, et même zéro pour l’État, et que l’inflation est bien supérieure, le prêteur y perd en effet. C’est ce que Keynes, le grand économiste britannique de l’entre deux guerres, appelait l’euthanasie des rentiers, qu’il appelait de ses vœux.

Mais encore faut-il que les salaires augmentent aussi vite que les prix, ce qui n’est pas encore le cas. En ce moment, ce sont les ménages qui perdent un peu en pouvoir d’achat, à cause de cette hausse des prix. Il y a des négociations entre les employeurs et les syndicats en ce moment, qui sont très importantes pour le pouvoir d’achat. L’économie c’est ainsi, chaque catégorie, les salariés, les employeurs, les prêteurs et les emprunteurs tentent de préserver leurs revenus, quitte à faire payer les autres. Et c’est le rapport de force qui décide. 

Pour ceux qui voudraient prolonger sur l’inflation, c’est le thème du nouvel épisode du podcast de François Lenglet qui sera mis en ligne demain, sur RTL.fr et sur les plateformes de podcast.

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