3 min de lecture Santé

La France compte de moins en moins de médecins généralistes

CARTES INTERACTIVES - Si la France n'a jamais compté autant de médecins, les médecins généralistes sont pourtant de moins en moins nombreux avec un chiffre en baisse de plus de 10% depuis 2007 révèle l'Atlas 2015.

Le nombre de médecins généralistes baisse dans la majorité des départements français
Le nombre de médecins généralistes baisse dans la majorité des départements français Crédit : Fanny Bonjean / RTL.fr
Fanny Bonjean
Fanny Bonjean
et AFP

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, les qualifie de véritables "pivots" du système de santé. Les médecins généralistes sont pourtant de moins en moins nombreux en France révèle l'Atlas 2015 de la démographie médicale publiée ce mardi 16 juin par le Conseil national de l'ordre des médecins (Cnom).

En 2015, ils sont 58.104, un chiffre en baisse de 10,3% depuis 2007, lorsqu'on recensait 100 médecins généralistes pour 100.000 habitants, contre 88,7 aujourd'hui. Pire encore, la tendance devrait se poursuivre avec environ 54.000 généralistes en 2020 estime le Cnom.

Plus de médecins, mais beaucoup de retraités

Un paradoxe alors que les médecins n'ont jamais été aussi nombreux en France, qui comptait 281.087 médecins, actifs et retraités, au 1er janvier 2015, soit 1,7% supplémentaire par rapport à l'année précédente. Néanmoins, ce chiffre ne correspond pas à la réalité de ce que les patients peuvent trouver, puisque 65.548 d'entre eux sont retraités. France Info relève néanmoins qu'ils sont de plus en plus nombreux à continuer d'exercer, leur nombre ayant plus que doublé en 4 ans à plus de 14.600 l'an dernier.

Par ailleurs le nombre des médecins en activité régulière, c'est-à-dire exerçant au même endroit, hors remplaçants ou temporairement sans activité, s’élevait début 2015 à 198.365, en légère baisse par rapport à l'année précédente (198.760).

Une profession de plus en plus féminine et de plus en plus vieillissante...

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Autre point notable, la féminisation de la profession se poursuit, 58% des médecins venant de s'inscrire à l'Ordre des médecins sont des femmes, avec une moyenne d'âge de 33 ans, et constitue désormais 45% de la profession. Une bonne nouvelle pour les malades, puisque le docteur Patrick Romestaing, vice-président du Conseil national de l'Ordre estime sur France Info qu'"elle s'impliquent très clairement, notamment en tant que généralistes".

L'Atlas 2015 révèle également que les médecins en activité régulière vieillissent. Plus du quart (26,4%) ont 60 ans ou plus et la moyenne est de 51,5 ans. L'âge médian (autant de médecins sont plus jeunes et autant plus âgés) est passé de 40 ans en 1990 à 53 ans en 2015.

... et de moins en moins bien répartie

L'édition 2015 de l'Atlas confirme de fortes disparités régionales. Huit régions seulement affichent une densité médicale supérieure à la moyenne nationale de 281,4 médecins pour 100.000 habitants. Comme en 2014, la Picardie est la région la moins bien dotée, avec 230,9 médecins pour 100.000 habitants.

La région Provence Alpes-Côte d'Azur, qui possède la plus forte densité, enregistre 352 médecins pour 100.000 habitants, devant l'Île-de-France (346,3). Néanmoins, la région francilienne enregistre la plus forte baisse d'effectifs entre 2007 et 2015, avec le départ de 1.835 médecins (-6%). Le département de Paris explose toutes les statistiques, en représentant 40,2% de la baisse.

La faute, entre autres, au prix de l'immobilier "devenu trop cher comparé au prix de la consultation à 23 euros" explique sur le site du monde.fr le docteur Jean-François Rault, président de la section santé publique et démographie médicale de l’Ordre. "De ce fait, les jeunes qui sont formés en Île-de-France préfèrent s’expatrier" regrette-t-il. Par ailleurs, les loyers exorbitants poussent les jeunes médecins, qui "ont de plus en plus tendance à essayer de concilier leur qualité de vie et leur profession", à s'installer hors de la capitale qui ne veulent plus subir les transports en commun souligne Jean-François Rault. Ils préféreraient ainsi partir vers d'autres régions "où il bon vivre".

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