"Il n'y a, hélas, aucun survivant". François Hollande a confirmé la disparition des passagers du vol AH 5017 d'Air Algérie, ce vendredi 25 juin, à l'issue d'une réunion de crise à l'Élysée. Parmi les victimes se trouvent 54 Français. Une vingtaine de familles sont endeuillées en France. Comment peut-on affronter ces heures terribles ?
"Ce qui est compliqué pour ces familles, c'est l'incertitude", explique Hélène Romano, responsable de la Cellule d'Urgence du Val-de-Marne et spécialiste en pscyhotraumatisme. "À partir du moment où les débris sont retrouvés, cela signifie que l'on va pouvoir commencer à trouver des explications. Cela peut être long, mais déjà, on a une certitude, ce qui n'est pas toujours le cas selon les catastrophes", détaille-t-elle.
Hélène Romano estime que "le deuil commence à la réaction avec la disparition de l'avion et se confirme avec l'annonce qu'il n'y a aucun survivant. C'est un processus qui prend du temps. Il faut beaucoup de temps pour supporter l'absence. On n'accepte jamais, il faut supporter".
Selon cette spécialiste en pscyhotraumatisme, "on a des familles qui sont pluri-endeuillés avec plusieurs de leurs membres qui sont décédés dans le vol. C'est extrêmement compliqué pour eux. Autre difficulté, c'est que l'on n'aura pas les corps", ajoute-t-elle.
Certaines familles ont donc le souhait se rendre sur le lieu du crash pour faire leur deuil et "c'est important de respecter cette demande. Cela peut être important pour se convaincre que l'événement s'est bien produit", reconnaît Hélène Romano.
La responsable de la Cellule d'Urgence du Val-de-Marne explique que cette méthode est violente par rapport au fait de découvrir les lieux via des photos. "On est passif face à l'image alors que sur place on a l'impression d'être acteur et de ne pas subir les choses", explique-t-elle.