Au milieu du chaos, leur courage a été exemplaire. Spectateurs, voisins, policiers, agents de sécurité, ils étaient tous anonymes avant les attaques de Paris et de Saint-Denis. Qui sont ces personnes qui ont su faire face, malgré le danger et l'horreur de la situation ?
L'un des héros de ces attaques est commissaire de police. Vendredi 13 novembre, lorsque le Bataclan est attaqué par un commando de trois terroristes, le policier, alerté, décide d'entrer dans la salle de spectacle accompagné de son chauffeur. L'un des terroristes le vise, mais les deux policiers réussissent à s'abriter. Le commissaire riposte, touche le terroriste. Celui-ci s'écroule par terre tandis que sa ceinture d'explosifs se déclenche. Les deux hommes s'enfuient alors, pris pour cible par les deux autres assaillants.
Dimanche 15 novembre, un internaute a également posté sur Facebook un message adressé à un certain Bruno. "Un homme a sauvé la vie de ma femme hier au Bataclan en la cachant sous des fauteuils et en la protégeant de son corps. Il s'en est tiré. Il ne la connaissait pas. Il s'appelle Bruno et nous aimerions le remercier. Qu’il nous contacte, moi ou Edith. Faites tourner et partagez, on ne sait jamais", a-t-il écrit. L'homme a finalement été retrouvé grâce au message sur le réseau social.
Selon les derniers éléments de l'enquête, les kamikazes qui se sont fait exploser aux abords du Stade France à Saint-Denis avaient initialement pour objectif de pénétrer dans l'enceinte du stade. Ils se seraient cependant fait refouler, "poliment mais fermement", par les agents de sécurité. Selon le Wall Street Journal, qui a recueilli le témoignage d'un stadier présent le soir du match France-Allemagne, l'un des terroristes étaient même muni d'un billet valable pour le match. Des éléments qui sont cependant contredites par plusieurs journaux, dont l'agence de presse AFP.
Arnaud Beldon, commissaire de police dans l'Eure (Normandie), a également fait preuve d'un courage exceptionnel selon les personnes présentes dans la salle. Alors qu'il avait été touché par une balle dans le dos et qu'il était à terre, sombrant dans l'inconscience, le policier aurait continué à crier aux autres personnes de s'échapper, raconte le journal La Manche Libre. Transporté en urgence à l'hôpital des armées de Clamart, l'homme est grièvement blessé à la colonne vertébrale.
Il est 21h20 à Saint-Denis lorsqu'une détonation retentit dans la rue Jules Rimet, à proximité du Stade de France. Isabelle, qui travaille dans un des camions de vente de produits dérivés disposés autour du stade, entend la détonation. Elle court alors jusqu'au Quick pour prévenir son équipe, qui prenait sa pause repas, comme le relate le JDD. C'est alors qu'une seconde explosion retentit : son patron est blessé au pied. Isabelle l'emmène alors dans un restaurant japonais, transformé en hôpital de fortune pour venir en aide aux autres blessés.
Isabelle était en train de prendre l'apéro chez elle, au 42, boulevard Voltaire, lorsqu'elle entend des coups de feu dans la rue. Elle prend alors conscience de la gravité de la situation quand elle aperçoit, par la fenêtre, un homme "blessé qui se tenait le ventre", comme elle le raconte au JDD. Elle décide alors de descendre dans la rue, pour mettre l'homme à l'abri dans le hall de son immeuble. "Je suis d'abord allée chercher des compresses puis des serviettes tellement il perdait de sang", explique-t-elle. Elle est en suite remontée dans son appartement et a signalé la présence de l'homme aux secours en leur cirant par la fenêtre.