3 min de lecture Études supérieures

APB, la plateforme d'admission post-bac de nouveau dans l'oeil du cyclone

Conçu pour simplifier les préinscriptions administratives des quelque 800.000 jeunes des filières de l'enseignement supérieur, le système APB laisse chaque année des étudiants aux portes de l'université.

Des étudiants dans un amphithéâtre de la Sorbonne (illustration)
Des étudiants dans un amphithéâtre de la Sorbonne (illustration) Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Les résultats du Bac connus, plus de 75% des élèves de terminale savent déjà où ils effectueront leur rentrée, en septembre. Sur les 762.000 lycéens ou étudiants en réorientation inscrits sur la plateforme admission post-bac, un peu plus de 80% avaient reçu une proposition à l'issue du premier tour au début du mois de juin. 530.000 d'entre eux y ont déjà répondu par l'affirmative et 20.000 autres jeunes ont accepté la proposition qui leur a été faite à l'issue de la procédure complémentaire permettant d'accéder aux places vacantes de certaines filières, rapporte le site internet de 20Minutes.

Quelque 100.000 jeunes sont encore sur le carreau. Ils devraient recevoir de nouvelles propositions d'ici le 14 juillet à la faveur des places libérées par les recalés du bac lors de la troisième phase d'APB, et d'autres d'ici le 9 septembre, dans le cadre de la procédure complémentaire, dans les formations pour lesquelles il reste des places. Le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur assure qu'à la fin de l'été, il y aura moins de candidats aux portes des études supérieures que l'an dernier où des milliers de bacheliers étaient passés entre les mailles du filet.

Des pastilles qui ne collent pas

Au mois d'août 2015, 7.500 bacheliers étaient encore sans inscription pour la rentrée après s'être vu refuser leurs choix de formation sur la plateforme APB. Le ministère a mis en place cette année un système de pastilles pour éviter que la situation se répète. Une pastille verte désigne les formation dont l'accès est garanti, une bleue les filières ouvertes pour lesquelles le candidat n'est pas prioritaire car elles ne sont pas proposées dans leur académie et une jaune les formations en tension (Staps, PACES, psycho ou droit).

Le ministère a demandé les étudiants à inscrire en premier vœu une filière signalée par une pastille verte, censée leur garantir une inscription dans une licence à l'accès libre dans l'académie d'origine du candidat à la rentrée. Selon L'Étudiant, "ce système a fait exploser le nombre de candidats dans certaines filières, notamment les licences d'économie-gestion ou sciences de la vie pour lesquelles il y a habituellement suffisamment de places pour accueillir tous les candidats de l'académie". 

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"Les licences à pastille verte sont celles où il y a le moins de candidats", regrette l'association Droits des lycéens auprès de L'Étudiant. Là, tout le monde s'est rué sur les mêmes". La Fédération des associations générales étudiantes (Fage) dénonce dans un communiqué "un rafistolage du système (...) pas en mesure de camoufler la réalité : faute d'investissement suffisant, nos universités ne sont pas en mesure , pour la rentrée 2016, de proposer une poursuite d'étude cohérente et choisie aux bacheliers".

Les étudiants triés par les facs ?

Les filières en tension sont cette année encore décriées. Malgré l'opposition des étudiants et des associations, des tirages au sort ont encore lieu dans certaines filières plébiscitées par les étudiants mais qui ne peuvent satisfaire toutes les demandes. Une décision de justice pourrait cependant faire boule de neige. Mi-juin, le tribunal de Bordeaux a jugé sans fondement légal le recours au tirage au sort pour départager les candidats et donné raison à un étudiant recalé des bancs de l'université. Selon les informations de Libération, le ministère de l'Éducation va faire appel de la condamnation afin de "prouver que la réglementation existe bel et bien". 

Censé garantir une égalité d'accès, sans sélection, aux universités pour les candidats, ce système est depuis quelques jours au coeur d'une controverse. Libération a décortiqué un guide destiné aux établissements du supérieurs qui prouve que ces derniers en font un instrument de sélection en privilégiant certaines universités, en excluant ou en faisant passer les étudiants en réorientation après les nouveaux bacheliers, en exigeant des dossiers pour certains filières et en permettant aux filières sélectives de générer des fichiers sur les élèves (nationalité, boursier, etc).

Quels recours pour les étudiants ?

Le ministère n'a pas encore réagi publiquement sur le sujet. La Fage invite d'ores et déjà les étudiants qui s'estiment lésés par APB à former des recours en justice. L'association Droits des lycéens a mis en ligne un Guide des recours vérifié par un avocat pour permettre à ces bacheliers "de contester les refus d"admission dans les formations en tension". L'association envisage de saisir le Défenseur des droits et la Cnil sur la question, rapporte Libération. D'ici là, les candidats en attente d'une place sur les bancs de la fac peuvent contacter le rectorat de leur académie et se tourner vers le dispositif SOS inscription mis en place par l'Unef pour la deuxième année consécutive pour les accompagner dans leurs démarches.

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