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Des patients d'une maison de retraite affirment être privés de douche

Faute de personnel et de moyens les conditions de vie de certains résidents de l'Ehpad de Paimbœuf sont particulièrement difficiles.

Une personne âgée (image d'illustration)
Une personne âgée (image d'illustration) Crédit : AFP / JEAN-LOUP GAUTREAU
Eleanor Douet
Eléanor Douet

La situation dans l'Ehpad de Paimbœuf, en Loire-Atlantique, s'aggrave de semaine en semaine. Résidents et personnels soignants dénoncent des conditions déplorables, au point qu'en juin, la CGT a lancé un appel à la gréve suivi par plusieurs agents, comme le rapporte Ouest-France.

Le manque d'effectif, pointé du doigt par tous, entraîne une organisation compliquée où le temps manque aux soignants qui ne peuvent plus assurer tous les soins et accorder de l'attention à tous les pensionnaires.

"On me couche à 17 heures, pour des questions d'organisation du personnel. Plus tôt que les bébés¿! Le matin, on me lève de plus en plus tard, souvent vers 11 heures. Ça fait court comme journée !", se révolte Juliette Abellan, 85 ans, dans les colonnes de Ouest-France. L'octogénaire affirme également ne pas avoir pu prendre de douche "depuis trois semaines".

Un ennui difficilement supportable

De plus, le quotidien régional explique que les dimanches et jours fériés, où le nombre d'aides-soignantes est encore plus faible, les résidents doivent rester au lit toute la journée. Le matin, seuls 5 aides-soignantes sont disponibles pour s'occuper des 58 résidents. "Nous disposons de quinze minutes pour la toilette de chaque personne", se désole une aide-soignante.

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"C’est la chaîne. On n’a pas le temps de discuter et pourtant, elles sont très en demande. S’il y avait plus d’échanges, il y aurait moins d’antidépresseurs et de somnifères", regrette-t-elle. Un animateur permanent explique : "On estime qu’un résident dort huit heures, a quatre heures trente de soin et, au mieux, deux heures d’animations. Le reste ? C’est un ennui que nous-mêmes, on ne supporterait pas."

Dans quelques années, c’est moi qui serai résidente ici. Et je n’ose pas imaginer dans quelles conditions.

Une aide-soignante dans l’établissement depuis 34 ans
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Pour renforcer le pôle animation, trois "personnes en service civique" devraient bientôt arriver dans l'Ehpad, assure le directeur, Thierry Fillaut. Difficile de savoir si ces recrues changeront la situation et redonnera le moral aux résidents et personnels.

"Il y a des résidentes qui travaillaient là. Elles m’ont formée. Et maintenant j’ai honte de la manière dont on les traite. Dans quelques années, c’est moi qui serai résidente ici. Et je n’ose pas imaginer dans quelles conditions", glisse une aide-soignante dans l’établissement depuis 34 ans.

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