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Des "miraculés" des attentats de Paris racontent

REPLAY - Des survivants témoignent de leur soirée de cauchemar du 13 novembre à Paris.

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Les "miraculés" des attentats de Paris racontent Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

"Nous sommes restés allongés face contre terre au milieu de la salle... La chaussure d'un homme, couché devant moi, me touchait le visage. Une balle l'a atteint, nous avons continué de faire les morts. Quelqu'un a ordonné aux gens de se lever avant d'abattre ceux qui avaient eu la naïveté d'obtempérer. Nous étions entourés de morts et de blessés, mais il était impossible de venir en aide à quiconque, la terreur nous déshumanisait." 

L'écrivain Nicolas Stanzick est un rescapé de la prise d'otage du Bataclan, un "miraculé" dit-il, avec sa femme. Pas une blessure, pas une égratignure après 1h40 passée face contre terre dans la fosse de la salle de spectacle. Il raconte sa nuit de cauchemar dans le numéro spécial de Paris Match en kiosque ce matin.

Au-delà du récit, les photos feront sans doute débat. Faut-il montrer ces corps mutilés, le sang sur le trottoir d'un café, ce bras transpercé d'une balle? La plus belle photo de Match s'étale sur une double page, celle du public du Bataclan à 21h vendredi 13 novembre. On y voit 1500 personnes prises en photo depuis la scène, un verre de bière à la main, ou faisant les cornes du diable avec leur doigt, ils sourient, c'est la fête. La photo est belle, mais terrible parce qu'on reconnaît les visages que l'on voit sur les avis de décès.

Ce sont les visages de la "génération Bataclan" comme le titre Libération ce matin. Didier Péron dans son article "La jeunesse qui trinque" lie l'attentat contre Charlie Hebdo et les attaques de vendredi. Deux générations ont été visées. Tirer à bout portant sur Cabu 76 ans, Wolinski 80 ans et Bernard Maris 68 ans, "c'était pas de pitié pour les rieurs et pas de respect pour les ancêtres". Les événements de vendredi ont décimé un autre genre de public. Même scénographie de l'irruption violente, dans une rédaction le 7 janvier, dans une salle surchauffée vendredi, comme pour "surprendre et punir un collectif en train de prendre du plaisir ensemble", écrit-il. On a le sentiment qu''une génération naît et meurt la même année". Un gamin peut ainsi s’être fondu dans l’immense cohorte du 11 janvier et s’être fait tuer dix mois plus tard.

Bons souvenirs du Bataclan et solidarité à l'étranger

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La rédaction du Figaro se remémore les concerts mythiques auxquels ont assisté ses journalistes au Bataclan. Olivier Nuc se souvient de Bashung en 2003, Stéphane Durant de Motörhead en 81. "Excellent concert, acouphènes atroces pendant une semaine". Il cite Maurice Ravel : la musique c'est comme l'amitié ça sert à rien.
 
Oui, mais on va en avoir besoin des amis et de la musique, toutes les musiques. À Londres le Daily Telegraph a choisi de mettre en une les paroles de la Marseillaises pour inciter les supporters anglais à la chanter mardi 17 novembre à Wembley avant le match Angleterre-France.

"La France incarne tout ce que les fanatiques religieux haïssent : la jouissance de la vie sur terre", écrit un lecteur du New York Times cité par Slate. "Une tasse de café, accompagnée d'un croissant, un matin, de belles femmes en robes courtes souriant librement dans la rue..." Pour lui Paris c'est aussi "le droit de ne pas croire en Dieu, de ne pas s'inquiéter des calories, de flirter et de fumer, d'aller à l'école gratuitement, de jouer, de rire, de débattre. Paris, on t'aime, tu guériras, parce qu'aimer la vie fait partie de ce que tu es."

Annuler notre mariage, c'était laisser gagner les terroristes.

Sandrine et Martin
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Aimer la vie c'est continuer aussi à se marier, comme Sandrine et Martin à la mairie d’Argenteuil samedi. "Annuler notre mariage, c'était laisser gagner les terroristes" disent les mariés dans Le Parisien. Il y a ceux qui se marient et ceux qui se séparent. Le Huffington Post raconte l'histoire de ce couple qui s'est disputé à la terrasse du restaurant La Belle Équipe rue de Charonne vendredi soir. Il a quitté la table, elle est partie régler l'addition quand la Seat noire est arrivée et les terroristes ont abattu tous les gens dehors. L'histoire ne dit pas si les deux miraculés se sont depuis rabibochés mais c'est tout le mal qu'on peut leur souhaiter.

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