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Renault : "Trois bombes" menacent l'alliance avec Nissan, dit François Lenglet

L'affaire Carlos Ghosn a exacerbé les tensions au sein du groupe Renault-Nissan. Selon François Lenglet, trois questions pèsent sur l'avenir de l'alliance.

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Renault : "Trois bombes" menacent l'alliance avec Nissan, dit François Lenglet Crédit Image : JOEL SAGET / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Noé Blouin

Le constructeur automobile Nissan est sur le point de se trouver un nouveau patron, mais il reste trois "bombes" qui menacent l'alliance du Nippon avec notre champion français, Renault. Jean Dominique Sénard, le président de l'alliance et président de Renault est ce lundi 7 octobre à Tokyo pour rencontrer les candidats japonais pour le poste de pilote de Nissan, après l'éviction de Saikawa. Ce dernier, le tombeur de Carlos Ghosn, a lui aussi été compromis dans l'affaire des rémunérations non déclarées.

Derrière cette péripétie, la première bombe, c'est la refonte des accords entre les deux constructeurs. En un mot comme en cent, Nissan veut plus d'autonomie. Mal en point sur le plan industriel et financier, le Japonais ne supporte plus la tutelle des Français telle qu'elle s'exerçait du temps de l'empereur Carlos Ghosn. 

Des négociations sont ouvertes, les Français diminueraient leur participation dans Nissan, elle est actuellement de 43%, et récupéreraient en contrepartie les droits d'un actionnaire normal. Ils sont aujourd'hui bridés par un pacte secret, les accords RAMA, qui leur interdit de peser dans les décisions stratégiques de Nissan. Ces accords seraient revisités ou supprimés. Il s'agit d'un vrai sujet de discorde, on parle de pouvoir, et l'affaire Ghosn a exacerbé les susceptibilités nationales, à vif. Nissan représente, pour le Japon, ce que Renault pèse en France, c'est un morceau d'histoire. Les tractations doivent avoir lieu d'ici à la fin de l'année. 

Une alliance avec Fiat envisagée

Seconde interrogation, le devenir du tandem à la tête de Renault, Jean-Dominique Sénard et Thierry Bolloré. Ils ne se sont pas choisis. Sénard, une voix écoutée dans le monde patronal, a été désigné par l'État, actionnaire de référence de Renault. C'est lui qui est à l'origine du projet de fusion avec Fiat, bloqué par le gouvernement français. À l'occasion de ce blocage, les relations se sont tendues avec Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, son principal actionnaire. Il y a eu des éclats de voix, il a failli démissionner, mais a été retenu de justesse. 

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Quant à Thierry Bolloré, le numéro deux, il était proche de Ghosn, qui l'avait d'ailleurs choisi. Il joue aujourd'hui son propre jeu. C'est l'homme de l'interne, mais ses choix récents pour constituer son équipe ont été contestés, notamment l'arrivée d'un spécialiste de marketing venant de la grande consommation, Procter & Gamble. Une révolution dans le monde de l'automobile. 
 
La troisième interrogation, c'est donc l'avenir de la fusion avec Fiat. Le projet reste envisageable, même si l'on ne travaille plus dessus. Les synergies potentielles sont importantes, avant même d'envisager une fusion, Renault et Fiat avaient identifié une trentaine de projets communs faisables. Reste à voir à quelles conditions financières le mariage se ferait, avec quelle répartition des pouvoirs entre Fiat, Renault et éventuellement Nissan, et avec quelles conséquences sociales. 

L'Italien en mauvaise santé financière

Fiat ne peut pas rester seul. Le groupe a des actifs magnifiques aux États-Unis, Jeep notamment, mais pour le reste, il n'est pas en forme. Alfa-Roméo est une sorte de vieux beau qui sent la naphtaline, Maserati n'est pas au niveau et Fiat même est en déshérence, faute d'investissement. 

L'année prochaine, les nouvelles normes européennes anti-pollution entrent en vigueur, Fiat est tellement en retard qu'il a dû s'allier avec l'américain Tesla, fabricant de voitures électriques, pour faire diminuer la moyenne de ses émissions de carbone. Selon nos informations, l'Italien a payé à l'Américain plus d'un milliard d'euros pour pouvoir ainsi éviter les amendes imposées par Bruxelles. 

Autrement dit, l'horloge tourne aussi en Italie, pour trouver un partenaire qui permette à la famille Agnelli de se désengager au moins partiellement de l'automobile. 

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