2 min de lecture Société

Dépakine : le gouvernement annonce la mise en place d'un fonds d'indemnisation

Commercialisée par Sanofi, la Dépakine serait responsable de malformations chez le fœtus, de troubles autistiques et de retards de développement chez l'enfant à naître.

Une jeune femme enceinte de 5 mois (illustration).
Une jeune femme enceinte de 5 mois (illustration). Crédit : NICOLAS MESSYASZ/SIPA
Félix Roudaut
Félix Roudaut
et AFP

Le gouvernement réagit au scandale de la Dépakine. Plus de 14.000 femmes enceintes auraient pris cet antiépileptique entre 2007 et 2014. Commercialisé par le laboratoire Sanofi depuis 1967, il serait responsable de malformations chez le fœtus, de troubles autistiques et de retards de développement chez l'enfant à naître, comme l'avait révélé Le Canard Enchaîné. 10% des enfants dont la mère prenant ce traitement pendant la grossesse seraient touchés. Sous la pression des familles, le ministère de la Santé a annoncé mercredi 24 août la mise en place d'un fonds d'indemnisations pour les victimes qui devrait être voté au Parlement d'ici la fin de l'année. 

Sanofi avait réagi à l'étude en rappelant que la prescription du valproate, substance active de la Dépakine, était déconseillée chez les femmes enceintes pendant l'intégralité de la période couverte par l'étude. Commercialisée dans l'Hexagone depuis 1967, la Dépakine est pointée du doigt, à l'instar de tous les médicaments à base du fameux valproate de sodium. La raison de l'inquiétude : un risque élevé, de l'ordre de 10%, de malformations congénitales, mais aussi d'un risque accru d'autisme et de retards intellectuels ou de la marche pouvant atteindre 40% des enfants. 

8.701 enfants exposés au valproate entre 2007 et 2014

Les malformations engendrées par la Dépakine, connues depuis 1980, porteraient principalement sur le cœur, les reins, les membres, la colonne vertébrale et incluent des becs de lièvre. Quant aux risques neuro-développementaux, il ont commencé à émerger dans le courant des années 1990. Mais il aura fallu attendre 2006 pour que le médicament soit déconseillé en cas de grossesse et 2014 pour que l'ensemble des risques soient répertoriés. 

Une étude menée par l'agence du médicament sur cette substance a été présentée mercredi à l'Association d'aide aux parents d'enfants souffrant du syndrome de l'anticonvulsivant (Apesac). Celle-ci révèle que 8.701 enfants sont nés vivants entre 2007 et 2014 après avoir été exposés in utero au valproate, sans préciser toutefois la présence de troubles qui auraient pu résulter de cette exposition. Un point qui fera l'objet du second volet de l'étude, qui devrait être rendu public à la fin de l'année ou au début de l'an prochain. Marine Martin, présidente de l'Apesac, évoque quant à elle 50.000 cas

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Parmi les mesures annoncées mercredi par le ministère de la Santé figure un pictogramme, réclamé par l'Apesac pour alerter sur les dangers du traitement. Il sera apposé sur les boîtes de médicaments, en plus des mentions d'alerte déjà existantes. Le ministère a également promis dans les six mois un dispositif permettant de prendre en charge "en totalité" par l'Assurance maladie les soins des patients reconnus dans le cadre d'un "protocole de dépistage et de signalement". 

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