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Attentats à Paris : les rescapés peuvent avoir le syndrome du survivant

REPLAY / REPORTAGE - La culpabilité du rescapé est douloureusement vécu par les personnes qui ont échappé à la mort alors que d'autres sont morts. Rencontre avec un survivant de la tuerie du Bataclan.

Le Bataclan à Paris après les attentats du 13 novembre 2015
Le Bataclan à Paris après les attentats du 13 novembre 2015
Crédit : JACQUES DEMARTHON / AFP
Attentats à Paris : les rescapés peuvent avoir le syndrome du survivant
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Céline Landreau & Loïc Farge

Le 13 novembre dernier, Jean-Baptiste était dans la salle du Bataclan avec son frère cadet. Ils ont ont pu sortir après les premier tirs. Le plus jeune a été légèrement blessé par une balle. Jean-Baptiste, lui, n'avait rien. Depuis il n'a pas voulu être pris en charge, malgré le traumatisme. Il le dit d'emblée : "J'ai eu de la chance, beaucoup de chance". Il raconte, la voix nouée, les quelques minutes d'horreur vécues ce soir-là : le son des kalachnikovs, la position fœtale pour tenter d'éviter les balles et la fuite alors que les terroristes montent à l'étage.

"Sur tout le long de la sortie, je ne suis pas sûr que mon frère puisse me suivre. J'essaie de garder un oeil sur lui et un œil vers la sortie. On essaie de faire attention", explique-t-il. "À un moment je me retourne, je vois ce KO dans le Bataclan. J'aperçois une personne allongée par terre sur les marches qui mènent vers la sortie. Je me dis : est-ce qu'elle est vivante ? Est-ce que je peux l'aider ?", poursuit-il. "Mon frère me fait signe pour me dire qu'il me suit (...) À ce moment-là on est un peu égoïste, on oublie les autres. L'important c'est nous", avoue-t-il.

Culpabilité

Ne pas avoir été un héros, n'avoir sauvé personne. La culpabilité est parfois très forte chez les rescapés. Cela fait partie de ce que les médecins appellent le syndrome de Lazare ou le syndrome du survivant. Ne pas savoir pourquoi on s'en est sorti soi. Ne pas non plus se considérer comme une victime à part entière, parce qu'on a survécu, sans même être blessé. "On était dedans, on est témoin de ce qui s'est passé, mais on est en bonne santé. Je dirais que je suis un rescapé  et un survivant, cela passe aussi. Mais on est quand même très chanceux dans cette histoire", reconnaît Jean-Baptiste.

Au lendemain de l'attentat, Jean-Baptiste est parti chez ses parents, loin de Paris, pour faire retomber la pression. Mais n'a pas souhaité faire de démarches malgré ses proches qui l'y incitaient. Il n'a pas appelé le numéro vert (0800 40 60 05) pour se faire recenser comme victime. Il n'a pas non plus voulu aller voir les cellules psychologiques. Et il n'est pas le seul. D'autres rescapés n'ont pas voulu se manifester pour l'instant. Cela inquiète parfois leurs proches, démunis face à de telles situations.

Multiplication des consultations

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Les symptômes peuvent aussi apparaître plus tard. "Ce sont des symptômes que l'on rencontre dans des états de stress post-somatique, d’hyper-vigilance, de flash-back, de cauchemar", explique le docteur Gaëlle Abgrall-Barbry, spécialiste des psycho-traumatismes. "Parfois il y a des symptômes psycho-traumatiques qui surviennent des mois, voire des années plus tard, à l'occasion d'une réactivation d'une situation de stress", ajoute-t-elle.

Dans son service de l'hôpital Tenon, les consultations se sont multipliées depuis les attentats. Parmi les patients : des riverains de l'Hyper Cacher, théâtre de la prise d'otages en janvier dernier., et chez qui les symptômes se sont réveillés après le 13 novembre.

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