4 min de lecture Kidnapping

Dix ans après la fin de son calvaire, Natasha Kampush s'exprime sur sa nouvelle vie

L'Autrichienne s'est évadée du domicile de son agresseur le 23 août 2006, après plus de huit ans de captivité.

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Dix ans après la fin de son calvaire, Natasha Kampush s'exprime sur sa nouvelle vie Crédit Image : Romain Boé | Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

Il y a 10 ans, elle faisait la une des journaux du monde entier. Natasha Kampush, kidnappée à l'âge de 10 ans et séquestrée pendant 8 ans et demi, a maintenant 28 ans. Et elle sort, ce mercredi 21 septembre, dans le monde entier, un livre intitulé 10 ans de liberté. Elle fait la une de L'Express et à vrai dire, on peine à la reconnaître. 

"Ses longs cheveux et ses kilos en trop semblent vouloir repousser très loin, écrit L'Express, le souvenir de la gamine au crâne rasé et affamée". C'est Claire Chartier qui a rencontré la jeune femme en Autriche, à Vienne, dans un café. Interview étonnante, troublante, même parfois. Elle y parle de son bourreau Wolfgang Priklopil qui s'est suicidé le jour où elle s'est enfuie "j'ai dû lui pardonner, sinon j'aurais été engloutie par la haine et la colère."

Elle y parle aussi de la méchanceté des gens qui lui ont reproché de ne jamais s'être affiché en victime fragile. "Je dérange car je brouille les repères. Je crois que ma résilience suscite une certaine forme de jalousie qui peut mener au soupçon."

Je n'avais qu'un seul interlocuteur, que j'avais appris à décoder

Natasha Kampush
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Elle se souvient des mots horribles entendus après ses premières interviews : "on m'a lancé des blagues du style : 'c'est donc ça une première main qui a dormi au garage'. Je n'étais pas préparée. Dans mon cachot je n'avais qu'un seul interlocuteur que j'avais appris à décoder au fil du temps. Dans le monde normal en revanche, je me suis retrouvée confrontée à des milliers de personnes qui fonctionnent avec leur propre schéma."

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Il y a les mots de Natasha Kampush et puis il y a tous ses gestes que décrit la journaliste. Natasha Kampush va interrompre l'entretien à plusieurs reprises, une première fois pour s'enlever du vernis à ongles, une autre fois pour s'en remettre, une autre fois encore pour se faire lire toute la carte des desserts et commander une énorme part de gâteau viennois. "Son exceptionnelle force intérieure ne la rend pas forcément sympathique ou touchante, plutôt étrange et fascinante", écrit L'Express.

Un mot qui fâche : "gaulois"

"Nos ancêtres les Gaulois". Pas un journal qui ne revienne ce matin sur les propos de Nicolas Sarkozy, lundi 19 septembre au soir. "Le plus surprenant, souligne Sébastien Lacroix dans L'Ardennais, c'est en fait l'emballement autour de ce qui n'est qu'une petite phrase". "Par Toutatis !!!", s'exclame Alain Dusart dans L'Est Républicain. "Comment la classe politique et médiatique peut-elle à ce point se laisser entraîner ? Sarkozix laboure, sème et sature l'opinion d'un engrais nauséabond. On est dans une caricature totale." 

C'est, pour Jean-Michel Servant du Midi Libre, "une bêtise aussi grosse que les menhirs d'Obélix."  "Comment un homme aussi intelligent peut-il s'abandonner à ce genre de propos totalement stupide, inutile et pervers ?", s'interroge Jean-Claude Soulery dans La Dépêche du Midi. "Sans doute Sarkozix a -t-il un peu forcé sur la potion", ironise Xavier Brouet dans Le Républicain Lorrain

Et puis c’est la chronique du Figaro "Un dernier mot" : "Gaulois, adjectif, visiblement dès qu'on le prononce ça barde." Étienne de Montety rappelle qu'au 19e siècle, gaulois signifie joyeux, franc et droit. "Ces qualités sont elles si détestables qu'on dénie aux Français des origines gauloises et que pour cette référence Sarkozy se fasse gauler par la patrouille?"

Cela dit L'Obs et Le Monde révèlent ce matin que l'ancien président risque d'être rattrapé par une autre patrouille. Il pourrait en effet être entendu dans l'affaire des sondages de l'Élysée, à la demande de l'association de lutte contre la corruption Anticor.

Un autre mot qui fâche ? "Religion"

Oui et ça aussi c'est à lire dans Le Figaro, qui nous rappelle qu'un petit fait dessine toujours une époque. Depuis des siècles, lorsqu'un jeune magistrat prenait rang parmi ses pairs, il prêtait serment devant ses collègues réunis en audience solennelle et il jurait alors de "garder religieusement le secret des délibérations". Eh bien c'est fini. 

Par une loi du 8 août 2016, l'adverbe "religieusement" a été supprimé de la formule du serment ; il avait pourtant un sens clair. D'après le Larousse, "religieusement" signifie au sens figuré "avec recueillement ou de façon scrupuleuse". "Trop désuet", ont estimé les parlementaires. "Le gout de la précision, le sens des nuances se perdent si on ne les exerce pas", écrit Guillaume Perrault. C'est ça l'appauvrissement du langage, le renoncement à l'exactitude, ce que Paul Valery appelait "la fatigue de l'idée nette".

Heureusement il y en a encore des idées nettes

Oui et heureusement il y a encore sur cette terre des hommes comme Hubert Reeves qui accorde un long entretien à Télérama cette semaine. À l'occasion de sa nomination à la tête de l'agence française de la biodiversité, il y parle du grand tout et du petit rien de sa passion pour la possibilité d'une vie sur une autre planète, de son premier livre dont personne ne voulait. Pensez-vous, l'astronomie, ça n'intéresse personne.

"Astronomie et écologie sont les deux volets d'une même idée, dit-il. L'astronomie explique comment nous sommes arrivés sur terre. L'écologie comment y rester dans de bonnes conditions. Il donne des conférences sur la protection de l'environnement à la fin desquels le public vient toujours lui demander 'mais qu'est ce qu'on peut faire nous'. Vous ne pouvez rien pour l'Amazonie. Mais si vous possédez un terrain, si petit soit-il, c'est vous qui décidez d'y préserver la nature, d'éviter les pesticides." 

Hubert Reeves a planté chez lui, en Bourgogne, une forêt millénaire : des séquoias, des cèdres. "Ce sont mes amis. J'ai besoin, dit-il, de prendre des bains d'arbres, puis je vais m'asseoir sur un banc que l'on a mis au bord de l'étang et que j'ai baptisé 'le banc du temps qui passe', un banc ou s'asseoir pour laisser le temps passer."

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