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ÉDITO - Armement : "Le secteur a mieux résisté que d'autres", explique François Lenglet

Emmanuel Macron est en déplacement dans le Cher où il va constater la santé florissante du secteur français de l'armement.

Un canon Caesar (illustration)
Un canon Caesar (illustration)
Crédit : Crédit : Nexter
LENGLET-CO - Armement : "Le secteur a mieux résisté que d'autres", explique François Lenglet
00:03:17
LENGLET-CO - Armement : "Le secteur a mieux résisté que d'autres", explique François Lenglet
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François Lenglet - édité par Baptiste Marin

Le canon Caesar est devenu le produit star de l'industrie militaire française. La France a livré 18 de ces pièces à l'Ukraine. Et le canon Caesar n'est que la partie émergée du secteur qui compte 4.000 entreprises et 200.000 salariés. Le secteur réalise 25 milliards d'euros de chiffres d'affaires, dont plus du tiers à l'export, avec les Airbus, Safran, Thales, Dassault et leurs sous-traitants.

En 2021, la France était le troisième plus gros vendeur mondial, derrière les États-Unis et la Russie. Si toute l'industrie française était aussi exportatrice que l'armement, le pays serait comme une autre Allemagne, en termes de puissance industrielle.

L'armement est un secteur qui a mieux résisté que les autres, comme celui de l'automobile par exemple. Une tradition historique, qui date des arsenaux et de la manufacture des poudres de l'Ancien Régime, est l'une des explications de cette bonne santé. La France, grande puissance, devait appuyer sa suprématie mondiale par l'excellence de ses technologies. Comme le Royaume-Uni un peu plus tard. Les Britanniques et les Français sont d'ailleurs les deux pays européens qui ont conservé une défense militaire et un secteur industriel spécialisé de haut niveau. Quant à la période moderne, l'organisation du secteur est très spécifique. 

L'État français très impliqué

Les règles ne sont pas les mêmes. Pour des raisons évidentes de souveraineté, il y a eu moins de délocalisations. La France a gardé sa production et son savoir-faire chez elle. Des assemblages d'avions de chasse sont réalisés chez les clients, mais avec des transferts de technologie sévèrement contrôlés. Ensuite, et c'est capital, l'État français en est le principal client. Les liens sont très étroits entre la direction générale de l'armement (DGA), qui dépend du ministère de la Défense, et les entreprises. Ce système rappelle celui réalisé dans le civil, il y a une cinquantaine d'années, pour le TGV, les centraux téléphoniques ou le programme de centrales nucléaires, piloté de près par le puissant client public. Dans l'armement, ce mode de fonctionnement a été maintenu. 

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La raison du maintien de ce système réside dans le caractère stratégique de l'activité, qui doit rester en France et sous contrôle public. Le contrôle est direct via des participations de l'État dans les entreprises et aussi indirect avec la commande publique. C'est ce qui a permis à l'industrie de défense d'échapper aux règles de la concurrence à l'échelle européenne, notamment à l'ouverture des marchés publics. Il est difficile d'imaginer les Chinois ou les Russes fournir l'armée française. 

Un protectionnisme assumé pour le secteur a donc été maintenu, quitte à faire payer un peu plus cher le client, c'est-à-dire le contribuable. L'automobile n'a pas eu cette possibilité-là, parce qu'elle était sous la pression de la concurrence venue d'Allemagne, du Japon ou d'Italie. Et pour tenir ses prix, le secteur a dû se délocaliser. L'industrie de la défense est un peu, dans son organisation, la France des années 60 et 70.  

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