2 min de lecture 1er mai

Les "Black Blocs", des revendications "d'abord politiques", analyse un spécialiste

INVITÉ RTL - Eddy Fougier, politologue et spécialiste des mouvements protestataires, analyse la mouvance "Black Blocs", responsable des affrontements en marge du 1er-mai.

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Les "Black Blocs", des revendications "d'abord politiques", analyse un spécialiste Crédit Image : Thomas SAMSON / AFP | Crédit Média : Julien Sellier | Durée : | Date : La page de l'émission
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Julien Sellier et La rédaction de RTL

1.200 "black blocs" ont affronté les forces de l'ordre en marge des défilés du 1er-mai. À Paris, de violents heurts ont pollué la manifestation syndicale. Cagoulés et de noir vêtus, ces groupes ont notamment incendié un restaurant McDonald's et commis de très nombreuses dégradations. Alors, qui sont ces "Black Blocs" ? 

"À priori, il s'agit de plusieurs mouvances. Il y a des individus, il y a différents groupes plus ou moins connus, plus ou moins visibles, qui ont recours à une technique de lutte lors de ces manifestations, qui s'appelle les 'Black Blocs'", détaille Eddy Fougier, politologue, spécialiste des mouvements protestataires, qui ajoute que "ce n'est pas un mouvement au sens strict".

Ce qui a notamment marqué ce 1er-mai, c'est le nombre de ces individus : 1.200 d'après la police, mais aussi leur organisation : ils ont pris la tête du cortège avec des slogans et des banderoles, "ce qui n'est pas nouveau", selon Eddy Fougier. "Ce qui est sans doute nouveau, c'est le fait qu'ils soient 1.200", alors que traditionnellement, "on est plus sur du 200 ou 300", détaille-t-il. Et de renchérir : "1.200 c'est, à mon sens, du jamais vu".

Quel mode opératoire ?

Arrivés de nulle part, sans être repérés, ils se regroupent en tête des défilés. Difficile de savoir comment ils communiquent et procèdent pour s'organiser. "Ce que l'on sait, c'est qu'ils sont relativement bien organisés. Il y a des appels à manifester sur différents sites spécialisés. Sur place, il y a recours aux téléphones mobiles avec un certain nombre de codes qui font que ces individus peuvent se déployer à différents endroits stratégiques", détaille le spécialiste.

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Les "Black Blocs" peuvent par ailleurs "recourir à des armes par destination", à savoir "des outils utilisés contre les forces de l'ordre", que ces individus ont "préalablement cachés dans la rue" sur le parcours du défilé, explique Eddy Fougier. Et de conclure : "Ils sont vraiment bien organisés en aval", mais également après les manifestations, notamment en ayant des contacts avec des avocats en cas de garde à vue.

Quelles motivations ?

Si leurs actions sont fortes, les revendications des "Black Blocs" peuvent rester floues. "Ils sont politisés pour la plupart", principalement "du côté de l'extrême gauche". Drapeaux anarchistes, destructions de symboles capitalistes - comme le McDonald's - "on est plutôt sur de l'ultra-gauche", analyse Eddy Fougier, des "mouvements antifascistes" et "autonomes", voire "anarchistes ou communistes au sens radical du terme".

Des revendications qui sont, selon le spécialiste, "d'abord politiques" donc, "en s'opposant au système, au capitalisme, à l'État et plus concrètement, bien sûr, à un certain nombre de réformes mises en avant par le pouvoir actuel", commente le politologue.

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