4 min de lecture Attentats à Bruxelles

Bruxelles, Paris, Charlie, les terroristes, de frères de sang, à frères d'armes

REPLAY - Les frères El Bakraoui, Abdeslam, Kouachi... Le jihadisme devient parfois une affaire de famille.

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Attentats à Bruxelles : de frères de sang, à frères d'armes Crédit Image : DR | Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

Jour 2... Le jour 2 après un attentat, c'est celui où l'on commence à avoir le nom des victimes. Celui aussi où l'on continue à chercher les disparus. Parmi ces disparus ce matin, il y a David Dixon, un Britannique de 53 ans qui travaille à Bruxelles. Son visage souriant est à la Une du Times de Londres. David n’a plus donné de nouvelles à ses proches depuis mardi matin, 8h10, heure à laquelle il a envoyé un SMS  à sa tante pour lui dire qu'il était sain et sauf après les deux premières explosions. Il avait quitté l'aéroport de Zaventem juste à temps ... pour aller prendre le métro. Depuis l’explosion station Maelbeek, David n’a plus donné de nouvelle à ses proches. Londres a annoncé hier soir que quatre ressortissants britanniques faisaient partie des blessés, et qu’un autre manquait à l’appel : David.

En France, Patricia, elle est rassurée. Elle raconte au Parisien ce matin  comment elle a cherché sa sœur pendant de longues heures. Sa sœur Valérie, 55 ans, prend le métro tous les matins pour aller travailler à la Commission européenne. Mardi matin, comme pour David, elle n'a plus donné de nouvelles. Patricia s'est démenée depuis Paris en appelant la cellule de crise et les hôpitaux. Elle a finalement retrouvé sa sœur en lançant un appel à témoin sur Facebook. Valérie fait partie des huit blessés graves français. Elle souffre de graves brûlures, mais ces jours ne sont pas en danger.

Une même équipe

"La même équipe" titre Libération ce matin. "Le lien avec Paris établi", pour le Courrier picard. Les kamikazes de mardi, on les avait déjà-vu en novembre à Paris. Mais il y a une autre impression de déjà-vu avec un mot : frères. Les frères El Bakraoui font partie des trois kamikazes de Bruxelles, comme avant eux les frères Kouachi à Charlie hebdo, les frères Abdeslam à Paris, les frères Tsarnaev à Boston, les frères Merah a Toulouse, les frères al-Hazmi, pirates de l'air du 11 septembre, les Oulad-Akcha, poseurs de bombes de Madrid. Ça ne peut plus être un hasard.

Le Figaro.fr et le Huffington Post se demandent ce matin comment des frères de sang deviennent frères d'armes. Il y a d'abord la confiance aveugle, une garantie face aux services de renseignement. "Le sang ne ment pas. Quand on est frère, on ne peut pas se trahir",  résume un spécialiste

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Ces fratries ont aussi un point commun :  un contexte familial parfois chaotique. Des divorces dramatiques, des abandons, un père absent  dont le grand frère prend le relais pour exercer une autorité sur les autres, quitte à les entraîner dans la radicalisation.

Revoilà les questions sur l'Europe.

Les attentats bruxellois "font remonter à la surface une grande question déjà posée depuis les attentats de janvier 2015 : pourquoi l'Europe est-elle un géant aux pieds d'argile face à la menace ?écrit Dominique Greiner dans La Croix. Les auteurs des attentats "ont réussi à construire l'Europe de la terreur", face à laquelle "il est urgent de réaliser l'union sacrée de l'antiterrorisme", écrit Frédéric Vézard dans Le Parisien/Aujourd'hui en France

Le journal raconte le coup de colère de François Hollande et Manuel Valls contre l'Europe. "Il faut passer des mots aux actes, tourner la page de l'angélisme" ont-ils dit à Bruxelles. Un conseiller ajoute : "Après les attentas de Paris, on a encaissé sans gueuler mais l’Europe met trop de temps à prendre des décisions quand elle en prend".

Sur la page d'à côté, le Parisien liste "ces mesures à prendre d'urgence". La première : créer une agence européenne du renseignement, notre FBI. Sauf que pour cela, il faut faire collaborer des services jaloux de leurs secrets. Une source sécuritaire de Bruxelles se désole : "accorder 28 violons, c'est comme faire jouer ensemble un orchestre de sourd".

Une autre musique ce matin de l'autre côté de l'océan

C'est un événement pour nous, sans doute êtes-vous beaucoup à rêver d'y être demain, et pourtant pour la plupart des habitants de Cuba, ce sont des inconnus qui vont se produire sur scène demain à La Havane, Concert historique et gratuit des Rolling Stones. Qui ça ? "Non, je n'ai jamais eu de disque d'eux", dit un vendeur de CD à l'envoyé spécial du Figaro qui titre ce matin "La révolution cubaine des Stones". Un demi-siècle d'isolement et d'embargo a aussi créé un isolement culturel. Au début des années 1960, les rockeurs représentaient plus que tout une multinationale capitaliste et décadente dont les idées pouvaient entacher l'idéal révolutionnaire auprès de la jeunesse.

Si les élites ont pu écouter le groupe de Mick Jagger en cachette grâce à des disques piratés venus de Miami, la grande majorité des Cubains n'avait ni les moyens financiers, ni les équipements pour découvrir Satisfaction. Alors pour initier les 400.000 spectateurs attendus demain, le journal cubain Granma, organe officiel du Parti communiste a publié un hors-série pour expliquer qui sont les Stones.  "Avec leur venue, écrit le Figaro, le 25 mars marquera aussi symboliquement la fin d'une politique culturelle d'État à Cuba. Un air de jamais-vu.

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