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Attentats à Paris : comment Bernard Cazeneuve a traversé l'épreuve

DOCUMENT RTL - Il a été en première ligne ces dernières semaines. D'habitude plutôt austère, voire pudique, le ministre de l'Intérieur se livre autant que faire se peut chez un homme discret.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve
Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve
Crédit : AFP / Emmanuel Dunand
Attentats à Paris : comment Bernard Cazeneuve a traversé l'épreuve
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Dominique Tenza & Loïc Farge

Le week-end dernier, Bernard Cazeneuve était en déplacement à Strasbourg pour inaugurer le marché de Noël. "Nous sommes déterminés à gagner cette guerre et à assurer la protection du pays", lance le ministre de l'Intérieur. Au programme : la sécurité encore et toujours. "Je ne pense qu'à ça : les arrêter, les mettre hors d'état de nuire", nous explique-t-il d'emblée. "Je suis obsédé, insiste-t-il, dans l’obsession permanente de la minute d'après". D'ailleurs lorsque son téléphone sonne ou qu'il reçoit un SMS, il a toujours l'appréhension de regarder. "Et si ça recommençait ?" Depuis le 13 novembre, il ne dort presque plus : trois heures par nuit à peine. Pas question pour autant de se plaindre. "Les policiers, eux, donnent leurs vies. Alors on peut bien donner notre temps".

L'horreur se répète

Coïncidence tragique. Ce soir du 13 novembre, il venait de décorer deux employés de mairie à Montrouge qui avaient permis en janvier dernier d'identifier Amedy Coulibaly. Autant dire qu'il venait de revivre la période Charlie. De retour à Bauveau, il s'apprête à partir en week-end lorsque le préfet de police l'appelle. Deux explosions au Stade de France. Deux morts. Le ministre comprend immédiatement de quoi il s'agit. C'est l'effroi, l'horreur qui se répète à nouveau.

Dans un premier temps, comme des millions de Français, c'est d'abord l'émotion d'un père de famille. Bernard Cazeneuve a deux enfants : un fille de 16 ans et un fils de 20 ans. L'âge de sortir boire un coup, le vendredi soir en terrasse. "J'ai des enfants qui auraient pu être dans ces lieux. On transpose l'amour que l'on a pour ses enfants à l'amour qu'avaient pour leurs enfants tous ces parents qui sont aujourd'hui privés de ce qu'il y avait pour eux de plus cher. Nous sommes tous dans un immense chagrin", confie le ministre.

C'est rare de l'entendre parler de ses enfants, même si tout ça reste d'une pudeur extrême. Bernard Cazeneuve n'est pas le genre d'homme politique à étaler sa vie privée dans les magazines. Il en a conscience d'ailleurs. "Je sais que je peux paraître austère en apparence", avoue-t-il. Mais c'est une image qu'il assume. "Je suis très ému par le courage des Français. Et en même temps, ça ne doit pas se voir quand on a un rôle institutionnel. On doit garder au maximum pour soi ce que l'on éprouve, surtout si l'on a de la sensibilité". Est-ce son cas ? "Je crois", répond-il.

Une personnalité qui rassure

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C'est assez déconcertant cette voix toujours basse et monocorde, quelles que soient les circonstances. Une voix qui ne viendra jamais trahir cette souffrance intime dont il nous a parlé. Pourtant "je suis constamment submergé par l'émotion", nous explique-t-il, les yeux rougis. Avant de se justifier : "Peut-être parce que je suis vingt fois plus sensible qu'un homme politique normal, je suis forcé de prendre toute cette émotion sur moi".

Les Français, en tout cas, semblent apprécier cette réserve. Il suffit de le suivre quelques minutes pour s'en rendre compte. Les gens s'approchent, viennent lui parler. "Monsieur le ministre, merci d'être venu", lui lance un homme. "Je suis heureuse de vous rencontrer, et en plus vous faites des choses super en ce moment", renchérit une femme. La personnalité du ministre les rassure.

Apprécié aussi, le fait qu'il n'ait pas d'autre ambition que celle d'être à Bauveau. Il le dit d'ailleurs : "Je ne veux être ni premier ministre, ni président". Il précise : "Parfaitement à l'aise avec le tournant sécuritaire du quinquennat, je n'ai pas l'ambition d'être une icône de la gauche". Ce qui explique peut-être pourquoi, à gauche comme à droite, vous ne trouverez personne aujourd'hui pour en dire du mal.

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