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Qu'est-ce que le cash back, ce nouveau système de retrait d'argent ?

ÉCLAIRAGE - Cette pratique, déjà largement répandue en Europe, est possible depuis ce lundi dans une grande enseigne en France. Un service qui devrait être très utile, notamment dans les zones rurales.

Des billets de banque (illustration)
Des billets de banque (illustration) Crédit : Flickr CC
Clarisse Martin
Clarisse Martin
et AFP

Retirer des espèces à la caisse du supermarché ? C'est désormais possible en France depuis ce lundi, dans des supermarchés du groupe Casino. Ce service est déjà largement répandu dans le reste de l'Europe.

Avec le lancement de cette pratique, le distributeur met en oeuvre une directive européenne ratifiée fin juillet par le parlement français, sur les services de paiement (DSP2), qui autorise les commerçants à fournir des espèces à leurs clients dans le cadre d'un achat par carte bancaire. Cela s'appelle le "cash back". 

L'ordonnance ratifiée actualise le cadre juridique des services de paiement, pour l'adapter aux nouveaux types d'acteurs et de produits, mieux protéger le consommateur, renforcer la sécurité des données et soutenir l'innovation. 

En commençant à déployer ce service, Casino fait valoir le fait qu'il est le "premier distributeur à proposer ce service en France", tablant sur 150 supermarchés aptes à le mettre en oeuvre d'ici la fin du mois de septembre, avant que cela ne s'élargisse au reste des magasins. 

150 magasins d'ici la fin du mois de septembre

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"Les clients ayant besoin de retirer des petites sommes d'argent liquide (en billets de 10 et 50 euros) peuvent désormais le faire depuis les caisses automatiques lors de leur passage en caisse", explique le distributeur basé à Saint-Étienne. L'objectif est de "leur faciliter le quotidien" mais surtout de les "dépanner" en cas de besoin d'argent liquide "immédiat" en devenant une solution d'appoint, précise-t-on. 

Ailleurs en Europe, c'est cet usage de dépannage qui semble s'imposer auprès des consommateurs : selon une étude de la Banque centrale européenne publiée en novembre 2017, le nombre de retraits d'espèces auprès des commerçants de la zone euro ne représente guère plus de 7% du total des retraits, là où les opérations auprès des automates bancaires approchent les 40%. 

Ce système intéresse néanmoins les distributeurs "car il répond à un besoin des consommateurs" même s'il ne s'agit pas d'"attentes massives", affirme à l'AFP Philippe Joguet, chargé des questions financières à la FCD (Fédération du commerce et de la distribution), en rappelant que la France possède un "réseau très dense" de plus de 55.000 distributeurs automatiques de billets (DAB). 

Un service pratique pour les zones rurales

Pour les habitants des zones rurales, ce service peut représenter un "gain de temps pour le consommateur", à qui il évite de faire deux arrêts avec sa voiture, à fortiori pour ceux qui considèrent qu'un retrait d'argent au distributeur est "risqué", souligne-t-il. 

Le "cash back" intéressera également des personnes "moins alertes avec les nouvelles technologies", renchérit Matthias Berahya-Lazarus, dirigeant du groupe Bonial, ainsi que les consommateurs aux revenus très modestes, clients des hypermarchés et qui préfèrent "contrôler leurs dépenses". 

Avec un nombre de distributeurs à billets (DAB) "plutôt en train de stagner, voire baisser", et une "baisse régulière du nombre de retraits", ce système illustre plutôt une "volonté d'aménagement du territoire qu'une volonté de revoir la filière des paiements en France", précise à l'AFP une source bancaire. 

"Ce sont les pouvoirs publics, plus que les banques, qui poussent pour la mise en oeuvre de ce service", renchérit à l'AFP Marin Delattre, consultant chez Sia Partners. 

Plus d'efficacité pour les distributeurs

Outre les avantages pour les consommateurs, c'est aussi un service qui peut favoriser les distributeur, les aidant par exemple à gérer le liquide contenu dans les caisses. "Plus il y a de 'cash' dans les caisses, plus il y a de risques d'erreurs" en fin de journée, explique Matthias Berahya-Lazarus.

Malgré ces avantages, le retrait d'argent liquide directement chez les commerçants est une évolution allant plutôt à contre-courant des tendances du marché des paiements, en train d'évoluer au gré du numérique avec l'idée, plus ou moins assumée, que l'argent physique ne sera pas éternellement utilisé.

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