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Pollution : faut-il interdire certains vols intérieurs en France ?

Deux députés vont déposer lundi des amendements à la loi d'orientation des mobilités, pour demander l'interdiction du Paris-Nantes, Paris-Marseille, ou Paris-Bruxelles en avion.

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Pollution : faut-il interdire les vols intérieurs en France ? Crédit Image : PHILIPPE HUGUEN / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet Journaliste RTL

Deux députés, Delphine Batho, présidente de Génération écologie, et François Ruffin, de la France insoumise, veulent interdire les vols intérieur français sur 72 destinations. Ils vont en effet déposer lundi des amendements à la loi d'orientation des mobilités, pour demander l'interdiction du Paris-Nantes, Paris-Marseille, ou Paris-Bruxelles en avion, avec plusieurs motifs. 

Un, l'avion pollue plus que le train. Le voyage d'une personne en avion émet 50 fois plus de CO2 que le même trajet fait en TGV. Deux, ce sont les riches, nous disent-ils, qui prennent l'avion, donc pas de quartier. Trois, l'avion bénéficie d'une niche fiscale injuste, puisque le kérosène n'est pas taxé, contrairement au carburant terrestre.

Comment choisissent-ils les destinations qu'ils veulent proscrire ? Un critère simple : lorsque le trajet en train ne met pas plus que deux heures et demie de plus que l'avion sur cette distance. L'idée étant que même en avion, vous aurez besoin de ces deux heures et demie pour vous rendre à l'aéroport, pour embarquer et débarquer.

L'avion pollue plus que les autres modes de transport

Mais l'avion pollue en effet plus que les autres modes de transport. Il pollue bien plus que le train, c'est sûr, au moins en matière d'émission de carbone. Encore faut-il que l'électricité soit fabriquée avec du nucléaire. Le nucléaire qui laisse quand même quelques résidus pour 100.000 ans, et qui présente quelques risques, il ne faut pas l'oublier.

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En matière de consommation, pour vous donner un ordre de grandeur, selon lesimulateur de la direction de l'aviation civile, un Marseille-Paris consomme 31 litres par passager, soit en gros 5 litres au cent. C'est beaucoup, mais c'est moins que la plupart des voitures à essence.

Si vous voulez limiter les émissions de carbone, pourquoi ne pas interdire l'autoroute Paris Marseille, et les trajets en voiture, qui sont bien plus consommateurs d'hydrocarbures si l'on voyage seul ! Si l'on veut interdire tous les déplacements autres que le train ou le cheval, on n'a pas fini. C'est pour cela que cette proposition est un peu saugrenue.

Ces vols intérieurs, qui les utilise ?

Très largement les entreprises, pour faire voyager leurs salariés. Mais il y a aussi des individuels, qui veulent gagner du temps. En particulier lorsqu'ils ont une correspondance. Si le Paris-Lyon ou le Paris-Nantes est maintenu, ce n'est pas pour transporter des passagers d'une ville à l'autre, mais parce que le Nantais qui s'envole pour New York ou Barcelone passe nécessairement par les aéroports parisiens pour prendre sa correspondance.

Si l'on ne passe pas par la loi et la coercition, quelle pourrait être la solution ? L'information, tout d'abord, pour en appeler à la responsabilité individuelle : six aller-retours Paris-Marseille, c'est autant de carbone que le chauffage annuel d'un ménage moyen français. Cela n'est pas rien. 

La compensation ensuite. De nombreuses compagnies proposent désormais au passager de payer un supplément pour planter des arbres, de façon à ce que leur voyage soit neutre sur l'environnement. La technologie encore, pour améliorer les performances des moteurs d'avions. Air France, entre 2011 et 2018, a gagné 20% de consommation au passager kilomètre, grâce aux progrès techniques. 

Reste bien sûr la taxation. C'est ce qu'a mis en place la Suède, avec un impôt payé par chaque passager pour l'atterrissage et le décollage. Mais attention : en France, les taxes diverses représentent déjà plus du tiers d'un billet pour un vol intérieur. D'accord pour une taxe, à condition qu'on baisse les impôts par ailleurs pour un même montant.

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