4 min de lecture 11 novembre

De l'art du camouflage pendant la Première Guerre mondiale

Dissimuler les canons de l'armée française pendant la Première Guerre mondiale par des toiles peintes. Telle a été l'idée d'artistes français de l'époque qui ont réussi à convaincre l'état-major français.

Revue de Presse - La Revue de Presse Amandine Bégot iTunes RSS
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La Revue de Presse du 11 novembre 2016 Crédit Média : Marie Guerrier | Durée : | Date : La page de l'émission
Marie Guerrier
Marie Guerrier et La rédaction numérique de RTL

Pendant la Première Guerre mondiale, des artistes français ont fini par convaincre l'état-major de l'intérêt de dissimuler les canons pour que l'ennemi ne les repère pas. Comment ? Avec des toiles peintes ! En ce 11 novembre, date de l'armistice, Le Midi libre raconte l'histoire de Guirand de Scevola, un artiste originaire de Sète, qui avant la guerre s'était illustré comme portraitiste, avant d'être mobilisé. Sous les drapeaux, il rencontre un peintre lorrain, Louis Guingot. Guingot avait observé un caméléon qu'il gardait dans son atelier - de l'art de se fondre dans le paysage - et voir les soldats français monter au front dans leur pantalon rouge garance l'avait profondément ému.

Mais ce n'est pas aux uniformes que les deux artistes vont s'attaquer. Ils vont proposer de recouvrir les pièces d'artillerie, ces canons qui brillent au soleil, de toiles peintes pour qu'ils ne puissent plus être repérés du ciel par les ballons d'observation. En février 1915, le premier atelier de camouflage est créé à Toul. D'autres artistes seront recrutés, notamment Pinchon, le dessinateur de Bécassine. Et en août 1915, le général Joffre lance officiellement l'unité des camoufleurs, avec le caméléon pour emblème.

Des jeunes entretiennent aujourd'hui le souvenir de la guerre 14-18

Cette période ne doit jamais être oubliée, dit Kevin, 19 ans. Il raconte dans La Voix du Nord que son grand-père s'est engagé à 17 ans alors que lui, aujourd'hui, est devenu garde d'honneur à l'ossuaire de Notre-Dame de-Lorette. Louise, elle, a 16 ans. Elle appartient à  un groupe qui s'appelle les "passeurs de mémoire" et qui organise des lectures de textes sur la guerre. "C'est en sachant d'où l'on vient que l'on sait où on va" estime Louise. Ce matin, il va y avoir une reconstitution à Dunkerque. Nicolas, la trentaine, va enfiler un uniforme de poilu. Son arrière grand-père a été blessé au Chemin des Dames et quand il était petit, son père l'emmenait sur le champ de bataille de Vimy.

Il y a quelques année, pour les jeunes, honorer le 11 novembre était ringard nous dit Dominique Dubois, président d'une association qui entretient la mémoire. Il a longtemps redouté un trou de génération concernant ce devoir de mémoire. Alors comment expliquer cet intérêt aujourd'hui ? Outre l'effet indéniable du centenaire, dit-il, la jeunesse a compris après la mort des derniers poilus que la transmission du souvenir allait passer par elle. Et puis il constate que les attentats terroristes qui ont frappé la France en 2015 ont eu un vrai impact. Le territoire national a été longtemps épargné par les conflits et le terrorisme a rappelé à tous, y compris aux jeunes, que la paix n'était pas éternelle.

La vie et rien d'autre...

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C'est la Une de M, le magazine du Monde. Comme le film de Bertrand Tavernier dans lequel Philippe Noiret est chargé, en 1920, de recenser les soldats disparus dans les tranchées. Il croise notamment la route de Sabine Azéma, qui cherche son mari et l'espère vivant. "La vie et rien d'autre", ce titre à la Une du magazine M, on le voit écrit sous les nouvelles lettres rouge de l'enseigne du Bataclan, à la façade fraîchement repeinte.


Tous vos hebdomadaires racontent d'ailleurs le 13 novembre. L'année d'après, les rescapés, leurs récits émouvants, souffrants, terrifiants... Comme si c'était hier, écrit La Croix, avec cette question : comment reprendre le cours de sa vie. Certains ont déjà trouvé la voie, d'autres pas. L'Obs s'est intéressé plus particulièrement à des couples : l'amour après le Bataclan. L'Express, de son côté, a suivi ceux qui sont partis. Pour eux, Paris ce n'est plus possible, leur vie s'écrit ailleurs désormais.

Y aura-t-il un monument pour se souvenir ?

Dimanche, six plaques commémoratives seront dévoilées à Paris sur les lieux des attaques du 13 novembre 2015. Le texte sera le même sur chacune d'entre elle explique Le Figaro. "Aux vies fauchées en ces lieux", suivi des noms par ordre alphabétique.

Les associations de victimes, "Life for Paris", "13onze15 Fraternité et Vérité" auraient aimé aller plus loin. Elles ont demandé un monument à la mairie de Paris. Pour l'instant, la ville a simplement lancé un groupe de travail. Dans le fond, les élus craignent un nouvel attentat, écrit le Figaro. Et il faudrait tout repenser, et puis il y a le choix de l'emplacement. Alors le parallèle est évident en ce 11 novembre avec les monuments aux morts érigés après la Première Guerre mondiale. Un monument, cela fige la trace d'un drame, analyse l'historien Denis Peschanski, spécialiste des questions de mémoire. Il estime qu'entre 1918 et aujourd'hui, les choses ont changé. "Nous avons adopté l'idée de résilience. On souffre puis on dépasse et, dans une certaine mesure, on surmonte les événements". 

L'historien, assisté d'un neuropsychologue, s'est lancé dans le recueil de témoignages de 1,000 personnes touchées par les attentats de novembre. Il les reverra en 2018 et deux autres séries d'entretiens sont prévues en 2021 et 2026. Une démarche nouvelle, un processus continu pour une mémoire non pas figée, mais vivante.

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Dissimuler les canons de l'armée française pendant la Première Guerre mondiale par des toiles peintes. Telle a été l'idée d'artistes français de l'époque qui ont réussi à convaincre l'état-major français.
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2016-11-11 09:54:59
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