3 min de lecture Reportage

Allier : les patients d'un hôpital psychiatrique soignés en familles d'accueil

L'hôpital psychiatrique d'Ainay-le-Château forme des familles d'accueil pour qu'elles deviennent des accueillantes thérapeutiques pour les malades.

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Allier : les patients d'un hôpital psychiatrique soignés en familles d'accueil Crédit Image : RTL | Crédit Média : RTL | Date :
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Nicolas Burnens
et Ryad Ouslimani

À l'hôpital psychiatrique d'Ainay-le-Château, dans l’Allier, on soigne les malades depuis 100 ans en famille. RTL a passé plusieurs jours au sein de la famille Kriknoff, qui accueille deux patients. La journée commence par l’élaboration des repas de la semaine, avec Charlène, l’une des pensionnaires. Tout est soigneusement inscrit dans un petit carnet. La jeune femme de 27 ans est arrivée dans la famille depuis un an. Elle souffre de troubles dépressifs depuis l’adolescence, et occupe une chambre indépendante dans la maison

"On essaie d’équilibrer les repas, parce qu’ils prennent plaisir à cuisiner. On apprend plein de choses qu’on ne connaissait pas avant. Avant c’était des boites", explique Charlène. "Parfois Charlène prend son assiette en photo pour m’envoyer quand c’est prêt", raconte Sandy Krikmoff, accueillante thérapeutique. 

Chaque geste du quotidien est une épreuve. Se laver, s’habiller, manger, faire le ménage, prendre ses médicaments. Peu à peu, avec Sandy, Charlène apprend à vivre et retrouve une certaine normalité après un parcours douloureux. Elle s’habille désormais "comme une femme", après avoir été "un garçon manqué". 

Elle m'a fait changer ma vie

Charlène
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"Sandy m’a beaucoup aidée par rapport à ça. J’ai mûri", confie Charlène. "Elle avait peur de faire les choses par peur de mal faire. Donc aujourd’hui elle est vraiment autonome. Elle a pris beaucoup de caractère", confirme Sandy. Malgré les crises et le confinement, les deux femmes ont développé une relation très forte. 

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"Pour moi, Sandy ce n’est pas comme ma maman, mais ça se rapproche en fait", explique Charlène qui raconte avoir manqué d’affection maternelle, sa mère étant décédée très jeune. "Elle m’a fait changer ma vie" , assure la jeune femme. 

La résidente partage ainsi les sorties en famille et des fous rires. Des moments qui participent au côté thérapeutique de la famille d’accueil. "On n’est pas juste là pour donner les médicaments", explique Sandy. Les familles guident les malades dans leur évolution. 

 À Ainay-le-Château, être une famille d’accueil est une vocation mais aussi un travail à plein temps. Sélectionnées puis formées par l’hôpital, les familles ont un cahier des charges à respecter. Elles touchent une indemnité pour chaque patient. L’objectif est de favoriser au maximum la réadaptation et la réinsertion des patients dans la société. 

Ainsi, chaque malade est évalué avec la mise en place d’un protocole de soins adaptés. Plusieurs fois par semaine, Charlène se rend par exemple à l’hôpital pour participer à des cours d’ergothérapie sur prescription médicale. Elle confectionne un panier en osier, ce qui lui permet de constater que "malgré la maladie, on fait des choses quand même". 

L'espoir de quitter l'hôpital pour "réussir dans la vie"

Ces ateliers permettent de diminuer la prise de médicaments, et tout ce que les malades apprennent leur servira plus tard. "Ça permet de travailler plein de choses", explique Valérie, l’infirmière. "C’est de la minutie, c’est de l’observation, c’est de la mémoire. Vous serez toujours malade, mais au moins vous serez toujours capable d’être dans le monde de tous les jours, et qu’on ne vous mette plus une étiquette", détaille la soignante. 

Charlène garde l’espoir de quitter l’hôpital pour "réussir dans la vie". "Comme tout le monde travailler, gagner son argent, se marier, avoir des enfants, former une famille. Mon rêve, c’est de m’occuper de personnes handicapées. D’aller loin, super loin", espère-t-elle. 

Si tout va bien, Charlène pourrait s’installer dans quelques mois dans un appartement, seule, et commencer une formation. Sandy de son côté redoute beaucoup son départ. "Ça va être compliqué pour moi, pour les enfants, pour mon mari. On a vraiment créé des liens forts", confie-t-elle. Elle met en avant la perception des choses différentes de la part des résidents, qui lui ont appris la patience. 

Mais Sandy aura le sentiment du devoir accompli quand un malade arrive à porter son projet. Et après le départ de Charlène, elle a l’assurance de pouvoir accueillir une nouvelle personne, dans ce qui sera l’ancienne chambre de sa pensionnaire actuelle. 

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