3 min de lecture Tueur en série

Ces femmes tombées amoureuses des plus grands tueurs en série

Patrice Alègre, Guy Georges, Francis Heaulme... Les plus grands tueurs en série connaissent un grand succès auprès de certaines femmes, en dépit des atrocités qu'ils ont commises.

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Ces femmes tombées amoureuses des plus grands tueurs en série Crédit Image : PASCAL PAVANI / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Isabelle Choquet édité par William Vuillez

Ils ont tué, violé, torturé... mais elles les aiment. Ce ne sont pourtant pas des tordues, ces femmes-là, Marie par exemple, canadienne d'une quarantaine d'années, séduisante, a craqué pour "le Patrice" comme elle l'appelle, Patrice Alègre, condamné à la perpétuité pour 5 meurtres et 6 viols. "Mon projet de vie n'était pas de tomber en amour avec un meurtrier en série", dit-elle dans l'Obs. C'est comme ça, elle ne va pas "s'arracher le cœur", dit-elle.

Leur histoire a débuté il y a trois ans. Marie avait repris des études de psychologie au Canada et devait contacter trois tueurs en série. Elle en choisit un en France, au hasard : Patrice Alègre, estampillé "prédateur urbain". Ils échangent des lettres, il lui raconte son enfance cabossée, il dit qu'il regrette, qu'il s'est sevré aussi, plus de drogue, plus d'alcool. Elle ne reconnait pas le tueur assoiffé de sang décrit dans les journaux. 

Quelques mois plus tard, Marie s'installe en France, elle rend visite au prisonnier. Et là, elle tombe franchement amoureuse. "C'est quelqu'un de très gentil, de très attentionné", dit-elle. "Je sais que c'est difficile à croire mais je ne me suis jamais sentie aussi respectée. Il n'a rien à voir avec les autres tueurs. Je l'aime parce que c'est lui, cela n'aurait pas pu être un autre", poursuit-elle.

Même ferveur pour Guy Georges

Marie n'est pas un cas isolé. Aux États-Unis, le phénomène est même très organisé : il existe des sites internet pour permettre aux groupies de discuter avec les criminels. Un genre de Meetic pour condamnés à mort. En France, c'est tout le contraire, l'administration pénitentiaire filtre les courriers. Et des lettres, il y en a et ça ne date pas d'hier. Il y a un siècle déjà, Landru, le "Barbe-Bleue de Gambais", avait reçu près de 800 demandes en mariage et 4.000 courriers énamourés.

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Patrice Alègre n'a pas le même palmarès mais il plaît aux femmes. Il leur plaisait avant, et sa condamnation n'y a rien changé. On en a vu plus d'une à ses côtés. Des femmes structurées et même une femme de policier. "Alègre a un regard doux, un pouvoir de séduction évident. Quand on ne sait pas ce qu'il a fait, c'est indétectable", dit un de ses avocats. 

Même ferveur pour Guy Georges, "le tueur de l'Est parisien", "la bête de la Bastille". Sept victimes, violées et égorgées. À son procès en 2001, la cour d'assises de Paris était bondée et il y avait une quinzaine de jeunes femmes qui ne manquaient jamais un audience. Elles lui faisaient passer des lettres d'amour. À la barre, il a tout avoué, elles sont restées quand même.

Une envie de transformer "le monstre"

On pourrait parler aussi de cette richissime américaine, ancien mannequin, qui a entretenu une relation pendant 8 ans avec Francis Heaulme. Elle n'était pas amoureuse, dit-elle, amourachée peut-être, mais fidèle. Elle aussi a assisté à son procès. Il lui avait demandé de lui faire un petit signe, en précisant : "Vous me reconnaîtrez, j'aurai une chemise à manches courtes". Elle l'a fait... 

Ce phénomène dérangeant a un nom : l'hybristophilie, l'attirance pour un individu qui a commis le pire. Et ça s'explique de plusieurs façons. D'abord l'attirance pour la transgression, sans trop de risque, puisque le tueur est emprisonné. La relation se limite souvent à des lettres, on est dans le fantasme. Il y a aussi une envie de notoriété, d'exceptionnel. Et une envie de transformer "le monstre". "Ce désir de réparer un être abîmé est incroyablement puissant", dit un psychiatre. Pour lui, il y a chez ces femmes une fragilité narcissique. "En réparant l'autre, on se répare soi-même".

Serial killers, serial lovers, article à lire dans l'Obs, cette semaine.

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