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COP21 : on aurait négocié pour rien depuis un an

REPLAY - 195 pays négocient depuis lundi à Bonn, en Allemagne, pour préparer le texte de l'accord de Paris sur le climat. Ce matin, les observateurs du climat sont plutôt inquiets.

La COP21 s'ouvre le 30 novembre à Paris
La COP21 s'ouvre le 30 novembre à Paris
Crédit : PATRIK STOLLARZ / AFP
COP21 : on aurait négocié pour rien depuis un an
02:58
Virginie Garin & Édouard Nguyen

Les négociateurs ont travaillé toute la nuit et sont partis se coucher pour la plupart assez désespérés. Le rêve de Laurent Fabius est en train de tourner au cauchemar. Laurent Fabius, qui va présider en décembre la conférence de Paris, avait un scénario idéal : tout devait être bouclé avant. Le texte qui devait sauver le monde devait être pratiquement écrit car il y a des négociations depuis le début de l'année et les chefs d'État n'avaient plus qu'à se réunir pour faire une belle photo d'un moment historique.


À Bonn cette semaine, 195 pays ont négocié sur ce texte. Cependant, on assiste à un dialogue de sourds. Certains pays, notamment les pays pauvres parlent même de retour en arrière. On aurait négocié depuis un an pour rien. Pour l'instant, tout ce qui fâche est mis entre parenthèses et repoussé à Paris.

C'est l'argent qui bloque

Les pays pauvres, d'Afrique surtout, ne signeront pas si les pays riches refusent de les aider. En effet, l’enjeu de Paris est d'inciter ces pays à se mettre aux énergies vertes. Ce sont eux qui vont se développer, qui vont avoir la croissance. À Dakar, par exemple, les autorités ont prévu de construire une centrale à charbon, car cela coûte moins cher que d'investir dans le solaire. Et les Sénégalais veulent bien, à condition qu'on les aide parce que ça coûte plus cher. Au total, il faudrait trouver 100 milliards de dollars par an pour aider les pays en développement.

Pourtant, les États-Unis et l'Europe ont déjà promis de l'argent. François Hollande a annoncé 5 milliards d'euros pour la France. Cependant, les pays pauvres n'y croient absolument pas. Ils accusent les pays riches de bricoler les chiffres, d'annoncer de grosses sommes qui sont en fait sous forme de prêts qu'ils devront rembourser un jour. Pour l'instant pas question pour eux de signer un accord à Paris. 

Très peu de chef d'États pourraient se déplacer à Paris

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Les pays les plus durs en affaires sont les pays pétroliers. Un accord sur le réchauffement du climat signifiera qu'ils devront changer de modèle économique, de se passer un jour du pétrole et de ne produire que des énergies renouvelables d'ici la fin du siècle. Évidemment, ça les embête. L'Arabie Saoudite et l'Iran, cette semaine, ont tout fait dans les couloirs pour que les discussions restent au point mort.

L'accord de Paris est donc mal parti. Aujourd'hui, ce sont des fonctionnaires qui négocient et s'ils n'arrivent pas à avancer avant ce soir, ce sera au ministre en décembre de finir le travail et on se retrouvera dans la même situation qu'à Copenhague en 2009, qui a fini par un fiasco. Il ne restait plus assez de temps. Alors la France peut redouter une chose : que très peu de chefs d'États finalement se déplacent à Paris. À quoi bon, si c'est pour assister à un enterrement ? François Hollande est inquiet. Il est peut être en train de prendre un peu ses distances avec le sujet. Sur RTL, vous l'avez remarqué lundi, il a à peine évoqué le climat, le jour où commençaient les négociations de Bonn.

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