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Accident de Brétigny : des aiguillages "non conformes" plusieurs mois après le drame

Plus de deux ans après le déraillement d'un train à Brétigny-sur-Orge, "Mediapart" révèle des écoutes téléphoniques concernant d'importants problèmes de maintenance, ignorés depuis le drame.

Le 12 juillet, le déraillement d'un train à Brétigny-sur-Orge a causé la mort de 7 personnes et fait plus 12 blessés graves et 160 blessés légers
Le 12 juillet, le déraillement d'un train à Brétigny-sur-Orge a causé la mort de 7 personnes et fait plus 12 blessés graves et 160 blessés légers Crédit : LIONEL BONAVENTURE / AFP
Ana Boyrie

Le déraillement du train à Brétigny-sur-Orge a causé la mort de 7 personnes le 12 juillet 2013. Mediapart a rendu public des écoutes téléphoniques. Ordonnées par les juges d'instruction d'Évry, elles révèlent entre autres de graves problèmes de maintenance, tels que les aiguillages qui un an après le drame seraient restés vétustes et "non conformes". C'est la seconde fois que la SNCF apparaît comme coupable. La compagnie ferroviaire avait été accusée d'entraver l'enquête judiciaire, chargée de faire la lumière sur le drame de Brétigny.

"En clair, malgré le choc provoqué par l'accident, la SNCF a, en connaissance de cause, laissé 350 trains par jour rouler sur des aiguillages pourris et non conformes", note Mediapart. Les aiguillages ne sont également pas démontés lors des grandes opérations de vérification, ce qui rend 60% des fissures indétectables.

Un bilan catastrophique

Régis Ambert, chef des experts de la maintenance dénonce "une multiplication des quasi-accidents" face à l'indifférence des équipes qui ne remplissent pas les fiches d'incidents et ne travaillent pas la nuit, une période pourtant propice à la réalisation d'opérations de maintenance lourdes. Il s'inquiète et alerte la direction pointant une maintenance "super mauvaise". Selon lui, le matériel est en "fin de vie", ce qui représente environ 300 défauts. L'étonnement est à son comble lorsque Mediapart constate de "la casse sur l'aiguillage tout neuf, qui a remplacé celui qui a causé l'accident". 

Une réduction de vitesse ignorée

Face à une telle situation, Christophe Bolhy, mandaté comme expert puis nommé patron du secteur, réclame une réduction de vitesse de 100 km/h sur l'ensemble de la gare de Brétigny. Il s'adresse à Pierre Izard, directeur général Technologie et Systèmes ferroviaires de la SNCF, sans succès. "Je l'ai dit à Izard. Alors il l'a noté, mais c'est tout", déplore-t-il. 

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Après quatre mois de débat, la SNCF se tourne vers un expert dont le bilan est accablant. "Faut arrêter ! Ça tape, faut voir comment ça danse et tout. Il y a une dizaine d'attaches manquantes, des attaches où tu tapes avec le pied et ça bouge". Le 7 juillet 2014, Guillaume Pepy annonçait alors une réduction de vitesse de ses trains sur la totalité des installations de Brétigny. Néanmoins, Mediapart met en garde sur la remise à neuf du site, qui devrait être faite d'ici 2019.  

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