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Agression antisémite à Marseille : le Consistoire israélite de la ville "incite" les juifs à enlever leur kippa

REPLAY / INVITÉ RTL - Zvi Ammar lance un appel "local" pour que les juifs de Marseille fassent preuve de vigilance en cette "période trouble".

Les juifs marseillais s'inquiètent après l'agression antisémite d'un professeur lundi 11 janvier 2016
Les juifs marseillais s'inquiètent après l'agression antisémite d'un professeur lundi 11 janvier 2016
Crédit : AFP
Agression antisémite à Marseille : le Consistoire israélite de la ville "incite" les juifs à enlever leur kippa
04:24
Julien Absalon
Julien Absalon

Les juifs de Marseille sont incités à ne plus porter leur kippa dans la rue "dans cette période trouble" et jusqu'à ce que "les choses se calment". L'appel a été lancé mardi 12 janvier par le président du Consistoire israélite de la ville, au lendemain de l'agression à la machette d'un enseignant juif par un adolescent turc affirmant avoir agi au nom avoir agi "au nom d'Allah" et du groupe État islamique. Au micro de RTL, Zvi Ammar indique avoir pris la décision "la plus dure" de sa vie. "Je n'ai qu'un seul but, celui de préserver la vie humaine. Il n'y a pas plus sacré. Devant les barbares qui n'ont peur de rien, il vaut mieux être plus intelligent", estime-t-il.

Zvi Ammar précise que son conseil n'est que "local" et concerne seulement les 70.000 juifs de la ville qui compte 855.000 habitants au total, ce qui constitue la deuxième communauté juive de France derrière Paris et sa région. "Je ne généralise pas sur le plan national et chacun prend les décisions qu'il souhaite", rappelle-t-il.

Un appel contesté

Le responsable communautaire juge ainsi nécessaire de faire preuve de pragmatisme. "On ne peut pas demander à l'État de protéger n'importe quel juif dans la rue. Ce n'est pas possible, il faut être sérieux. Le temps que l'État neutralise tous ces barbares, nous devons être plus vigilants et prudents", affirme-t-il sans manquer de faire part de sa "gratitude" envers le gouvernement et les forces de l'ordre.

Zvi Ammar reconnaît que sa décision "rappelle un peu les moments sombres de notre histoire". Pour autant, il refuse que sa communauté soit qualifiée de "juifs cachés de la République". Il tient d'ailleurs à rassurer les fidèles sur leur croyance en leur assurant que "ne pas porter la kippa ne veut pas dire cacher sa religion".

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Saluée par certains, cette décision a reçu un accueil mitigé voire négatif auprès des institutions juives de France. Le président du Crif, Roger Cukierman, a ainsi regretté sur BFMTV une "recommandation maladroite" et une "attitude défaitiste". Selon lui, "c'est donner la victoire aux jihadistes" et "aller trop loin". Le grand rabbin de France, Haïm Korsia, a quant a lui vu dans un cet appel un "cri d'émotion compréhensible". Mais il l'assure : "Nous ne devons céder à rien, nous continuerons à porter la kippa".

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