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11-novembre : un "poilu" enterré 106 ans après sa mort

CHRONIQUE - Grâce à la ténacité d'une association, une famille a pu enterrer ce jeudi à Massiges, Ferdinand Guers, un poilu tué le 25 septembre 1915 lors de la Première Guerre mondiale.

La stèle en hommage à Ferdinand Guers
La stèle en hommage à Ferdinand Guers
Crédit : Samuel Goldschmidt
11 novembre : un soldat enterré 106 ans après sa mort
04:18
Samuel Goldschmidt - édité par Thibault Nadal

Ce jeudi 11 novembre a été le théâtre d'une histoire extraordinaire. Après des décennies de recherche, Maryse Berger, la petite fille de Ferdinand Guers, un poilu de la Première Guerre Mondiale a enfin pu enterrer son grand-père... 106 ans après la mort de ce dernier.

Les obsèques se sont déroulés à la nécropole nationale du pont de Marçon au pied de la colline de la Marne, qui domine le village de Massiges, ancien camp de base de l'armée allemande entre 1914 et 1918. Pour enterrer Ferdinand Guers, Maryse Berger est venue d’Alès avec sa famille pour enterrer son grand-père. C’est désormais elle qui est la dépositaire de ses derniers effets : le casque Adrian avec l’impact de la balle au front ; la plaque d’identification, les deux pièces de 20 francs-or, un bouton d’uniforme de l’infanterie coloniale et le crayon de papier qui a peut-être servi à écrire la dernière lettre du soldat à sa femm

Pour immortaliser ce moment chargé en émotions, l'arrière arrière petite fille de Ferdinand Guers a lu une lettre, que le soldat avait envoyé à sa femme, le 21 septembre 1915. "J'arrose de mes larmes, cette lettre qui j'espère n'arrivera jamais, car tu ne peux pas comprendre toute l'énergie qu'il me faut pour t'écrire cela. Je vous couvre de sincères caresses et maintenant à la volonté de Dieu. Au revoir, doux baiser de Fernand Guers"

Mais ce que le poilu ignorait, c'est que cette lettre serait ses derniers mots envers sa femme Marie. En effet, il trouva la mort seulement quatre jours après, tué d'une balle en pleine tête. Un de ces amis au front, le soldat Guiberteau est témoin de cette mort et écrit à la femme de son ami décédé : "Votre mari a été atteint d'une balle au front, il ne souffrit pas et conserva un visage calme. Nous nous étions promis mutuellement d'avertir notre famille en cas de malheur".

Il aura fallu deux ans pour identifier le corps de Ferdinand Guers

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Pendant plus de cent ans, la famille recherche, le corps de Ferdinand Guers, en vain. Il faut attendre 2018 et la persévérance d'une association la Main de Massiges et d'un de leur bénévole, Emmanuel Bujon, pour qu'un miracle se produise.

Après des travaux, l'historien amateur retrouve un corps avec une balle dans le front, mais sur le moment, il n'y a rien qui permet d’identifier le cadavre. Mais c'est sans compter sur la ténacité d'Emmanuel Bujon qui met tout en oeuvre pour mettre un nom sur ce corps retrouvé. "En tout j'y ai passé deux ans, j'y retournais régulièrement pour trouver la dernière pièce du puzzle qui puisse permettre d'identifier le corps."

Et à force de courage, l'homme finit par réussir. Grâce à un orage, il retrouve la plaque ovale de Ferdinand Guers, ainsi que deux plaques en or de Napoléon que le soldat s'était cousu sur la manche de son bras.

Depuis 2008, dix poilus ont été retrouvés par la Main de Massiges

Aussitôt, Emmanuel Boujon contacte pour contacter la famille et en particulier Maryse Berger, la petite fille du défunt, qui au début n'y croyait même pas. "Quand nous on a appelé, on s'est mis à pleurer avec mon mari, on avait un espoir mais il était tout petit", avant d'expliquer qu'elle avait enterré son grand père en hommage à sa mère décédée il y a plusieurs années.

Encore aujourd'hui, beaucoup de familles n'ont toujours pas retrouvé leurs proches disparus lors de la Grande Guerre. C'est pour cela que des gens comme les bénévoles de la Main de Massiges et leur président Éric Marchal donnent autant de leur personne pour aider à l'identification des corps. "On a tous un grand père comme cette dame, donc c'est important pour les familles d'aider à retrouver les corps."

Depuis 2008, Eric et ses bénévoles ont permis de retrouver dix poilus dans leur secteurs, mais seulement deux ont pu être identifiés.

La stèle en hommage à Ferdinand Guers
La stèle en hommage à Ferdinand Guers
Crédit : Samuel Goldschmidt
La stèle en hommage à Ferdinand Guers
Les casque de Ferdinand Guers
Maryse Berger et le casque
La cérémonie en hommage à Ferdinand Guers
La stèle en hommage à Ferdinand Guers Crédits : Samuel Goldschmidt
Les casque de Ferdinand Guers Crédits : Samuel Goldschmidt
Maryse Berger et le casque Crédits : Samuel Goldschmidt
La cérémonie en hommage à Ferdinand Guers Crédits : Samuel Goldschmidt
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