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Attentats à Paris : les confidences de l'ex-fiancée de Salah Abdeslam

L'ancienne compagne du fugitif le plus recherché d'Europe s'est confiée pour la première fois, auprès d'un hebdomadaire belge.

Salah Abdeslam est "qualifié d'ennemi numéro un" par la presse belge.
Salah Abdeslam est "qualifié d'ennemi numéro un" par la presse belge.
Benjamin Hue
Benjamin Hue

À la question "Vous ne voulez pas lui conseiller de se rendre ?", la réponse est sans appel : "Je pense qu'il préférerait encore mourir". La fiancée de Salah Abdeslam, le fugitif le plus recherché d'Europe, soupçonné d'avoir participé activement à la préparation des attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, s'est confiée pour la première fois dans la presse. Interrogée par le chercheur flamand spécialiste du jihadisme Montasser Alde'emeh pour l'hebdomadaire belge Knack (un entretien traduit par le site francophone LeVif), la jeune femme revient sur les dernières semaines passées auprès du terroriste recherché pour sa participation présumée aux attaques qui ont fait 130 morts et plusieurs centaines de blessés dans la capitale française.

L'influence d'Abdelhamid Abaaoud

Wardah (nom d'emprunt) raconte les débuts de leur relation, lorsqu'elle était âgée de 15 ans et lui de 18. "Salah vivait sa vie, comme la plupart des jeunes, ici, à Molenbeek. Il sortait avec ses amis presque tous les soirs". Parmi eux se trouvait Abdelhamid Abaaoud, cerveau présumé des attaques et membre du commando des terrasses, tué le 18 novembre lors de l'assaut policier contre un appartement de Saint-Denis. À l'époque, celui qui n'était pas encore une figure des jihadistes francophones de l'État islamique passait l'essentiel de son temps "assis sur une chaise, devant le magasin de son père, à jauger les passants". Wardah estime qu'il a eu une mauvaise influence sur Salah Abdeslam. "J'en voulais beaucoup à Hamid, du fait que Salah faisait moins attention à moi. Il n'avait de respect pour personne. Jusque là, Salah n'avait jamais eu de problème avec la loi".

Selon elle, c'est à partir de la moitié de l'année 2014 que son compagnon commence à montrer des signes d'intérêts pour la Syrie. Fin 2014, il tente de la convaincre de rallier le Levant avant de se raviser et de mener une vie normale en apparence. Jusqu'au 10 novembre, où ils dînent en tête-à-tête pour la dernière fois, trois jours avant les attentats. "Je voyais bien que ça ne tournait pas rond. Il n'avait pas très faim et semblait malheureux mais il me disait de ne pas m'en faire. Nous avons parlé de notre avenir et du mariage. Je lui ai dit que ça m'inquiétait quand il disparaissait parfois sans crier gare, et qu'il ne faisait rien pour retrouver un boulot fixe. J'ai commencé à pleurer. Lui aussi. Il m'a dit que s'il ne parvenait pas à m'épouser dans cette vie, on se marierait au paradis. J'ai demandé ce que ça voulait dire mais il rejetait toutes mes questions en répétant que ça allait très bien. Et puis, d'un coup, il était pressé d'y aller", se souvient-elle.

Trois jours avant les attaques, un dernier tête-à-tête poignant

Lorsque le nom de son conjoint est apparu dans les médias dans la foulée des attentats, Wardah "ne pouvait pas y croire". "C'était vraiment impossible. Je l'aurais plutôt cru parti là-bas, en Syrie ! Ma mère s'est évanouie en apprenant la nouvelle. Quant à mon père, il fulminait et me reprochait ce choix abominable", explique-t-elle. Elle assure avoir tourné la page, "il n'y a plus rien entre nous, je romps officiellement nos fiançailles", et lui adresse un dernier message. "Oh Salah, Pourquoi ? On aurait pu construire une belle vie ensemble. Ce n'était pas ton rêve quand tu as pris ma main pour la première fois ? Ton amour pour moi n'était-il pas plus fort que la haine en toi ? J'ai honte pour toi ! Peu importe ton implication dans les attentats. Pense aux victimes de Paris".

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Des éléments du procès-verbal de la compagne de Salah Abdeslam, auditionnée le 16 novembre par les policiers, avaient déjà été révélés dans la presse à la fin du mois de décembre. Décrivant sa relation avec son compagnon, qu'elle avait dépeint comme "un fêtard, qui s'amusait tous les week-end, fumait des pétards et sortait en boîte", la jeune femme avait déjà évoqué cette étrange crise de larmes survenue trois jours avant les attaques alors qu'ils dînaient dans un restaurant bruxellois. "Plutôt que de me rassurer comme il le faisait habituellement, il s'est aussi mis à pleurer (...) On a à peine mangé tellement il y avait d'émotion", avait-elle assuré. Le lendemain, Salah Abdeslam l'a prévenue qu'il s'absentait quelques jours. Elle n'a plus jamais eu de nouvelles depuis.

Un rôle clé dans la préparation des attentats

À ce jour, Salah Abdeslam est soupçonné par les enquêteurs d'avoir au minimum joué un rôle de logisticien dans les attaques du 13 novembre. Le jeune Belge a utilisé son nom pour louer divers véhicules et appartements lors de la préparation des attentats. Il a également été aperçu dans plusieurs pays européens les mois précédents accompagné de plusieurs hommes également recherchés par les forces de l'ordre. Les enquêteurs ont établi qu'il était présent dans le XVIIIe arrondissement le soir des attentats. Ils tentent toujours de déterminer s'il a convoyé les kamikazes du Stade de France et s'il a renoncé à une attaque dans le XVIIIe, qui n'a jamais eu lieu mais était évoquée dans la revendication de l'État islamique. Salah Abdeslam est introuvable depuis le 14 novembre, lorsqu'il a fait l'objet de plusieurs contrôles routiers lors de son exfiltration vers la Belgique.

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