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"Ça a créé un précédent" : pourquoi les violences en marge de la mobilisation du 17 octobre sèment le doute sur les manifestations à venir

Le sociologue Jean-François Amadieu analyse sur RTL les différences entre les violences commises lors de cette journée du 17 octobre et celles qui ont eu lieu lors de précédentes mobilisations.

Du gaz lacrymogène place de la République à Paris, le 17 octobre 2026

Crédit : Matthieu RONDEL / AFP

Mobilisation du 17 octobre : Jean-François Amadieu, sociologue spécialiste des mouvements sociaux, est l'invité de RTL

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Laurène Rocheteau

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Des vitrines brisées, des magasins vandalisés, pillés, des bâtiments municipaux incendiés ou saccagés... Les violences ont marqué les manifestations de ce samedi 17 octobre, journée de mobilisation contre la vie chère. Si les violences marginales ne sont pas étrangères aux mouvements sociaux de grande ampleur, le sociologue Jean-François Amadieu explique sur RTL en quoi cette mobilisation marque un tournant pour les futures manifestations en France. 

Il note déjà des violences au caractère "complètement inédit" par leur localisation : "Ce n'est pas la première fois qu'en France, il y a des violences de ce type. La nouveauté par rapport à ce qu'on connaissait quand même, c'est que les émeutes urbaines sont dans les centres-villes, ce n'est pas dans les banlieues, comme on l'avait déjà connu à au moins deux grandes reprises." 

Le sociologue, spécialiste des mouvements sociaux, note aussi que les violences ont cette fois eu lieu "dans beaucoup de villes moyennes, et ça, c'est un élément complètement inédit". 

Les symboles du pouvoir ciblés

La cible de ces violences constitue également un point nouveau dans ces mouvements sociaux : "D'habitude, l'ultra-gauche s'attaquait aux symboles du capitalisme", vandalisant des commerces comme des banques ou des restaurants de fast-food en marge des manifestations. Mais lors de la mobilisation du 17 octobre, c'est "le symbole de l'État ou de la République" qui ont été ciblés. "En l'occurrence, c'est les communes, c'est les mairies auxquelles on va mettre le feu". La mairie de Limoges a ainsi été incendiée et la résidence préfectorale de Bordeaux a été saccagée.  

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Si elles sont inédites, ces scènes de violence ne sont pas une surprise, estime Jean-François Amadieu : "Ça fait déjà pas mal d'années qu'on se demande quand ça finira par arriver. D'une certaine manière, c'était presque prévisible". Mais surtout, cela pose la question des futures mobilisations : "Il y a un point qui va être important, c'est de savoir ce qui va se passer le 5 novembre, ou lors des prochaines manifestations. Parce que là, on a créé une sorte de précédent assez important", conclut le sociologue. 

D'autant que les prochaines mobilisations devraient être assez fréquentées : "Tout concourt à ce qu'il y ait d'autres manifestations importantes parce qu'il y avait beaucoup de monde hier." Les autorités, qui prévoyaient à l'origine 110.000 manifestants à travers le pays, ont dénombré hier 550.000 personnes mobilisées, tandis que les organisations syndicales en ont compté 800.000. "Par conséquent, ça incite les organisations politiques ou syndicales à reconduire ce type de journée."

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