3 min de lecture Daesh

Attentats à Paris : le père d'un des kamikazes avait tenté, en vain, de ramener son fils de Syrie

Le journal "Le Monde" révèle avoir rencontré le père de Samy Amimour, l'un des assaillants du Bataclan, il y a plusieurs mois.

Des membres de l'État islamique (photo d'illustration).
Des membres de l'État islamique (photo d'illustration). Crédit : TAUSEEF MUSTAFA / AFP
Charlie Vandekerkhove
Charlie Vandekerkhove
Journaliste RTL

Samy Amimour, 28 ans, est l'un des kamikazes impliqués dans l'attaque du Bataclan, vendredi 13 novembre au soir à Paris. Depuis les faits, on en a appris un peu plus sur cet homme, né à Paris et originaire de Drancy, et qui faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international. On sait notamment qu'il était parti en Syrie en 2013. Lundi 16 novembre, le journal Le Monde a republié un article, paru en décembre 2014 dans son magazine M, dans lequel un père de famille de 67 ans expliquait être allé en Syrie dans l'espoir de convaincre son fils de quitter les rangs de Daesh. En vain. Comme le précise le quotidien du soir avec l'article mis à jour, le fils en question n'était autre que Samy Amimour, le futur kamikaze.

"Sous les lumières verdâtres d’un centre commercial de la région parisienne, cet homme fluet, frigorifié malgré son chandail et son bonnet, admet aujourd’hui que rien ne s’est déroulé comme il l’avait imaginé", peut-on lire sous la plume de la journaliste qui a rencontré Azzedine, le père du terroriste. "Bien qu’il n’ait jamais perdu le contact avec son fils – ils se parlent au moins une fois par mois, sur Skype –, il n’avait pas mesuré l’emprise qu’exerce l’État islamique sur ses recrues." Un récit qui permet de saisir l'impuissance des familles, confrontés au départ d'un de leurs proches pour le jihad.

À 80 kilomètres d'Alep

À l'époque où paraissait l'article de MSamy Amimour se trouvait en Syrie depuis plusieurs mois. Son père, qui est parvenu à rejoindre la frontière turco-syrienne, a trouvé à son arrivée un fils indifférent et froid. Partagé entre la peur de voir son fils mourir en Syrie et celle de le voir emprisonné en France, Azzedine, franco-algérien, avait l'espoir d'exfiltrer son fils et de l'aider à refaire sa vie dans son pays d'origine. Il contacte son fils à son arrivée, et est conduit à lui, en compagnie de plusieurs candidats au jihad venus grossir les rangs de l'organisation terroriste. Sur place, à Minbej, situé à 80 kilomètres au nord d'Alep, le drapeau noir flotte, on le force à aller prier à la mosquée, et on lui permet finalement de voir son fils, mais accompagné.

Blessé, Samy Amimour refuse de se parler, d'expliquer. Il accepte de lire une lettre de sa mère, mais refuse les 100 euros que lui tend son père. Azzedine, qui veut comprendre malgré tout, s'entretient avec "des collègues" de son fils, qui lui montrent des images de leurs exactions. Il raconte à la journaliste du Monde que les pires sont les convertis, qui jouent les policiers dans les rues de la ville pour le compte de Daesh. Ils sont décrits comme "des mercenaires". Après ce voyage qui n'a servi à rien, comme il le comprendra seulement plus tard, Azzedine évoquait l'idée de se rendre à nouveau sur place avec sa femme. "Elle saura peut-être le convaincre", disait-il à la journaliste.

Une mère "morte de honte" quand son fils se fait arrêter

À lire aussi
Des hommes soupçonnés d'affiliation au groupe Etat Islamique (EI) dans la prison d'Hasakeh, en Syrie, le 26 octobre 2019 Daesh
La Turquie annonce qu'elle va renvoyer 11 jihadistes "d'origine française"

Sur le site de Libération, Jean-Christophe Lagarde, le maire de Drancy, parle de cette famille qu'il connaît bien. Il décrit la mère de Samy Amimour comme "une citoyenne modèle", très engagée dans la vie associative. Cette mère qui se dit "morte de honte" quand, en 2012, son fils est arrêté après un départ avorté pour le Yémen. Il sera mis en examen pour association de malfaiteurs, et placé sous contrôle judiciaire.

"Manifestement, ce gosse parfaitement intégré est tombé sous l’emprise des radicaux sans que personne ne parvienne à le rattraper", poursuit Jean-Christophe Lagarde, qui se souvient d'un adolescent "bien élevé, très timide, sportif". Les choses ont dérapé, semble-t-il, en 2011, quand il a commencé à fréquenter assidûment la mosquée du Blanc-Mesnil. Il a alors 22 ans, et un CDI à la RATP. "Je n’arrive plus à lui parler, il veut nous interdire la télévision, nous imposer le voile", déclare alors sa mère à des proches, comme l'explique Libération. L'année de son arrestation, il démissionne de son travail. Pourtant privé de passeport depuis cette interpellation, Samy Amimour rejoint la Syrie neuf mois plus tard.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Daesh Attentats à Paris Terrorisme
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants