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Comment une association française veut rendre l'art "paritaire"

Les femmes sont peu (voire pas du tout) représentées dans le monde de l'art. Une association lutte contre cette sous-représentation. Explications.

La peintre française , Sonia Delaunay, en mars 1975 dans son appartement de Nice
La peintre française , Sonia Delaunay, en mars 1975 dans son appartement de Nice
Crédit : RALPH GATTI / AFP
La peintre française , Sonia Delaunay, en mars 1975 dans son appartement de Nice
Marché au Minho (1916) - Sonia Delaunay
La sculpture araignée "Maman" à Washington -  Louise Bourgeois
"L'arc de l'hystérie" - Louise Bourgeois
Niki de Saint Phalle
"Fontaine avec quatre nanas" - Niki de Saint Phalle
"Nana noire" - Niki de Saint Phalle
La peintre française , Sonia Delaunay, en mars 1975 dans son appartement de Nice Crédits : RALPH GATTI / AFP
Marché au Minho (1916) - Sonia Delaunay Crédits : Flickr / Pedro Ribeiro Simões
La sculpture araignée "Maman" à Washington - Louise Bourgeois Crédits : STEPHEN JAFFE / AFP
"L'arc de l'hystérie" - Louise Bourgeois Crédits : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Niki de Saint Phalle Crédits : DSK / GEORGES BENDRIHEM / AFP
"Fontaine avec quatre nanas" - Niki de Saint Phalle
"Nana noire" - Niki de Saint Phalle Crédits : FRANK PERRY / AFP
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Arièle Bonte
Arièle Bonte

"Il n' y pas d'art féminin", mais il y a des artistes femmes, souvent peu montrées, parfois tardivement reconnues ou simplement oubliées : l'association AWARE veut changer cela en écrivant une histoire de l'art "paritaire".

Cherchez un peu dans vos livres de littérature, d'art ou de cinéma et vous constaterez vite que les femmes y sont très peu (voire pas du tout) représentées. "Sonia Delaunay a attendu un demi-siècle pour sortir de l'ombre de son époux Robert. Louise Bourgeois avait 96 ans lorsque le Centre Pompidou lui a consacré sa première rétrospective", rappelle la cofondatrice de l'association, Camille Morineau, directrice des expositions et des collections de la Monnaie de Paris.

D'où l'idée de créer un fonds documentaire pour faire connaître les œuvres des femmes artistes de la fin du XIXème et du XXème siècles. Le principal outil d'AWARE (Archives of Women Artists Research and Exhibitions) pour mener à bien sa mission est son site internet bilingue. Ce dernier propose biographies, articles de recherche, compte-rendus d'exposition, agenda... Une nouvelle version sera par ailleurs mise en ligne à la mi-juin.

Chercheurs, historiens d'art, organisateurs d'expositions ont également accès à un centre de ressources (livres, catalogues, documents) dans les nouveaux locaux de l'association à Paris.

Une histoire que personne ne connaît

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Fondée par sept femmes aux parcours divers (experte-comptable, écrivaine, avocates, violoniste), AWARE organise également des tables rondes et des colloques en partenariat avec des universités et centres de recherche - le prochain sera consacré à l'histoire des sociétés de femmes artistes et des expositions collectives.

"Une histoire que personne ne connaît", relève Camille Morineau, qui a été commissaire de l'exposition Niki de Saint Phalle au Grand Palais en 2014-2015 et a conçu l'accrochage.

L'association, qui propose aussi des visites régulières dans les musées autour des artistes femmes, a décerné en février dernier à Laëtitia Badaut Haussmann son premier prix AWARE (doté de 10.000 euros). Les femmes sont en effet beaucoup moins primées que les hommes : 20 à 30% seulement des lauréats des distinctions les plus prestigieuses de l'art contemporain comme le Prix Marcel Duchamp en France ou le Turner Prize en Grande-Bretagne.

Une vision de l'actualité traité avec plus d'acuité

Malgré son coût, AWARE a fait le choix d'une diffusion en français et en anglais : "Les traductions, c'est notre plus gros budget. Le second c'est celui des illustrations sur le site internet, car nos payons tous les droits pour reproduire les œuvres des artistes", relève Camille Morineau, qui a reçu le soutien de la Fondation Chanel et de la société de conseil Theano Advisors.

La place des femmes dans l'art contemporain est également au programme de la Monnaie de Paris. Camille Morineau prévoit une exposition collective tous les deux ans environ sur un moment historique ou un thème "que les femmes ont traité avec plus d'acuité". À vos agendas !  

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