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Affaire Dépakine : vers un nouveau scandale pharmaceutique ?

"Le Canard Enchaîné" a publié une enquête sur la Dépakine, un médicament qui serait notamment responsable de troubles autistiques chez l'enfant dont la mère a pris ce traitement pendant la grossesse et pour lequel le laboratoire Sanofi, n'aurait pas pris les les précautions nécessaires.

La depakine, un medicament anti-epileptique pourrait etre la cause de malformations chez plusieurs centaines d'enfants.
La depakine, un medicament anti-epileptique pourrait etre la cause de malformations chez plusieurs centaines d'enfants. Crédit : LODI Franck/SIPA
Clarisse Martin
Clarisse Martin
et AFP

Plus de 10.000 femmes enceintes auraient pris de la Dépakine, entre 2007 et 2014, affirme Le Canard Enchaîné, se basant sur des chiffres figurant dans une étude menée par l'Agence du médicament (ANSM) et la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAMTS), dans son édition du 10 août 2016. 

Cet antiépileptique, commercialisé par le laboratoire Sanofi depuis 1967, est accusé d'être responsable de malformations chez le fœtus, de troubles autistiques et de retards de développement chez l'enfant à naître. 10 % des enfants dont la mère prenait ce traitement pendant la grossesse seraient touchés.

Mais la molécule en cause, le Valproate apparaît aussi dans d'autres médicaments comme la Dépakote, utilisée pour les personnes atteintes de troubles bipolaires. En France, entre 1 et 4 % de la population serait bipolaire.

L'hebdomadaire satirique affirme que les risques de malformation étaient connus depuis les années 80 et que les premières études scientifiques établissant le lien de causalité sont parues dans les années 90. À cette époque, les notices du médicament se contentent d'une formule lapidaire : "Prévenir rapidement votre médecin en cas de grossesse." 

Sanofi a manqué de "réactivité", pour les autorités sanitaires

En février 2016, L'Inspection générale des affaires sociales (Igas) a pointé un "manque de réactivité" de Sanofi dans son rapport, rendu à la demande de l'association Apesac (Association d'aide aux parents d'enfants souffrant du syndrome de l'anti-convulsivant). Et pour cause. Sanofi n'a pas adapté directement ses notices à destination du public, lorsqu'en 2006 le Vidal, l'ouvrage de référence des médecins, a mentionné le danger lié à la prise de Dépakine pendant la grossesse. Sanofi s'est borné à le "déconseiller" pendant la grossesse jusqu'en 2010, année durant laquelle la notice du médicament est devenue plus lisible et mettait en garde contre les risques de "malformation du fœtus", les "troubles du développement" et les "troubles autistiques chez l'enfant." Depuis 2015, les femmes en âge de procréer doivent donner leur consentement par écrit pour se voir prescrire de la Dépakine.

50.000 enfants auraient été affectés par la Dépakine depuis 1967

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Pour Marine Martin, présidente de l'Apesac, "c'est le travail de cinq années de combat" qui aboutit enfin. "Pendant des années, on nous a prises pour des allumées." Marine Martin, sous Dépakine depuis 1978, est mère de deux enfants handicapés. Son objectif ? "Que Sanofi assume les dégâts qu'il a délibérément causé et indemnise les victimes." À titre personnel, elle a intenté une action en justice en 2011 qui est encore en instance de jugement. Toutefois, en 2015, les experts ont établi un lien de causalité entre le handicap des enfants de Marine Martin et la prise de Dépakine.

 Contacté, le laboratoire Sanofi n'a pas souhaité s'exprimer sur l'affaire, affirmant ne pas disposer des données de l'étude conduite par l'agence du médicament. Une affaire qui n'est "qu'un début" pour Marine Martin, puisque selon ses estimations, 50.000 enfants auraient été affectés par la Dépakine, depuis la commercialisation du médicament en 1967.

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