3 min de lecture Droit des enfants

60 ans que SOS Villages d'Enfants accueille les enfants placés sans séparer les fratries

L'association SOS Villages d'Enfants célèbre ses 60 ans d'existence cette année. À l'occasion de la Journée internationale des droits de l'enfant, focus sur une association qui accueille les enfants placés sans les séparer de leurs frères et sœurs.

Paris, le 19 novembre 2010. 200 écoliers ont formé un SOS géant lors d'un événement organisé par l'association.
Paris, le 19 novembre 2010. 200 écoliers ont formé un SOS géant lors d'un événement organisé par l'association. Crédit : BERTRAND GUAY / AFP

60 ans que l'association SOS Villages d'Enfants oeuvre pour défendre et protéger les enfants que des accidents de la vie ont séparés de leur famille. À l'occasion de la Journée internationale des droits de l'enfant qui aura lieu le dimanche 20 novembre, il est important de souligner que les actions de cette association bénéficient à près de 1.000 enfants en France et plus d'un million à travers les actions de la Fédération internationale présente dans 134 pays du monde. 

La particularité de cette association ? Permettre aux enfants déjà séparés de leurs parents de pouvoir continuer de se construire aux côtés de leurs frères et sœurs. Une alternative au protocole rigide mis en place par l'administration qui consiste à regrouper les enfants orphelins, ou que les parents ne peuvent plus assumer, par tranches d'âges. Car ce dispositif provoque le déchirement de fratries. Une double peine pour ces petits qui doivent déjà accepter de vivre sans leurs parents.

Un premier village en 1956

C'est un certain Gilbert Cotteau qui, dès 1953, alors qu'il n'a que 22 ans, réalise ce que l'administration inflige aux fratries. Touché par ce problème, il s'est inspiré d'une initiative autrichienne qui regroupe les enfants orphelins de guerre dans des maisons familiales et a donné naissance, à peine trois plus tard, au premier village d'enfants SOS en 1956. Un village implanté à Busigny (Nord) et qui a pu voir le jour grâce à l'aide précieuse des amis de Gilbert Cotteau mais aussi par la mobilisation de l'inspection académique et des entreprises du département. 

Des "mères SOS"

Pour que son idée prenne vie, Gilbert Cotteau a dû, en plus de récolter des fonds, frapper aux portes de sa ville pour trouver des potentielles mères de substitution, baptisées les "mères SOS", et les convaincre de rejoindre son aventure. Aujourd’hui, les "mères SOS" vivent dans les villages d'enfants SOS, jour et nuit avec les fratries d'orphelins. Elles sont épaulées au quotidien par des "aides familiales" qui viennent alléger le travail parfois difficile qu'elles ont à mener. 

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Cette configuration, sorte de reconstitution d'un environnement familial, a pour objectif de favoriser le lien entre les frères et sœurs en leur permettant de vivre sous le même toit mais aussi de rétablir ou de maintenir un lien affectif et éducatif avec un adulte.

On a une maison, notre propre chambre, et le plus merveilleux, c'est que l'on retrouve les siens

Clarisse, prise en charge avec son frère dans un village d'enfants SOS
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"Le rôle des fratries est essentiel, car elles peuvent être figure d’attachement. Cela aide les enfants à se reconstruire", atteste la psychologue Michèle Philippet, investie dans l'association depuis plus de vingt-cinq ans. Des propos qui se confirment en pratique, à l'image du témoignage de Clarisse, prise en charge avec son frère dans un village d'enfants SOS : "On a une maison, notre propre chambre, et le plus merveilleux, c'est que l'on retrouve les siens, sa famille, on n'est plus tout seul (...) on n'a pas l'étiquette d'enfant placé. C'est surtout avec mon grand frère que j'ai tissé une relation forte (...) Mon frère m'a ouvert les yeux, il m'a écoutée, conseillée et guidée, je peux le dire... ce que je suis, je le lui dois !", confie cette petite fille. 

Un témoignage dans lequel beaucoup d'enfants pris en charge par SOS Villages d'Enfants se reconnaissent. Cela montre que la parole des enfants mérite une attention toute particulière. Leurs joies, leurs peines, leurs questionnements et les difficultés qu'ils rencontrent doivent être écoutés mais aussi, par dessus tout, leur besoin d'évoluer parmi leurs proches autant que cela est possible. En cette Journée internationale des droits de l'enfant, il est plus que jamais important d'écouter ce que les enfants ont à dire. 

Soutenez l’action de SOS Villages d’Enfants en faisant un don sur sosve.org ou envoyez DON5 par SMS au 92345 pour faire un don de 5€. 

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